Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le malentendu. Une question de linguistique et de psychanalyse
Bourgain-Wattiau Anne ; Fabre Gilbert
LAMBERT-LUCAS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782359352092
La question du malentendu est fondamentale, mais elle intéresse plus particulièrement, sans doute, la linguistique et la psychanalyse dont le champ d'investigation est la parole. Dans une société que voudraient rendre "transparente" les moyens de plus en plus sophistiqués de la communication moderne, l'homme r sans intérieur=, pour reprendre l'expression de Philippe Breton, en est souvent réduit à sa seule image et oublie, du coup, l'insistante réalité du malentendu. C'est ne pas voir que ledit malentendu ne saurait être aussi radicalement séparé de la communication qu'on voudrait le faire croire. En affirmant que "la compréhension n'est qu'un cas particulier du malentendu", Antoine Culioli en soulignait même la primauté. Comme dans toute dialectique, en tout cas, cet empêcheur de tourner en rond n'en est pas moins producteur de savoir. Une des issues est alors d'"exploiter le malentendu", puisque selon la formule de Lacan, "l'homme naît malentendu...". L'approche transdisciplinaire de la question dans le cadre du séminaire doctoral co-dirigé par Anne Bourgain et Gilbert Fabre à l'Université Paris 13 a fait progresser la réflexion. Le présent ouvrage en présente les résultats.
Bourgain-Wattiau Anne ; Chaperot Christophe ; Pisa
Les trois regards qui constituent cet ouvrage abordent l'expérience fondamentale commune qu'est le rire. Chaque auteur montre comment ce phénomène se partage d'une façon universelle et singulière à la fois : il s'agit de voir comment le rire émerge à partir des failles du système défensif propre à chaque structure. Le rire, manifestation vivante et concrète, est ici exploré dans tous ses éclats. Les auteurs évoquent ses modes d'explosion, qui convoquent l'inconscient, ouvrant des brèches, formant des fragments. Le fil interrogateur est celui du rapport entre l'inconscient et le rire, l'un et l'autre étant avant tout l'expression d'une coupure. L'inconscient nous divise, le rire aussi. Etre " sujet du rire " ne va pas de soi. Prendre le rire comme sujet ne peut se résumer à se fixer le thème du rire pour objet. Ainsi, l'enjeu principal de cet ouvrage est bien ce qui du rapport à l'objet peut être dévoilé dans et par le rire. Cela passe en premier lieu par l'examen de l'articulation du rire à la langue, du rire à l'Autre, du langage. Les auteurs envisagent ensuite l'articulation du rire avec les concepts fondamentaux censés rendre compte de l'inconscient. Bien entendu, ce questionnement est aussi celui-là même que la cure analytique soulève. Enfin, à partir notamment du rire " hors-limite ", ils traitent d'une modalité clinique dans laquelle le rire est rarement envisagé : la psychose.
Mon Rêve, m'ayant détruit, me reconstruira" écrit lui-même Mallarmé. Aux frontières de la littérature et de la psychanalyse, l'auteur explore l'écriture mallarméenne en son ambiguïté même. Cet essai clinique à partir de l'oeuvre retrace les différents destins d'un idéal, porté par un rêve littéraire, qui dans le même temps se heurte à l'impossible : le dire poétique bute ici contre le mur du langage, comme la règle fondamentale en analyse sert de butée à la parole : Mallarmé, confronté à la question du tout dire, s'engage dans la pratique désespérée qu'est pour lui l'écriture, et chaque signifiant qui surgit devient alors cet aboli bibelot d'inanité sonore. Dans ce parcours du rêve à la désillusion, la fidélité à l'art, la quête de l'absolu conduisent le poète à une véritable expérience des limites, au cours de laquelle il approche la mort et la folie. Néanmoins, s'il y a péril dans cette pratique de l'abîme, l'acceptation du risque poétique est aussi, en dernier ressort, ce qui permet la reconstruction de l'être. Ainsi, par une stratégie défensive très élaborée, qui défie le hasard et met en oeuvre un temps et un espace autres, Mallarmé, en véritable passe-muraille, parvient-il à maintenir cet écart entre le réel et l'idéal, en se jouant de son propre désir. Cet ouvrage pose donc la question de la jouissance du créateur, qui, d'abord occultée, refait surface par le détour de la sublimation. Il montre que l'écriture permet au poète une sortie du Gouffre. Quant au lecteur, il est libre de se promener dans le dédale de la création littéraire, dans l'oeuvre d'un grand auteur trop souvent taxé d'hermétisme volontaire et gratuit.
