Les recherches sur le plagiat, délaissées pendant les années du structuralisme qui leur déniait toute pertinence scientifique, sont revenues depuis quelques années sur le devant de la scène universitaire. A l'origine de ce regain d'intérêt et de la judiciarisation qui l'accompagne, se trouve le retentissement médiatique d'"affaires" dans lesquelles les conflits économiques se mêlent aux réputations entachées. En dépit de ces nouveaux enjeux, la question du plagiat ne saurait cependant se réduire à la thématique de la contrefaçon, qu'elle précède historiquement et dépasse par l'ampleur des problématiques qui lui sont rattachées. C'est l'ambition de cet ouvrage, fruit de la collaboration d'historiens, de linguistes et de théoriciens littéraires s'intéressant à des aires géographiques différentes et allant de l'Antiquité à nos jours. Le plagiat y apparaît comme un phénomène avant tout littéraire, mais également présent dans des productions discursives autres (textes politiques, religieux, universitaires) qui appellent une compréhension spécifique.
Comment le menu peuple de Florence, habitant en périphérie urbaine, est-il monté à l'assaut des beaux quartiers pendant l'été 1378 ? Dans quelle mesure la cartographie de leur équipée est-elle révélatrice des tensions sociales qui animaient la ville ? Lorsque les Napolitains transforment en 1647-1648 leur cité en champ de bataille, quelle construction spatiale du politique mettent-ils en oeuvre ? De quelle façon les rebelles catalans, qui se soulèvent entre 1687 et 1690 contre le roi d'Espagne, ont-ils tenté de maîtriser le territoire de l'insurrection ? Pour quelle raison une révolte urbaine, comme celle du Papier Timbré, est-elle devenue rurale ? Comment s'organise le contrôle policier des grandes villes ? Telles sont, parmi d'autres, les questions que pose cet ouvrage dans le prolongement de la mutation épistémologique engagée par le spatial turn. A l'aide de cartes, de croquis, de gravures et de tableaux, le lecteur est convié à un voyage au coeur des révoltes de la fin du Moyen Age et de l'époque moderne.
Croisant les analyses de chercheurs provenant d'horizons divers (sociologie, philosophie, litté- rature, histoire, cinéma) et de praticiens du travail social, cet ouvrage aborde, dans une perspective diachronique, la façon dont l'intime se ménage une voie/ voix lorsqu'il est confronté à une situation qui normalement le contraint ou le réprime. A travers trois sections consacrées à diverses situations d'écriture contrainte, aux contraintes de l'intimité amoureuse et familiale et à des situations intimes extrêmes telles que la maladie ou la mort, les textes du recueil s'interrogent sur le surgissement inattendu de l'intime dans des espaces normés et socialement hiérarchisés. Divers environnements contraignants sont considérés, tels que les milieux scolaire, hospitalier ou carcéral, mais encore divers contextes tendus sur le plan artistique, politique, social et psychologique où l'intime, en se frayant un passage, trouve des modes d'expression singuliers.
Cet ouvrage propose d'examiner la façon dont certains personnages politiques, qui ont marqué non seulement l'Espagne de leur temps mais encore la postérité, ont été exaltés, récupérés, réhabilités ou instrumentalisés à des fins qui les transcendent et occupent, de ce fait, une place privilégiée dans l'inconscient collectif. Adoptant un spectre temporel large, allant de la fin du Moyen-Age à l'époque actuelle, l'enquête porte sur des hommes et des femmes politiques d'exception (rois, hommes d'Etat, chefs militaires, figures religieuses...) qui ont été mis au service de discours de légitimation ou de contestation du pouvoir. La mise en regard des parcours politiques de ces personnages et des constructions discursives ou iconographiques auxquelles ils ont servi de support conduit ainsi à aborder la question des mythologies politiques espagnoles sous l'angle de l'exemplarité ; elle permet également de nourrir une réflexion à propos des grandes figures historiques, dont on note un retour en force depuis quelques années non seulement dans le cadre de romans et de films destinés au grand public, mais encore dans les ouvrages réservés aux spécialistes.
Le XVIIe siècle espagnol sillustre par lémergence des favoris, les validos, qui prennent en charge les affaires de la monarchie catholique. Après un XVIe siècle marqué par la consolidation du pouvoir royal et par le gouvernement de souverains à forte personnalité, une série de rois jeunes (Philippe III, Philippe IV et Charles II) dirige lEspagne en sappuyant sur des validos dont la légitimité politique repose sur lamitié et la faveur du Prince. Les premières formulations de cette nouvelle pratique datent des années 1598-1645. Cest au cours de cette période, allant de la mort de Philippe II à celles du comte duc dOlivares et de Francisco de Quevedo, que naissent les premières grandes figures de validos. Travaillée par une profonde crise intérieure, lEspagne connaît alors non seulement une tentative de réforme des rouages institutionnels, mais également un retrait irréversible sur léchiquier politique international. Spécialement destiné aux étudiants qui préparent le Capes et lAgrégation despagnol, cet ouvrage entend présenter les enjeux majeurs de la période, de façon à mettre en lumière les principaux traits du valimiento, tout en replaçant le phénomène dans le contexte deffervescence intellectuelle et culturelle qui caractérise lEspagne de lépoque.