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Bouts du monde N° 38, printemps 2019
BOUTS DU MONDE
BOUTS MONDE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782919497423
Lorsque j'étais enfant, le voyage s'incarnait d'abord ainsi : assis à l'arrière de la voiture, je regardais les numéros des plaques minéralogiques et constatais soudain une diversité nouvelle dans la numérotation, qui peinait à tromper l'ennui d'un long chemin sur les routes nationales. Je voyais aussi disparaître les toits d'ardoise à mesure que l'on s'éloignait de l'Anjou natal. Et soudain, le paysage ordinaire avait changé. Où est passé ce paysage trente-cinq ans plus tard ? Caché derrière les aires d'autoroutes ? Disparu sous les zones d'aménagement commercial ? La France semble avoir perdu ses paysages, ceux qui étaient insignifiants, ceux dont on a rarement fait des cartes postales. Ou alors nous avons oublié de les considérer. " A force de prendre le TGV, les Français ne regardent plus le paysage ", déclarait, en 2018, Raymond Depardon au quotidien Le Courrier de l'Ouest. Le rapport que le photographe a entretenu au paysage est né d'un traumatisme : la construction de l'autoroute du Soleil qui a éventré la ferme de ses parents, cabossant les paysages de son enfance. Au cours des années 80, la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale missionne des photographes pour photographier le paysage. Il y a du boulot : plusieurs décennies de photographie humaniste avaient oublié de photographier les routes, les carrefours, les endroits où les gens vivent, n'immortalisant les places de villages seulement que si une grand-mère de retour de courses la traversait avec son cabas. Le défi est de taille pour Depardon : " Il fallait faire disparaître l'anecdote de la présence humaine ". Quitte à abuser des photographies de panneaux de signalisation ou des lignes à haute tension. Quel est le rapport au paysage des carnettistes et photographes qui traversent la France aujourd'hui ? Ou de ceux qui y habitent ? Simon Jourdan, ancré sur le quai de Douarnenez, vérifie chaque matin si tout y est bien à sa place. La dessinatrice Cendrine Bonami-Redler aussi a arpenté les paysages urbains de son quotidien, dessinant ce qui est insignifiant aux yeux de beaucoup. Matthieu Mouillet, lui, a traversé son pays à 4 km/h, le long de la diagonale du vide, explorant les endroits où il n'y a rien à voir pour y déceler les quelques traces d'exotisme que l'on aime tant chercher au bout du monde. Sur les aires d'autoroutes non plus il n'y a rien à voir, mais cela n'a pas arrêté Hélène Fournié qui a passé trois jours sur celle de Montélimar avec ses amis Jean-Sébastien Faure et Emmanuel Faye. A leur façon, ces zones ressemblent aux terminaux d'aéroports, un peu hors du temps, un peu hors de la géographie, un peu à côté du paysage. Quant à Marielle Durand, elle n'a vu que du bleu dans les paysages d'Auvergne, dans le creux de ses chemins ou bien sur les places de ses villes. L'artiste a sillonné sans relâche le territoire, constituant un petit trésor qui pourrait prendre, dans les années à venir, la valeur d'un véritable fonds documentaire " William Mauxion.
En 1948 présentation de la première 2CV au salon de l'automobile à Paris. Elle était la voiture préferée des ruraux français. En Allemagne elle rencontre de plus en plus d'admirateurs. Presque chacun se souvient particulièrement de cette voiture qui dénote une certaine conception de la vie et qui jusqu'à aujourd'hui n'a pas cessé de fasciner. Les calendriers Calvendo sont des produits haut de gamme - avec ces plus qui font la différence : nos calendriers présentent bien toute l'année grâce à leur papier de qualité supérieure et leur reliure à spirales pour une manipulation des pages plus aisée et une tenue parfaitement droite contre le mur. Un film plastique transparent protège la couverture de ces calendriers toujours plus solides, qui se déclinent désormais en cinq langues. Offrez-vous un calendrier Calvendo qui reste beau tout au long de l'année. Dieser erfolgreiche Kalender wurde dieses Jahr mit gleichen Bildern und aktualisiertem Kalendarium wiederveröffentlicht.
Devant a dichotomie effroyable qui oppose deux panneaux peints par Dirk Bouts (vers 1470), Le Chemin du ciel et La Chute des damnés, réunis au Palais des Beaux-Arts de Lille mais, selon toute vraisemblance, orphelins du panneau central avec lequel ils formaient un tryptique, Michel Butor se livre à une observation poétique du chef-d'oeuvre flamand. L'écrivain se cherche dans " ce miroir à double face ", prisonnier lui aussi, à l'image de ces hommes et ces femmes apeurés et trompés par leurs vertus perverties. Au terme de ce voyage sensoriel et méditatif surgit la révélation tant attendue car c'est dans l'écriture que le poète trouve l'éternité.
