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Quelle terreur en nous ne veut pas finir ?
Boyer Frédéric
POL
9,00 €
Épuisé
EAN :9782818020579
Le fait d'être humain ne procède pas uniquement de nous-mêmes, comme le fait d'être d'une culture, d'une histoire ne procède pas d'un seul autre, ou d'un seul semblable, mais de l'ensemble des autres, de tous les semblables, et plus loin encore de l'autre à venir, du dissemblable, de l'étranger, de l'autre culture, de l'autre histoire. Où et comment se pose la question de l'honneur à cet instant ? N'est-ce pas à cette pliure que fait courir à l'espèce le mépris, l'incompréhension, le refus de l'autre ? Aujourd'hui nous devons faire face. Et savoir d'instinct, savoir sans le comprendre que la seule force, la seule valeur, la seule dignité, c'est de ne pas comprendre si comprendre nous fait renoncer à l'amour de l'autre. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité non seulement d'une existence mais de toute communauté.
Frédéric Boyer a écrit les trois poèmes qui composent ce livre après la mort tragique de sa compagne, l'été dernier. Le premier, qui donne son titre au livre, et se construit autour de la lettre A, initiale du prénom de la morte, est une invocation, tout autant qu'une évocation, un texte pour dire la douleur, la stupéfaction, l'incompréhension. Le deuxième est " Une Lettre " à celle qui a disparu, une lamentation et une interrogation. Le troisième, qui s'intitule " Les Vies ", élargit l'interrogation sur la mort, qui sous-tend le livre entier, aux autres vies dans laquelle s'insérait celle qui n'est plus. Ces trois poèmes font ensemble plus qu'un livre de deuil. On y voit passer une ombre qui fut vivante, on y voit de la vie, plus forte que la mort.
Je me souviens de la mort de Roland un très jeune gens. Des jeunes gens morts il y en a tant. Même vivants. Qui comme Roland meurent de leurs propres efforts dans le temps.Et moi comme voyou de mille ans je dois faire un effort pour déménager dans le temps.Rappeler Roland parmi les coeurs saignants de ces jeunes gens. Qui dans la lutte et les combats sont perdants.Et dire avec eux les malheureux: Oh se battre rend heureux même si la défaite est totale.Connaissez-vous les morts des champs? Tous ceux qui ont poussé et ont pourri dans le temps.Les entendez-vous autour de nous? Ils sont tous là blancs et partant.Oui je voudrais ramener Roland ici. Rappeler Roland ici et maintenant comme un frère trop longtemps absent. Le rappeler parmi nous vivant comme un frère trop longtemps absent. Parmi nous jeunes gens comme moi sans combat. Qui restons là sans bras ni voix.Je voudrais vivre la moindre histoire comme un sport de combat.Moi si petit qui tiens à peine dans le temps. Boxeur à mi-temps. Chevalier errant.Roland... Hé ho...C'est moi.C'est moi... Hé ho... Roland.Dans mon minuscule habit de combat.Cuirasse de scarabée mort.Petite épée fendue.Cheval mort à l'abattoir.Noir liquide. Chanson perdue. Ne t'en va plus. Petit vaudou du chagrin humain: À qui ne se bat pas dans la nuit Roland ne parle pas.
Résumé : Un petit garçon a dû faire une rencontre si troublante qu'il doit, devenu adulte, en raconter l'oubli. C'est ainsi l'histoire d'un souvenir perdu qu'il fait l'effort de raconter. Il n'y a de revenants qu'eux, les souvenirs. Le narrateur fait l'expérience de cette possession imaginaire des souvenirs. Nous pensons qu'ils nous appartiennent, qu'ils sont nôtres, tandis que ce sont eux qui nous possèdent. Le récit devient une opération de délivrance, d'aveu au sens que donnait à ce mot saint Augustin (confessio). Et d'autant plus que ce livre ne parle que d'une chose : l'amour. Sa révélation, son apprentissage, ses errements et ses erreurs, ses folies et sa misère. Le narrateur revisite ainsi son enfance jusqu'à sa petite enfance, sa jeunesse jusqu'à sa maturité. Ce qu'il a reçu de l'amour, le magnétisme des corps, et les corps, les visages, les histoires uniques et répétées. Une jeunesse d'autrefois entre secret et libération, une éducation qui ne répond plus à rien ni de rien. Salut par l'amour et damnation tout autant, l'entrée dans l'âge adulte, si tôt.
Résumé : Maintenant Cham attend ses frères. Depuis le commencement de ce monde, depuis le ciel et la terre, les fleuves et les mers, les étoiles, depuis le Déluge, il attend ses frères. Dans la lumière, dès que le jour se lève, Cham voit la faiblesse de son père, le corps nu de son père. Le nu qui fait de nous tous des orphelins, des frères ennemis... Chaque homme, pour retrouver son frère, doit passer par le souvenir de leur père commun, nu parce que semblable à chacun d'entre nous. Le livre sur lequel s'ouvrent nos bibles, la Genèse, ne raconte rien d'autre. Les fils d'Adam, de Noé, les fils de Jacob... tous s'opposent parce que la première histoire du monde, la première histoire de nous tous, est celle de la fraternité. Le monde déroule le chaos de nos généalogies, mais l'idéal de ce monde est entre les mains des s?urs et des frères.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.