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L'université et la ville. Les espaces universitaires et leurs usages en Europe du XIIIe au XXIe sièc
Bourillon Florence ; Gorochov Nathalie ; Noguès Bo
PU RENNES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782753574380
La place accordée à la ville dans l'histoire des universités est généralement limitée. Pourtant, l'université est depuis sa naissance, au XIIe siècle, une institution exclusivement urbaine et contribue à la fabrique de la ville en suscitant des espaces spécifiques. Saisir la nature spatiale et sociale de ces interactions sur la longue durée, du XIIIe au XXIe siècle et à l'échelle de l'Europe, est l'objectif de cet ouvrage. Au-delà des périodisations classiques, les dix-sept études réunies ici mobilisent trois grilles de lecture : la première interroge le lien entre ville et université lors des périodes de fondation et de refondation ; la seconde analyse les rapports entre le corps universitaire et les sociétés urbaines ; la dernière s'intéresse à la dissémination de l'université dans la ville, bien antérieure à son développement dans les banlieues des grandes villes européennes à la fin du XXe siècle. Les deux figures du quartier et du campus ne résistent guère à l'analyse historique qui décrit la perméabilité des espaces et la difficulté à séparer les mondes de la ville et de l'université.
Résumé : La parcelle en ville est un objet historique s'inscrivant dans le temps long sous diverses appellations. A la fois projection au sol d'un rapport de propriété légal ou coutumier et "petite partie d'un tout" à des fins d'exploitation et d'investissement, elle est propice aux approches pluridisciplinaires en histoire et géographie urbaines, en droit et en économie, en architecture. Elle renvoie en effet au changement urbain ce qui explique la formidable inertie de certains tracés parcellaires et également aux idéologies politiques et modernistes à l'encontre du droit de propriété qui ont pu entraîner sa remise en cause au XXe siècle, comme en URSS ou dans les pays socialistes ainsi que dans les ensembles d'habitat collectif de l'Entre-deux-Guerres et des Trente Glorieuses. Mais à rebours, elle constitue aussi un enjeu présent particulièrement mobilisé dans les projets urbains actuels, sans que d'ailleurs les discours développés à son sujet ne fassent toujours l'objet de questionnements approfondis. L'ouvrage réponde à ces objectifs, notamment par des sujets traitant de périodes variées, de l'Epoque moderne aux transformations actuelles, et par une approche renouvelée de la parcelle fondée notamment sur ses usages et sur les discours tenus à son propos. Il s'est constitué autour de trois séries de mots clés : "Plasticité" , "Verticalité" et "Effacement et reconstitution" . Au total, l'histoire longue de la parcelle peut être convoquée pour rendre compte des transformations contemporaines et inversement.
Bouillon Florence ; Carton de Grammont Sarah ; Pal
La recherche urbaine s'est longtemps focalisée sur les très grandes villes mais aujourd'hui, plus de la moitié de la population urbaine mondiale vit dans des agglomérations de moins d'un demi-million d'habitants. Le projet de ce numéro de Monde commun est né du constat de ce que ces espaces non sensationnels sont le plus souvent décrits comme problématiques : urbanité lacunaire, léthargie économique et anomie culturelle se conjugueraient pour attiser les conservatismes politiques. Sans démentir ce constat, les auteurs montrent que ces espaces périphériques sont également le lieu de formes de politisation à bas bruit, ici documentées à l'échelle micro-locale. Les citadins des villes subalternes sont-ils aussi mauvais citoyens qu'on le dit ? De Tours à Riace, de Mayotte à Saint-Etienne, ce dossier de Monde Commun apporte une contribution significative à la compréhension des formes contemporaines de prise de parole en contextes disqualifiés.
Changer la dénomination des rues de Paris ou modifier la numérotation des maisons représente un acte fort de transformation de la ville. En opérant ces changements, l'autorité ne fait pas que modifier les repères et troubler les habitudes. Dans une vision surplombante, elle tente d'ordonner l'espace urbain selon des impératifs qui lui sont propres. C'est cette vaste opération que la commission administrative présidée par le secrétaire de la Préfecture, Charles Merruau, est chargée de mener à la suite de l'annexion des "territoires suburbains" ou de "l'association des communes", c'est selon, de 1860. La tâche est compliquée par les différents niveaux de l'intervention : dans le Paris ancien des douze arrondissements, il s'agit de remettre de l'ordre dans les strates successives d'appellation et souvent de regrouper les rues ; dans le Paris nouveau, de remédier aux innombrables dénominations identiques et d'anticiper le développement futur de la ville. Ce livre publie le rapport officiel de la commission ainsi que le contenu de deux grands tableaux conservés à la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville, inédits jusqu'ici, qui présentent les motifs de regroupement des voies ou de changements de noms, précédé d'une introduction de présentation. Le but de la commission est en effet de conforter, par l'adoption d'un système commun de numérotation des maisons et par le choix des odonymes, un registre identique à l'échelle de l'agglomération, et concourir ainsi à l'uniformisation de la mémoire collective. L'objectif est clairement défini : Paris, capitale de l'Empire assume l'héritage de la Nation. La publication du rapport permet également de revenir sur la démarche d'une commission administrative et de mesurer l'implication, à différents niveaux, des décideurs, élus du conseil municipal, préfet de la Seine, Napoléon III lui-même. Toutes les propositions n'ont pas été suivies mais le Paris d'aujourd'hui est bien l'héritier des choix de la commission.
Bourillon Florence ; Marantz Eléonore ; Méchine St
Le décret du 21 mars 1970 supprime l'Université de Paris et la scinde en treize universités réparties dans la capitale et en proche banlieue. Cette rupture fondamentale dans l'histoire de l'enseignement supérieur a été longtemps interprétée comme une conséquence de la crise de Mai 1968, permettant à l'Etat de reprendre le contrôle des universités parisiennes sous couvert de la proclamation de leur autonomie. Sans minimiser l'impact de ce traumatisme fondateur, ce livre propose une autre lecture de la naissance des universités contemporaines en Ile-de- France. S'appuyant sur des recherches récentes et des approches pluridisciplinaires, il suggère que la transformation de l'Université de Paris résulte moins d'un processus inéluctable dont la crise de Mai aurait été l'étincelle, que de logiques plurielles qui s'ajustent à la charnière des années 1960 et 1970. Ce sont les contours de cette réinvention de l'espace universitaire francilien que ce livre propose de tracer. Il s'agit bien ici de revenir sur un passé récent qui n'a pas été suffisamment étudié mais dont les effets de mémoire sont indéniables sur le temps présent.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni