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L'idéalisme allemand. Alternatives et progrès
Bourgeois Bernard
VRIN
34,00 €
Épuisé
EAN :9782711614271
Kant, Fichte, Schelling et Hegel, philosophes aussi de l'histoire de la philosophie, ont soumis celle-ci à un ordre intelligible de développement. Chacun d'eux s'est alors employé à présenter ses prédécesseurs comme des moments conduisant à lui-même, tout en soulignant le saut de son surgissement comme auteur de la philosophie enfin parvenue à sa vérité définitive. Mais cette commune revendication les a amenés à s'opposer, parfois violemment, les uns aux autres. Aussi l'historien de la philosophie soucieux de faire droit aux exigences ainsi contrastées de si fortes pensées est-il incité à marquer, à la fois, l'unité d'un progrès de la problématique animant ce qu'on peut bien appeler alors l'idéalisme allemand, et les alternatives qui font se combattre les réponses apportées à celle-là. Les grandes philosophies, prises en elle-mêmes, sont autosuffisantes dans leur vérité éternelle, si leur ancrage temporel dans l'histoire réelle leur imposant sa mise en question renouvelée fait apparaître sensée la considération de leur succession. On a voulu, à travers les études rassemblées dans le présent recueil, nourrir une telle double approche de l'âge d'or de la philosophie allemande, en interrogeant celle-ci sur les réponses, toujours à méditer, qu'elle offre au sujet de la vie, de la beauté, de la culture, du droit, de la politique, de l'histoire, de la religion et de la philosophie elle-même.
Le vocabulaire hégélien est celui de la langue la plus commune. Mais la difficulté du discours de Hegel vient de ce qu'il exploite la complexité des relations pensantes entre ses mots simples, originairement constitutive du sens de ceux-ci. Un Vocabulaire de Hegel doit donc déployer en chacun des articles retenus, et dans la perspective définie par chacun des mots expliqués, la totalisation articulée et hiérarchisée de leurs sens. Voulant actualiser en lui-même la signification proprement philosophante du vocabulaire hégélien, il imposera au lecteur la répétition d'un seul et même exercice de pensée, puisque, dans chaque article, c'est le même tout pensé et dit qui se dit singulièrement. Il est vrai que penser Hegel, c'est le repenser, toujours!
La philosophie hégélienne culmine avec l'analyse du rapport entre le moment infini, absolu, divin, et le moment fini, objectif, humain, de l'esprit. Le premier donne son sens - religieux et philosophique - au second qui, en retour, le fait exister - politiquement. Chacun d'eux joue ainsi un rôle spécifique au sein de leur unité cependant fondamentalement divine. A l'encontre de toutes les interprétations anthropologiques du hégélianisme, le texte de Hegel vérifie l'actualisation d'une telle relation dialectique, mais hiérarchisée, entre l'humanité et la divinité de l'esprit, au sein de l'histoire politique comme au sein de l'histoire de la religion et de la philosophie, et, plus généralement, dans le rapport même de celles-ci. La présente étude propose donc une thèse sur l'articulation hégélienne de la politique, de la religion et de la philosophie dans le développement de l'esprit.
L"Encyclopédie des sciences philosophique est la dernière Somme - ici achevée en un Tout ou Système organique - du savoir humain qui ait été édifiée. Nourrie par l'expérience intégrale de l'humanité, aussi à travers les sciences positives de son temps, elle est, pour Hegel lui-même liée à celui-ci. Mais elle le dépasse en fondant les apports dans une totalisation des concepts qui, par son unité à la fois universelle et concrète. dévoile roue comme sensé. Infiniment précieux, encore et surtout à notre époque tentée de s'abandonner à la puissance d'une rationalité non pensante. est donc ce message hégélien qu'il y a du sens partout - même de l'existence d'un insensé à traiter cependant comme tel - et que ce sens n'est pas en dehors de la raison, mais exprime son accomplissement vrai."
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.