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La politisation. Conflits et construction du politique depuis le Moyen Age
Bourquin Laurent ; Hamon Philippe
PU RENNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782753510883
Depuis le Moyen Age, la sphère politique, dans ses pratiques et ses discours, a progressivement acquis une autonomie à l'égard du religieux. Dans ce long processus, commun à la plupart des pays d'Europe, quel a été le rôle des conflits? Dans quelle mesure la guerre de Cent Ans, les troubles de Religion ou la Révolution française - pour ne prendre que quelques exemples - ont-ils accéléré la politisation? Réciproquement, comment le politique, au fur et à mesure de sa construction, a-t-il été mobilisé pour résoudre des conflits de toute nature - sociaux, économiques, religieux? Et comment, aujourd'hui encore, conflit et politisation sont-ils liés? Ces questions ont rassemblé pendant deux jours des historiens, des politistes et des sociologues qui ont confronté leurs connaissances et leurs méthodes. Cet ouvrage est le fruit de leurs réflexions. Il se compose de deux parties, l'une proposant des approches globales et pluridisciplinaires, l'autre des études de cas historiques. Penser le conflit permet ainsi de mieux comprendre la genèse du politique sur la très longue durée.
Que les conflits internationaux créent du "politique" semble une évidence : ils bouleversent les institutions, les finances et l'économie, façonnent de nouvelles farines d'engagement, induisent une mobilisation, entraînent éventuellement des phénomènes de collaboration. L'objectif des études réunies ici n'est pas tant d'étudier à travers les conflits l'essor de "l'Etat" en lui-même, que de comprendre dans quelle mesure ils ont favorisé l'émergence de nouveaux rapports au politique. Pour cela, l'examen sur la longue durée de terrains variés de l'Angleterre à Venise, de la Saxe à l'Espagne permet d'évaluer la construction progressive du politique au cours de guerres étrangères, de guerres civiles aux implications internationales et d'occupations militaires. Dans quelle mesure assiste-t-on à l'apparition de nouvelles formes de politisation des institutions et des populations ? Les conflits sont-ils toujours politisés ? Les tentatives pour les justifier, au nom d'un bien supérieur, créent-elles de nouveaux rapports au sein des sociétés ? Dans ces conflits, la mobilisation croissante des ressources d'un territoire conduit-elle, dès l'époque moderne, aux guerres dites totales ? L'engagement social s'en trouve-t-il modifié et les modalités, connue les lieux, de la prise de parole politique connaissent-ils des mutations ? Les conflits transforment-ils sans cesse les relations que les différents groupes entretiennent entre eux ? Pour répondre à ces interrogations, cet ouvrage réunit les contributions de 16 historiens venus d'Espagne, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et de France qui s'attachent à analyser ces processus de politisation entre le XVe et le XVIIe siècle.
La révolution numérique est planétaire. Portée par ses propres lois, elle bouscule toutes les hiérarchies, transforme en profondeur nos entreprises, offre de nouveaux pouvoirs aux consommateurs et rend notre société capable de faire plus avec moins. Partie prenante de cette révolution globale, l'Europe n'en est pas l'acteur principal. Partout, l'Amérique étend ses ailes et les " big five " règnent sur la vie numérique de quatre milliards d'individus. Aucun site Internet européen ne figure dans le top 30 mondial, les fabricants de matériel informatique sont tous américains ou asiatiques, tandis que nos opérateurs de réseaux sont en retard dans la course au très haut débit. Et si la demande de numérique croit en Europe à un rythme élevé, force est de constater que l'offre vient d'ailleurs. Et pourtant... loin de se joindre au choeur des déclinistes, ce livre se veut résolument optimiste. Car si nos retards sont bien réels, l'Europe dispose de sérieux atouts... mais il n'y a plus de temps à perdre. Pour gagner, il nous faut penser global, imaginer l'internet de demain plutôt qu'imiter les réussites du passé et mettre fin à une certaine forme d'angélisme. L'ambition de ce livre est de donner au plus grand nombre les clés indispensables pour comprendre les combats que se livrent les acteurs du numérique. Il tire des sonnettes d'alarme, sans jamais se complaire dans un pessimisme stérile. En montrant les réussites et en proposant des solutions, il porte un message d'espoir pour la France et pour l'Europe. De fréquentes mises en perspectives historiques et de nombreuses illustrations en rendent la lecture attrayante.
Bayard, Gouberville, Saint-Simon ou Montesquieu étaient tous nobles, malgré leurs différences de fortunes, de carrières et de modes de vie. Cette ouverture du second ordre, acquise depuis la guerre de Cent Ans, fut pourtant remise en question par les théoriciens qui prônaient l'existence d'une race spécifique à quelques familles. Mais le roi de France imposa peu à peu sa volonté, et réussit à anoblir ses serviteurs les plus méritants. De la Renaissance à la Révolution, un fossé de plus en plus large se creusa entre les petits seigneurs faméliques, qui continuaient à vivre comme leurs aïeux, et les aristocrates qui s'informaient des modes de la cour et des idées de leur temps. Mais quelle que fût leur fortune, tous attendaient que le roi les protège et les fasse participer à son pouvoir. Grâce aux travaux des historiens français et étrangers, les archives ont livré de nombreux secrets. Attentif aux progrès de la recherche, cet ouvrage de synthèse permet de s'initier à des méthodes et des problématiques variées. Son glossaire, ses notices biographiques, ses documents et son index thématique rendront de grands services à tous les apprentis-chercheurs.
Les guerres de Religion n'ont pas seulement été une période de contestations et de violences. Elles ont aussi permis au souverain de renforcer son pouvoir, en utilisant des nobles dévoués et compétents, capables de relayer ses volontés dans les provinces. En Anjou, les principales responsabilités politiques et militaires furent confiées à des gentilshommes qui savaient s'imposer face aux notables urbains. Depuis la fin du XVe siècle, les Angevins vivaient en effet dans le souvenir du " roi René ", leur dernier duc du Moyen Age, et défendaient avec opiniâtreté leurs privilèges coutumiers. A partir de 1560, ces nobles brisèrent donc les derniers vestiges de l'autonomie urbaine pour mieux lutter contre les extrémistes de chaque confession, et firent de la ville d'Angers un bastion imprenable. Etrangers à la région, ils étaient dépourvus de la considération locale qui leur aurait permis de convaincre en douceur les uns et les autres de faire la paix. Mais pour parvenir à leurs fins, ils s'appuyèrent sur quelques fidèles, exploitèrent toutes les ressources de la propagande et assimilèrent la loyauté envers le roi à un commandement de Dieu. Jusqu'à la fin des troubles, en 1598, ils mirent leur autorité personnelle au service de nouvelles méthodes de gouvernement, pour le plus grand profit de l'Etat.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.