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Sociétés contemporaines N° 117, 2020 : La profession faite corps. Enjeux de la corporéité au travail
Boussard Valérie
SCIENCES PO
19,00 €
Épuisé
EAN :9782724636581
Ce dossier se propose d'analyser l'engagement des corps au travail à partir de leur dimension symbolique, la corporéité. Les textes réunis par Valérie Boussard s'intéressent à la façon dont les signes émanant des corps des travailleurs et travailleuses sont interprétés en termes de professionnalisme. A partir des exemples de coiffeurs et coiffeuses (Diane Desprat), de concierges d'hôtel de luxe (Thibaut Menoux), de consultant. es en organisation (Isabel Boni-Le Goff) et de cadres responsables diversité en entreprise (Laure Bereni), ils montrent que le corps, en tant que façade personnelle et institutionnelle, devient un élément de ce professionnalisme. Mais le corps des travailleurs est aussi ce que la profession, en tant qu'institution, donne à voir. Dans une perspective centrée sur le rôle des rapports sociaux dans la construction des professionnalismes, la corporéité est ce que les corps expriment des positions de classe, de genre et de "race" .
Comment expliquer l'extraordinaire développement des techniques de gestion et de management dans les entreprises privées ou publiques depuis un demi-siècle ? Encore embryonnaires au début du XXe siècle, celles-ci sont devenues la "panacée" de toute organisation qui voudrait tendre vers l'efficacité. Qualité Totale, GMAO, ERP, Balance Scorecard, Référentiels de compétence, etc. , se succèdent ou se surajoutent, au point que nombre d'observateurs parlent de modes managériales. Mais doit-on considérer les discours qui vantent les qualités de ces techniques comme autant de recettes miracles ? La performance d'une organisation est-elle bien la conséquence des outils de gestion qu'elle utilise ? Comment comprendre par ailleurs que la gestion contamine toutes les sphères socio-économiques, et qu'ainsi, associations et administrations publiques se voient aujourd'hui concernées par des techniques inspirées des entreprises privées ? Qu'est-ce qui rend cette gestion aussi indispensable ? Là encore, peut-on croire les discours qui font du management la clef de l'efficience ? Cet ouvrage propose de répondre à ces questions à travers une double investigation. Parcours historique d'une part, pour montrer en quoi la gestion est une forme spécifiquement moderne de gouvernance. Incursion dans les discours et pratiques de management de l'autre, pour partir sur les traces de ceux qui, depuis la fin du XIXe siècle, inventent, fabriquent et diffusent cette forme gestionnaire. Consultants, universitaires et managers se révèlent alors être les experts sans qui la gestion ne pourrait advenir et qu'en retour elle contribue à faire exister.
Cet ouvrage réunit les travaux de sociologues ayant apprivoisé la gestion, son vocabulaire, ses outils, ses démarches... Ces éléments disparates, fortement articulés les uns aux autres dans les pratiques managériales concrètes, forment des dispositifs qui constituent l'objet d'analyse central de l'ouvrage. Issus de recherches empiriques, les textes rassemblés ici rappellent que toute " technique de gestion " est une construction socio-historique dont la nécessité n'a rien d'absolu. L'intérêt d'une telle posture est de montrer que les choix de gestion et les instruments développés pour les déployer dans l'entreprise ou l'organisation ont leur source dans des jeux sociaux dont l'essence fondamentale est d'ordre politique. La déconstruction des dispositifs de gestion révèle ainsi les soubassements et appropriations politiques dans lesquels tout acte de gestion se trouve engagé, loin des visées optimatrices que leur prête le discours managérial. Dans cette perspective, les choix de gestion ne peuvent plus être vus comme le fruit d'une rationalité technique, économique ou organisationnelle parfaite et surplombante, mais comme le produit de la rencontre aléatoire des rationalités croisées des membres de l'organisation. Avec l'étude des dispositifs de gestion, l'analyse sociologique retrouve et approfondit les principes d'une approche des organisations centrée sur les acteurs et leurs interactions, en les replaçant dans le cadre naturel qui est le leur, celui de structures de part en part animées par des instruments et des techniques chargés d'organiser les activités.
Résumé : Cet ouvrage retrace les grands modèles de professions qui se sont succédé en Occident et expose les principales théories sociologiques des professions qui continuent à s'affronter, et parfois à se combiner, dans les travaux récents. Au sein d'un modèle spécifique de régulation par l'Etat des groupes professionnels, il rend compte de nombreuses recherches empiriques menées dans la France des années 1960 à 2010. Les évolutions récentes de ces groupes, changements démographiques, transformation du rôle de l'Etat, managérialisation et internationalisation, sont présentées autour de cas empiriques. A travers les modèles, théories et recherches, l'ouvrage tente de clarifier le vocabulaire qu'utilisent les sociologues pour décrire le travail professionnel, analyser la dynamique des groupes professionnels et des marchés du travail, interpréter l'évolution des systèmes et des identités professionnelles. Cette quatrième édition réactualisée prend acte des derniers travaux suscités en France par cette discipline.
Que veut dire être "soi-même" en société ? Les individus ne sont-ils pas le produit des sociétés auxquelles ils appartiennent, au point que ce que l'on considère comme individuel serait avant tout social ? Dire "je" ne serait-il pas dire "nous" ? Pour le démontrer, l'ouvrage analyse cinq dimensions de la présentation de soi en société, constitutives de l'identité individuelle : le nom, le corps, le sexe, le langage et la profession. Il montre que ce qui parait comme le plus singulier, le plus authentique, voire le plus naturel de l'identité individuelle, est à comprendre comme le produit de différents cadrages ou encadrements sociaux. Par ailleurs, il souligne les jeux qui restent possibles à l'individu pour négocier son identité et la faire valoir socialement.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.