Pour nous représenter les jardins médiévaux, nous disposons de textes et de figurations peintes ou sculptées, qui donnent à comprendre la façon dont les gens du Moyen Âge pensaient, rêvaient, se représentaient eux-mêmes les jardins qui les entouraient. Autant que l'archéologie, qui permet de reconstituer l'ossature de jardins réels mais disparus, le détour fait à travers ces jardins rêvés est le point de départ des tentatives de faire revivre les jardins médiévaux dans leur dimension symbolique et artistique, comme la création du jardin du Musée national du Moyen Âge à l'hôtel de Cluny à Paris. A la recherche de ces jardins perdus, deux itinéraires, du côté de chez les autistes et du côté des auteurs, orientent une promenade à travers les images et les mots, où les médiévistes, les amateurs de jardins, les flâneurs pourront reconnaître les sources de leur intérêt et les chemins qui les mènent aux jardins de leurs musées intérieurs.
Etape cruciale dans la genèse de l'oeuvre de Giono, les trois romans de la trilogie de Pan : Colline, Un de Baumugnes et Regain, séduisent le lecteur par leur lyrisme sensuel, la sobriété savoureuse et la maîtrise du récit. C'est d'abord l'emprise des forces cosmiques, le déploiement souverain des puissances élémentaires qui fascinent à l'évidence Giono qui proclamera plus tard son projet de chanter " le rythme mouvant et le désordre ". Au risque de la dispersion et de l'éclatement, les personnages opposent une tentative toujours précaire de structuration de l'espace : cheminements, concentrations autour de foyers qui représentent la bonne insularité. Dans ces trois romans fondateurs, Giono construit ainsi un imaginaire où l'homme est étroitement dépendant d'une nature à la fois magnifiée, dramatisée, et animée par un afflux panique de vie. Comment ne pas voir dans cette oeuvre, bien plus que la nostalgie d'un monde rural menacé de disparition, une mise en scène très actuelle du lien étroit, consubstantiel et nourricier qui associe l'homme et le monde ? Cet ouvrage analyse la singularité de l'imaginaire de cette trilogie du point de vue des éléments et de l'espace.
Le statut de plus en plus complexe des didascalies dans le théâtre contemporain rend difficiles la définition et la délimitation de ces unités textuelles longtemps considérées comme secondaires par rapport aux dialogues. D'où l'intérêt de s'interroger en termes linguistiques sur leurs fonctions et sur leur fonctionnement selon qu'elles appartiennent à un état passé ou présent de la production dramatique. Après une mise au point sur la nature, les formes et les fonctions des didascalies, on s'interroge sur la voix qui s'exprime à travers elles. Est-ce celle de l'auteur de la pièce ou relève-t-elle d'un narrateur, le didascale, interne à la fiction ? On étudie ensuite différentes classes de didascalies : les didascalies spatio-temporelles dont la fonction majeure est de préciser le contexte et le cadre dans lesquels se déroulent les interactions entre les personnages ; les didascalies gestuelles qui permettent d'inférer les identités, les qualités, les états affectifs des personnages, éclairant ainsi le sens de leurs relations et de leurs interactions. La deuxième moitié de l'ouvrage s'attache à rendre compte du style didascalique de Bernard-Marie Koltès puis analyse les relations syntagmatiques entre les différentes classes de didascalies présentes dans En attendant Godot de Beckett. Traitant à la fois de poétique et de stylistique, l'ouvrage s'adresse tant aux linguistes qu'aux littéraires.