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L'empirisme logique à la limite. Schlick, le langage et l'expérience
Bouveresse Jacques ; Chapuis-Schmitz Delphine ; Ro
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271064288
Selon le structuralisme logique, le langage décrit la forme de notre expérience, mais le contenu de celle-ci reste inexprimable. Dans Forme et contenu (1932), Moritz Schlick, fondateur et figure centrale du cercle de Vienne, a défendu une version extrême de cette idée : niant que les intuitions entrent dans la connaissance, il ne rejette pas seulement le kantisme, mais met en péril les bases de son propre empirisme. Ce texte radical offre en outre un point de vue à partir duquel certains des débats fondamentaux de la philosophie du langage et de l'esprit du XXe siècle peuvent être reconsidérés d'un œil neuf. Nous avons ainsi voulu explorer les différents aspects du problème de l'articulation du langage et de l'expérience tel qu'il est posé par Schlick, afin de préciser l'éventail des solutions disponibles. Le présent livre, issu d'un colloque organisé en mars 2004 au Collège de France, est le premier ouvrage consacré à Schlick dans notre langue. Il examine les rapports entre la pensée de Schlick et la tradition kantienne (Kant, le néo-kantisme et le " kantisme analytique " de Sellars) ; puis, il la confronte à l'empirisme classique et à une autre variante de l'empirisme logique (Carnap) ; enfin, il s'interroge sur la thèse de l'inexprimabilité du contenu, au travers notamment d'une confrontation avec les idées de Wittgenstein (avec qui Schlick a longtemps entretenu un dialogue privilégié).
Wittgenstein a souligné à maintes reprises que la distinction intérieur-extérieur ne l'intéressait pas, et précisé que c'était une manière de dire que la philosophie n'a rien à voir avec la psychologie. Mais, en caractérisant la philosophie comme une recherche conceptuelle ou " grammaticale ", il a, de façon plus générale, rejeté comme non pertinentes pour ce dont il est question dans le travail du philosophe toutes les philosophies de la conscience et du sujet. Même les concepts qui décrivent ou donnent l'impression de décrire des expériences internes privées comme ceux de " douleur ", "vision ", " sensation ", " pensée ", " compréhension ", etc., doivent être caractérisés avant tout par la manière dont ils entrent dans des jeux de langage publics que nous jouons les uns avec les autres. Les jeux de langage - qui prennent en un certain sens la place du transcendantal - constituent le " phénomène premier ", ce qui est toujours déjà là et doit être accepté. Vouloir remonter au-delà, comme le font à la fois les philosophies du fondement et celles de la déconstruction radicale, c'est ne pas vouloir " commencer au commencement " et caresser finalement le rêve (qui n'est pas propre aux empiristes) de " ce son inarticulé par lequel certains auteurs aimeraient bien commencer la philosophie ".
Etant donnée l'hostilité ouverte, constante, déterminée, et même violente que Nietzsche a manifestée contre la démocratie, le socialisme, le progrès social, l'égalité - y compris, soit dit en passant, l'égalité entre les hommes et les femmes -, il n'aurait jamais dû, semble-t-il, y avoir un Nietzsche de gauche. Et pourtant il y en a bel et bien eu un, et c'est même celui-là qui a occupé dans la période récente le devant de la scène et est devenu plus ou moins le Nietzsche officiel. Il n'en demeure pas moins qu'entre ceux qui ont cherché à faire de lui un penseur nazi et ceux qui ont considéré comme allant au contraire à peu près de soi qu'il était un penseur de gauche, on se demande réellement à qui il faut décerner la palme dans l'art de ne pas lire un auteur. Depuis des décennies, Nietzsche est en France l'objet d'une double méprise : l'invention absurde mais tenace d'un Nietzsche de gauche (Deleuze) et son enrôlement dans une vaste entreprise de reformatage du concept de vérité (Foucault) que toute sa philosophie contredit. Lecteur assidu, resté longtemps discret, Jacques Bouveresse n'a jamais cru à ces fables. Poursuivant la réflexion engagée dans Nietzsche contre Foucault (Agone, 2016), et au terme d'une longue plongée dans les Fragments posthumes, dont il a tiré un trésor de citations, retraduites puis agencées avec soin, il offre ici un double portrait du philosophe : Nietzsche en chercheur de vérité, moraliste ironiste, lucide et passionné ; Nietzsche en penseur politique, défenseur d'un radicalisme aristocratique selon lequel la masse du peuple doit obéir, travailler et être asservie pour que l'élite puisse être libre, commander et créer.
