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PAPILLON
BREA ANTOINE
QUARTANIER
9,00 €
Épuisé
EAN :9782923400709
Ça n'allait pas très fort. Quelqu'un était en train de me forer le crâne à la perceuse électrique et toujours ces stroboscopes blancs et éclatés qui me percutaient la cornée en saccades. Je suais à grosses gouttes et mes dents claquaient malgré la chaleur insupportable. Le véhicule a grimpé le trottoir sablonneux sans ralentir et est venu mourir à la lisière du bois en faisant crier les graviers. Je me suis concentré quelques secondes pour ne pas gerber. Plus rien. Le décor avait cessé de se mouvoir. J'ai longuement expiré en clignant des yeux, les lèvres sèches, et je me suis tourné vers l'otage. Immobile, il fixait le pare-brise sans conviction. Son visage blême sous ses cheveux gris lui donnait un air cadavérique. Visiblement, il se rendait compte de l'état dans lequel j'étais et ne savait pas trop quoi en penser. Était-ce favorable ou non à sa survie? On devinait une intense activité cérébrale derrière les larges lunettes d'acier et les traits durs et froids.
Résumé : En 1996, la cour d'assises du Jura condamne deux réfugiés kurdes, Ahmet A. et Unwer K., à trente ans de prison pour l'un, à la réclusion à perpétuité pour l'autre, pour faits de viol aggravé, assassinat en concomitance, tortures et actes de barbarie sur la personne d'Annie B., une jeune aide-soignante. Seize ans plus tard, le narrateur, jeune avocat souffreteux, se voit chargé par une vieille amie de porter assistance à " ce pauvre Ahmet " qui purge toujours sa peine à la prison de Clairvaux. Celui-ci craint d'être expulsé vers la Turquie après sa libération, ce qui selon lui le condamnerait à une mort certaine. Pas tout à fait sûr de ce qu'on exige de lui, notre narrateur prend connaissance du dossier, sans savoir qu'il met ainsi le pied dans une affaire qui va très vite le dépasser. Si Récit d'un avocat débute à la manière d'un rapport juridique, le roman glisse rapidement vers une enquête sous le signe de l'inquiétante étrangeté, pour ne pas dire de l'angoisse pure. Bien au-delà du fait divers, ce sont des questions politiques qui émergent : les zones de guerre au Proche-Orient, Daech, l'éternel conflit entre l'Etat turc et les rebelles du PKK, la migration des populations qui en découle. " "Les sociétés ont les criminels qu'elles méritent", observait en son temps Lacassagne. Se doutait-il que la corporation des criminels peut être assez large pour englober ceux qui les jugent ? " Toujours sur le fil entre fiction et réalité, Antoine Brea signe ici un thriller juridique implacable.
Résumé : " Le train finit par venir, dans un chahut de tous les temps. Dans le train, la chaleur est à rendre. Étrangement, le train contient beaucoup de prostituées, quelques travestis à l'air paterne et un seul Jimmy Namiasz. Jimmy est accroupi dans un coin. Jimmy paraît mort avec des dents d'acier. Son corps gît là intact, ses yeux blancs mangés de taies. Tout le monde me regarde, lui seul feint de ne pas me reconnaître. Les putains me dévisagent, font claquer leurs strings et leurs mâchoires. Les travestis articulent des signes, relèvent leurs robes de mariée traînant au sol. Dans son sommeil, les yeux de Jimmy sont éteints. De grands phalènes viennent pourtant s'y poser, qui vivent dans les excavations. Jimmy les ôte mécaniquement, il les dévore sans se réveiller, ce qui fait rire tout le monde. Le train roule un train d'enfer. Ce jour-là, je comprends que Jimmy Namiasz et moi-même allons faire un bout de chemin ensemble. Ce jour-là, je comprends que jamais plus je ne marcherai seul dans un désert. J'ai très mal aux yeux. La lumière électrique. Maintenant on sera plusieurs entassés dans une même machine. " Récit d'une errance dans un demi-monde hanté d'êtres incertains, Méduses suit le narrateur au long d'une lente descente aux abîmes affective et sexuelle, où s'entend en écho, dans une langue magnifique et bâtarde, le rire de l'ennemi qui l'accompagne.