Extrait Extrait de la préface de Jacques Vassal : «Donner un sens plus pur aux mots de la tribu», a-t-on lu. Mais de quelle tribu parle-t-on ? De quels mots ? Ceux du dit, de l'écrit ou du chanté ? Et, au fait, de quelle pureté ? Nous vivons environnés de sons. De manière si quotidienne, si banale que, la plupart du temps, nous n'y pensons plus, ne savons plus leur donner un sens. Et pourtant ! Ils n'en manquent pas, même lorsqu'ils semblent n'en avoir aucun. Il en va des musiques comme de toutes les créations humaines : certaines nous anesthésient, d'autres nous éveillent. Entre ces deux extrêmes, nombre d'entre elles hésitent et doutent, se cherchent et nous cherchent. Et en retour nous cherchons en elles, selon les moments, réconfort ou révolte, apaisement ou raisons d'espérer. Parfois, de plus en plus souvent même dans nos sociétés post-industrielles, un simple amusement : le «divertissement» pascalien a fait place à l'entertainment américain. «Entertainment is my business», showbusiness est-on tenté d'ajouter. Il y a toujours des marchés (de préférence mondiaux) à conquérir, des publics à séduire, des disques à vendre, des concerts à programmer, des festivals à organiser, des modes à lancer. Alors, pourquoi pas les «musiques du monde» ? L'étiquette, plus chic et plus «culturelle» en apparence que celle - plus commerciale peut-être - de worldmusic, n'en reste pas moins vague, au mieux. Au pire, elle est tout aussi dépourvue de sens que celle de «musiques actuelles», inventée par ces «communicants» ou technocrates de la culture ( ?) qui sévissent dans les allées des ministères. Le livre d'Etienne Bours arrive à point nommé pour remettre en perspective un débat qui, à y regarder de près, ne concerne évidemment pas que les professionnels, les spécialistes ou les amateurs passionnés.
Il avait une Ford toute pourrie et avait entrepris, avec l'insouciance de ses 25 ans, de traverser les Balkans sans passeport. Un joli défi. Depuis 10 ans, Sébastien Colson est retourné régulièrement dans ces pays d'Europe de l'Est qui ont accompagné son éveil aux turpitudes du monde. Une conviction a accompagné l'un de ses derniers voyages là-bas : ce sont les idéologies et les nationalismes, jamais les peuples, qui dessinent des traits sur les cartes et dressent des fils barbelés. Il n'y a pas besoin de fils barbelés pour isoler Sulina en Roumanie. Depuis l'ouest, on ne peut rejoindre la porte orientale de l'Union européenne que par le Danube. A l'est, c'est la mer Noire, puis le Caucase. Au sud, la Turquie. Une frontière décrétée définitive. En atteignant le delta, Eduard Toader, photographe roumain, avait lui aussi l'impression d'arriver au bout du monde. Sans pour autant traverser aucune frontière.
D'abord on se dit que ce n'est pas vraiment un voyage, mais plutôt une aventure fantasmée, un embarquement légendaire dans une machine à remonter le temps. Un conte. C'est qu'il nous faut des preuves. Ca s'est passé au printemps, pendant le festival des Etonnants Voyageurs de Saint-Malo. La belle et unique revue Tango, avec qui nous partagions un bout d'allée, nous apprend qu'elle a dans ses cartons le carnet de voyage de Pierre Lewden, capitaine de l'équipe de France d'athlétisme. Son histoire, épargnée par le temps et les hasards de la vie, dormait dans le grenier d'un vieux moulin de Bourgogne. En 1928, Lewden, sauteur en hauteur et journaliste à L'Intransigeant, s'embarque avec une vingtaine de camarades, à bord du Transsibérien, pour participer à une rencontre internationale au Japon. Une aventure épique, confidentielle, exceptionnelle pour l'époque. Une histoire enthousiasmante aussi à rendre jaloux, par exemple, une revue qui publierait des carnets de voyage. Tango n'a pas mis longtemps à deviner notre envie de voyager dans ce monde sépia en compagnie de cette incroyable équipée. Et, puisque nous sommes embarqués dans la même aventure, nous a ouvert ses archives. Nous publions dans le numéro 8 de Bouts du monde de larges extraits du récit de l'expédition de Lewden. Le temps qui a passé rend savoureuses les anecdotes du quotidien. Nous avons même des preuves pour nous persuader que tout cela a été bel et bien vécu : des photos de la reconstruction de Tokyo, des étiquettes de bagages, le menu de réceptions officielles. De véritables trésors. " William Mauxion.
Il y a un arrière-goût d'inachevé quand un voyage oublie de séjourner quelque temps en ville. Chaotiques ou enthousiasmantes, grises ou flamboyantes, les villes sont une plongée en apnée dans les espoirs ou les névroses d'un pays. Elles sont un peu la conscience que l'on n'est plus chez soi. Et puis c'est là que l'on vient vérifier ce que l'on a imaginé, ce que l'on nous a raconté : qu'il y a les cours de la bourse qui défilent sur les murs de Times Square, qu'il y a de la neige sur la place Rouge, qu'on sert des énormes côtes de boeuf dans les restos de Buenos Aires, que boire une bière dans un troquet d'Oslo vous en coûtera une douzaine d'euros, que vous allez sûrement vous perdre à Pékin... Frédéric Rudant a dessiné les rues de la capitale égyptienne en trempant son crayon à papier dans les gaz d'échappement qui flottaient dans l'air, le cul posé sur un rebord de trottoir, assez près pour observer la mécanique souffreteuse de tout ce ballet urbain. Nicolas Roux a pris un peu de hauteur pour dessiner Shanghaï, la nouvelle ville-monde vers laquelle tout le XXIe siècle se tourne déjà. L'ancienne concession internationale et le Bund y sont désormais sanctuarisés, relégués au second plan par la surréaliste expansion du Pudong où les gratte-ciel poussent comme des champignons.Je me souviens être resté assis deux bonnes heures à un carrefour de Katmandou pour observer cet indescriptible et fascinant bazar où un ouvrier qui transporte une échelle à l'horizontale peut provoquer un embouteillage de piétons. En voyage, c'est amusant. Mais qu'en pensent les Népalais ? S'ils réagissaient comme les passagers d'une navette " aéroports de Paris " contrariés de voir que ça bouchonne entre Roissy et Montparnasse, leur révolte ferait se soulever l'Annapurna. " William Mauxion.