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VESTIAIRE DE LA LITTERATURE - CENT PETITES CONFECTIONS
BOYER-WEINMANN
CHAMP VALLON
24,50 €
Épuisé
EAN :9791026708223
Quel écrivain conçoit l'écriture d'un roman comme un strip-tease à l'envers ? Quel confrère voulu bâtir son oeuvre comme une robe, au motif qu'une nouvelle mode de Worth avait autant d'importance que la guerre de 70 ? Lequel soutient que nous ne changeons pas plus d'opinions et de maîtres que de chaussettes ? Quelle créature souhaita que fût chiffonnée la robe qu'elle avait voulue et cousue point par point ? Quel poète aurait préféré être renversé et dardé par l'éblouissement d'une jupe relevée plutôt que par un garçonnier pantalon ? Quel personnage célèbre ne porta jamais de bonnet de nuit, ni de robe de chambre, ni de peignoir, ni de pantoufles ? Quel autre, acquérant avec l'âge la liberté de s'habiller, acheta à Venise un blouson révolutionnaire pour aborder l'année 1968 ? Le lecteur amateur de vêtements et de livres trouvera la réponse à ces questions considérables - et à bien d'autres encore - dans ce livre frivole et savant qui explore les liens multiples entre mode et littérature, et affirme que le plaisir de lire consiste à découvrir ce que les personnages ont dans les poches et sous leur manteau tout autant que ce qu'ils ont dans la tête.
Cet essai propose les grandes lignes d'une interprétation générale du système kantien, répondant à un certain nombre de principes herméneutiques simples. Il se présente explicitement comme de nature conjecturale, et ouvert à la discussion critique, aux " problèmes et (aux) controverses ". L'interprétation du kantisme comme étant purement et simplement une critique de la métaphysique spéculative dans le cadre d'une pensée radicalement finitiste couronnant l'Aufklärung et annonçant un enracinement purement humaniste de la philosophie est discutée et relativisée. On essaye de montrer que le projet kantien est bien de sauver et de refonder la métaphysique comme " rempart " de la religion. Le temps n'est que l'une des formes de l'intuition humaine, et non une condition de l'existence de tout étant. Le fondement de l'être est " hors du temps ". Inaccessible par la voie théorique (Schwärmerei), le suprasensible est accessible par la voie pratique. La thèse de l'idéalisme formel, la " réfutation de l'idéalisme (matériel) ", la thèse de la finitude humaine, la conception du Souverain Bien, la structure des " trois questions ", la notion d'autonomie, la doctrine de la vertu, la question de l'intersubjectivité, celle de la vérité, ainsi que certains moments de la politique kantienne sont relus à la lumière de cette hypothèse.
Résumé : La traversée du siècle d'une aventurière intrépide, l'Allemande Irene M. (1921-2021) de Munich à Chicago, de Toronto à Paris, d'Afrique du Sud à Washington D.C. et... Aix-les-Bains, du Troisième Reich jusqu'à l'Amérique d'Obama et la France de Mitterrand, racontée par ses archives personnelles et les témoins de sa vie aux mille virevoltes. Le tout supervisé par un scénariste-biographe parfois déconcerté, parti en quête de son personnage en perpetuum mobile, saisi dans les turbulences de l'Histoire et les grands espaces des bibliothèques du monde où Irene aura logé ses passions, ses curiosités et son indomptable énergie. All is true ou presque dans ce récit de vie documenté et tourbillonnant où la voix de papier d'Irene se mêle à celle de quelques grands auteurs, de Beauvoir à Sebald.
Résumé : Pour de multiples raisons, critiques et université ont longtemps dénigré, en France, le succès public de la biographie littéraire. Taxée d'arrière-garde et d'indigence intellectuelle, cette pratique a cependant, depuis près de vingt ans, retrouvé adeptes et défenseurs. Romanciers reconnus, nouveaux historiens et théoriciens de la fiction s'intéressent à ce matériau d'une infinie souplesse. Rares pourtant demeurent, dans notre pays, les réflexions globales spécifiquement consacrées à la biographie littéraire. Quels sont ces aventuriers contemporains de la biographie ? Quel type de relation complexe parviennent-ils à nouer aujourd'hui, à frais nouveaux, avec leur objet d'étude : une vie, une ?uvre, un mythe d'écrivain ? Cet essai se propose de cerner la singularité du paysage français de la biographie littéraire depuis le tournant des années 1980. Pour éclairer et limiter l'inventaire méthodique et la diversité de ses traductions littéraires, l'auteur a choisi d'encadrer la généalogie et l'exposé du débat de fond par trois études de cas biographiques concrets. Trois grandes voix littéraires du XXe siècle (Rimbaud, Colette, Malraux), chacune porteuse d'un mythe vivace, sont données à entendre dans la perspective critique et polémique de leurs biographes successifs. Autant de voix secondes, autant de sens possibles d'une vie à l'?uvre, avec parfois, à la clé, la naissance d'un nouvel écrivain sous le biographe.
Dans le vocabulaire géographique classique, la " banlieue " désigne la partie d'une agglomération urbaine extérieure aux limites administratives de la ville-centre. Mais, depuis longtemps, le langage courant attribue à ce terme une connotation péjorative, qui explique sans doute l'apparition d'un second sens dans les années 1980. Désormais " les banlieues " désignent aussi des territoires - internes ou externes à la ville-centre - qui connaissent de graves difficultés économiques et sociales. L'ouvrage explore ces deux significations, en montrant leur imbrication et en mettant en évidence les relations du spatial et du social. Les banlieues, au sens géographique du terme, se caractérisent par une dépendance de la ville-centre toujours présente, quoique moins forte que dans le passé. Elles sont d'une extraordinaire variété, même si l'on y rencontre souvent la répétition des mêmes types de paysages. Mais le profil de leurs résidents et de leurs activités est loin de toujours confirmer l'image d'espaces déqualifiés. Il existe cependant des quartiers paupérisés, notamment dans les grands ensembles d'habitat social, qui constituent le témoignage le plus visible des fractures qui traversent notre société. Nourri des travaux des géographes, des sociologues et des politologues, appuyé sur une lecture critique de la presse, l'ouvrage donne une image vivante des agglomérations urbaines contemporaines et introduit aux débats de société que suscite leur devenir. De nombreux documents (textes, tableaux, graphiques, cartes) permettent de diversifier les exemples et d'approfondir ou d'illustrer les thèmes abordés.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.