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La formation du couple. Textes essentiels pour la sociologie de la famille
Bozon Michel ; Héran François
LA DECOUVERTE
19,50 €
Épuisé
EAN :9782707148278
Naguère encore, en France, le choix d'un conjoint était un élément de la politique des familles et les parents exerçaient un fort dirigisme matrimonial sur leurs enfants. Peu à peu, dans la plupart des milieux sociaux, les mariages arrangés se sont raréfiés et les familles se sont effacées, laissant aux intéressés le soin de régler cette affaire selon leurs goûts et selon leur c?ur. Pourtant, ni la liberté ni l'amour n'ont changé radicalement la manière dont le conjoint est sélectionné. Les enquêtes de l'INED, dont les questionnaires originaux sont reproduits dans cet ouvrage, montrent que n'importe qui n'épouse toujours pas n'importe qui. La foudre ne tombe pas au hasard. La liberté des sentiments se déploie dans un cadre de contraintes invisibles, présentes dans l'espace social comme dans les préférences subjectives. Ce recueil réunit des articles de Michel Bozon et François Héran sur la formation des couples, parus principalement dans la revue Population et qui sont devenus des classiques de la sociologie. Y sont abordées les questions suivantes : comment découvre-t-on son conjoint ? Quelles sont les qualités physiques qui attirent chez le partenaire ? Pourquoi les femmes épousent-elles des hommes plus âgés ? Comment les mariages se déroulent-ils à l'époque contemporaine ? Le mariage est-il un facteur de mobilité sociale ?
Comment les lesbiennes se disent-elles? Comment aiment-elles? Quels sont leurs modèles de couple? Quelle est leur sexualité? Comment sont-elles perçues par les femmes hétérosexuelles? Ce livre à la fois novateur, riche et subtil est le premier, en France comme à l?étranger, à s?attacher à l?intimité des femmes lesbiennes en s?appuyant sur des récits de vie. Il fait l?historique de cette « catégorie » apparue dans les années 1870, décrit les trois parcours qui mènent à la construction de soi comme lesbienne, s?attache au coming out et nous apprend notamment que le couple est une manière privilégiée de se dire et de se révéler socialement lesbienne (on préfère dire à sa famille qu?on vit avec une femme que de déclarer « Je suis lesbienne »). Ce sont donc les modalité de la rencontre et les manières d?être en couple qui forment le c?ur de ce livre qui tire aussi son originalité de l?analyse des « scripts sexuels » (cf. J. Gagnon, Les scripts de la sexualité, Payot) des lesbiennes. Recevoir ou donner du plaisir, tenir compte, susciter, accepter le désir de l?autre, imposer le sien? autant d?attitudes qui ne se déclinent pas de la même façon en contexte hétérosexuel ou lesbien. Reste une norme commune à toutes les femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, et que ce livre met enfin en valeur: la place donnée à l?autre.À noter que ce livre comporte en annexe un très utile et original petit glossaire du vocabulaire lesbien.