«Les auteurs de ces Carnets sont des personnages hors série. Mary Low, de souche australienne, avec des ancêtres britanniques, français et une grand-mère aborigène [...] a rencontré Juan à la terrasse de la Coupole à Montparnasse en 1933. Breá, cubain de souche française, a d?abord été un révolté romantique, admirateur de José Marti, puis animateur du groupe H, proche du surréalisme et revenu de Moscou trotskysant. [...] Après la rencontre avec Mary, [...] ils fréquentent, à Paris, le groupe surréaliste, rencontrent Benjamin Péret, André Breton. En août 1936, ils sont à Barcelone. Ils en partiront à la fin de l?année quand s?annonce la réaction stalinienne. Ils ont rédigé leurs carnets en quelques semaines. [...] Ce livre est un recueil de morceaux d?anthologie. [...] C?est la vision même qui a été révélée récemment à de nouvelles générations par le grand film de Ken Loach, Land and Freedom.» Pierre Broué, La Quinzaine littéraire.
Résumé : Martha se voit demander par son père, Kurt, en phase terminale d'un cancer, de l'amener de Hanovre jusqu'en Suisse, dans une clinique de suicide assisté. Mais ne conduisant plus, traumatisée par un accident, Martha sollicite Betty, son amie depuis vingt ans, qui consent à les accompagner. Or, le but du voyage se révèle bientôt un prétexte à d'autres desseins. L'odyssée burlesque alors engagée se prolonge en Italie, et ce n'est plus seulement Martha qui explore les voies de libération d'une histoire douloureuse, mais Betty. Entravée par le legs symbolique d'un beau-père tromboniste et menteur, elle aspire à se recueillir sur sa tombe. Le roman de la route devient alors polar. De Berlin aux Cyclades, Betty et Martha, à l'aube de la quarantaine, cherchent un père, des pères, et se déprennent du regret des occasions manquées. Dans une langue innervée d'un humour acide et d'une gouaille mélancolique, Lucy Fricke mène ses héroïnes, soudées par les confidences et l'alcool, au fil des rebondissements et des rencontres, vers une vie délestée.
Quand mon père est mort, je n'ai pas hérité de boîtes pleines de documents et de lettres. Ses cendres ont été jetées à l'eau. Ses biens ont été donnés, détruits à la hâte. Il avait les yeux clairs et portait la barbe. Sur les photos, il avait cette allure virile et négligée caractéristique des années soixante-dix. Il ne pouvait pas se mettre à table sans son couteau de poche et du pain. Il disait "il" à ceux qu'il aurait dû vouvoyer, parce qu'il refusait de se soumettre à leur supériorité de classe. Il était drôle et colérique. Il était sensible. Il fumait, il buvait ; il n'a pas laissé grand-chose derrière lui. Je crois qu'il avait commencé à disparaître de son vivant déjà. Quand on a soulevé son corps, j'ai vu la légère empreinte qui creusait le drap, là où était posé son crâne. Puis elle s'est effacée, et le drap est redevenu lisse. C'est cette disparition qui a déclenché l'écriture de ce livre, cette absence que laissent les morts, avec laquelle ceux qui leur survivent tissent des fictions pour s'en sortir." C. H.
On lui avait promis l'égalité des sexes et l'épanouissement maternel : aujourd'hui, dans un Paris engourdi par les attentats, entre la garderie et le cabinet de sa psychanalyste, une enfant des années quatre-vingt cherche ce qui a mal tourné ? si quelque chose a mal tourné. Sur les rives du lac Huron, une adolescente et ses frères traversent un été brûlant dans une ville sans avenir, à l'ombre d'une centrale nucléaire. Un jeune artiste d'origine kabyle en route vers New York reste coincé à Montréal après ce qui ne devait être qu'une escale, le matin du 11 septembre 2001. Un couple gardant une villa d'architectes sur l'île de Vancouver sombre dans le cauchemar. De motel en motel, un garçon et sa mère suivent un faux prophète sur les routes de la Nouvelle-Ecosse. Un vieux cowboy met au jour un secret, une danseuse retrouve le souvenir d'une ancienne amante, et un père prend sa fille en flagrant délit.