La prise de conscience des effets négatifs ou même franchement destructeurs du progrès scientifique et technique incite aujourd'hui de plus en plus à se demander si la connaissance, au sens moderne du terme, était bien la meilleure option possible pour nos sociétés. La réhabilitation de la sagesse contre le savoir et des traditions contre la raison a cessé d'être un thème que l'on pourrait considérer comme relevant exclusivement de la pensée conservatrice ou réactionnaire. La fin de la croyance au " progrès " est un des indices qui signifient que nous sommes entrés dans ce que certains appellent l'époque " postmoderne ". Mais le postmodernisme, qui tente de donner une réponse à la question de la légitimité sans recourir aux justifications contenues dans les " grands récits " de la modernité, ne propose guère, dans le meilleur des cas, comme solution qu'une sorte de surenchère ultramoderniste, qui laisse la question à peu près entière. Le passage à la postmodernité, s'il est réellement en train de s'effectuer, implique naturellement une redéfinition plus ou moins radicale de la nature, des tâches et des objectifs de la philosophie. La question qui se pose inévitablement est celle-ci : dans quelle mesure une époque postmoderne doit-elle également consentir (en dépit des tentatives de sauvetage plus ou moins convaincantes des postmodernistes) à se considérer et à se reconnaître comme postphilosophique, au sens strict du terme ?
Résumé : Pour la philosophie dire " analytique " ou " linguistique ", les problèmes philosophiques ne doivent leur existence qu'à certain type de méconnaissance de la nature et du fonctionnement de notre langage. A l'opposé, Chomsky et certains de ses disciples soutiennent actuellement qu'une conaissance adéquate du langage, loin de les faire disparaître, confère au contraire une dignité nouvelle et éventuellement fournit une solution à certains problèmes philosophiques classiques. Que le langage soit ignoré, traité en suspect ou au contraire en intérmédaire digne de foi, il s'agit cependant toujours pour la philosophie - et, à cet égard, les néo-positivistes peuvent être considérés comme des philosophes traditionnels - de retrouver, à l'aide ou en dépit du langage, le monde tel qu'il est derrière le monde tel qu'on le parle. Le rêve du philosophe serait en particulier de transformer une fois pour toutes en entités réelles ou en non-entités ces entités fictives qui, pour parler comme Bentham, tiennent du langage " leur impossible, et néanmoins indispensable, existence ", et au nombre desquelles on peut compter, à des titres divers, Dieu, l'Esprit, le sens, les êtres mathématiques, les objets physiques eux-mêmes. Mais c'est en un sens uniquement parce que et pour autant qu'on les considère avec cette arrière-pensée, au lieu de décrire simplement leur fonction dans notre langage et dans notre vie, qu'elles constituent, selon Wittgenstein, un problème désespérant et insoluble.
Quelles sont les différences entre la Bible juive et la Bible chrétienne ? Entre les Bibles orthodoxe, catholique, protestante ? Qui les a fixées ? Comment ont-elles été diffusées ? Aucun livre n'aura été plus copié, imprimé, traduit, commenté, débattu, loué et honni, aucun livre surtout n'aura eu autant d'influence sur nos croyances mais aussi sur nos modèles de pensée, sur notre langage et notre culture que la Bible. De la traduction de saint Jérôme à l'étude des rouleaux de la mer Morte, c'est la véritable histoire du livre que raconte ici, avec une science et un brio inégalés, Jaroslav Pelikan. Un ouvrage indispensable pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec intelligence.
Jessus Catherine ; Gaude Thierry ; Fuchs Alain ; L
Résumé : Qu'est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines ? Quelle est la frontière entre le "soi" et le "non-soi" ? Quel est le propre de l'homme ? Ce livre invite à un voyage au coeur du vivant qui plonge le lecteur depuis les toutes premières formes de vie sur terre jusqu'au sein de la complexité du vivant. Il donne à voir les applications étonnantes qui en découlent dans les domaines biotechnologiques et médicaux. Le lecteur parcourra ainsi l'immensité insoupçonnée de la biodiversité et les capacités extraordinaires des êtres vivants à s'adapter aux conditions les plus extrêmes. Il découvrira les liens de parenté entre organismes qui définissent l'arbre de la vie, les interactions entre les composants de tout être vivant, l'impact de l'environnement sur l'évolution et le fonctionnement des organismes, et les promesses d'innovations contenues dans ces révolutions scientifiques et technologiques Ce livre est le témoignage passionné d'une communauté de chercheurs en sciences de la vie qui espèrent donner le goût de la nature et susciter la curiosité vis-à-vis des terrains inconnus et immenses qu'il reste à explorer. C'est au prix d'une recherche qui requiert du temps, des prises de risque, de l'imagination, de la créativité et de la liberté que les grands tournants des sciences de la vie du XXIe siècle ont pris corps. Et c'est à ce prix que ces sciences continueront à être porteuses d'avenir et de progrès. Ce livre est le témoignage passionné d'une centaine de scientifiques qui ont contribué à sa rédaction pour partager leur émerveillement face aux découvertes et aux promesses portées par les sciences du vivant de ce début de siècle.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.