Résumé : Cet ouvrage propose des analyses inédites sur la sexualité en France, à l'ère du sida, à partir des données de l'enquête sur les comportements sexuels réalisée en 1992 auprès de 20000 personnes. Parce qu'une recherche sur ce thème est forcément un pari scientifique, plusieurs chapitres sont consacrés aux conditions de recueil des données qui apportent des éclairages sur la communication en matière de sexualité. L'ouvrage situe les évolutions des comportements sexuels au cours des dernières décennies. Les écarts entre les déclarations des femmes et des hommes se sont amoindris, qu'il s'agisse de l'âge au premier rapport sexuel, du nombre de partenaires ou encore du répertoire des pratiques sexuelles. Des changements majeurs concernent la manière dont la sexualité est vécue. Ayant acquis une plus grande autonomie sociale, les femmes sont devenues plus actives en matière sexuelle et plus exigeantes dans leurs relations avec les hommes. Mais si un meilleur équilibre s'établit entre les partenaires, les femmes restent généralement plus soucieuses d'inscrire leur activité sexuelle dans le cadre d'une relation, tandis que les hommes continuent à avoir une interprétation plus individualiste de la sexualité. L'adaptation au risque de contamination par le virus du sida prend de nombreuses formes, qui sont loin de se limiter à la seule utilisation du préservatif. On ne s'adapte pas de la même façon, selon les étapes de sa vie, selon qu'on est homme ou femme, selon qu'on est amoureux ou pas de son partenaire, selon les réseaux sociaux auxquels on appartient. Pour l'immense majorité de la population, les changements constatés s'inscrivent dans le contexte existant de la sexualité, plus qu'ils ne le perturbent ; le sida n'a pas modifié en profondeur les logiques sociales qui structurent l'activité sexuelle. Le caractère déterminant des configurations sociales et biographiques dans la prise en compte du risque de contamination conduit à souligner les limites des démarches de prévention qui ne font appel qu'à la responsabilité de l'individu. Le présent ouvrage a été coordonné par Nathalie Bajos, Michel Bozon, Alexis Ferrand, Alain Giami et Alfred Spira. L'enquête a été réalisée par un collectif de 25 chercheurs en sciences sociales et en épidémiologie travaillant à l'INSERM, à l'INED, au CNRS et à l'Université ; elle a été coordonnée par Alfred Spira et Nathalie Bajos. L'ouvrage Comportements sexuels et sida en France. Données de l'enquête ACSF, publié simultanément aux Editions de l'INSERM, présente les réponses des femmes et des hommes à l'ensemble des questions de l'enquête et une synthèse des principaux acquis méthodologiques.
Malgré la prolifération de recherches sur le genre, de débats sociétaux virulents, de luttes pour la reconnaissance où les enjeux identitaires se doublent d'enjeux citoyens, les sciences sociales demeurent peu bavardes sur l'hétérosexualité. Cet ouvrage cherche à répondre à une question centrale : comment le pouvoir de l'hétéronormativité se manifeste-t-il en société ? A partir d'une étude sur les conduites sexuelles et la construction des masculinités chez une population de jeunes hommes marocains musulmans immigrés en Europe (France et Italie), cet ouvrage analyse les discours, les pratiques et les manières d'être en relation qui instituent l'hétérosexualité comme la norme socialement juste et convenable. Fondée sur un vaste corpus d'entretiens semi-directifs et sur un long travail d'observation ethnographique, les résultats de cette étude montrent que l'hétéronormativité, loin d'être un pouvoir monolithique et figé, est une norme plurielle. L'enquête met en évidence que la force hégémonique de l'hétéronormativité ne se limite pas à définir les expériences sexuelles et les processus de construction de la masculinité chez les jeunes interviewés. Elle façonne aussi les représentations subjectives et collectives des âges, la transition vers le statut d'adulte, le rapport à la religion, les relations intra et intergénérationnelles, les rapports sociaux intra et interculturels. L'analyse sociologique des conduites sexuelles et des masculinités devient ainsi le terrain pour une étude bien plus large des profils sociaux des jeunes immigrés rencontrés et de leurs trajectoires biographiques en Europe.
La sexualité a débordé des cadres qui naguère encore la contenaient, la religion, le mariage et la famille, l'hétérosexualité. Sa présence publique et son empire sur nous se sont considérablement élargis. A l'âge numérique, nouvelle étape de la mondialisation, la multiplication des discours et la circulation des images contribuent à sa visibilité croissante et à une mise en débat sans précédent des normes sexuelles. Une obligation diffuse au sexe tout au long de la vie s'est insinuée en nous. Confronté à ses désirs, chacun doit élaborer lui-même ses lignes de conduite. Cette nouvelle édition, fortement augmentée, prend en compte les enquêtes, les travaux et les débats les plus récents. Elle montre que, même s'ils sont de plus en plus sensibles aux aspirations à l'égalité, les comportements sexuels restent pris dans l'entrelacs des inégalités du monde social.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.