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Je parle aux fétiches
Bouret Philippe ; Pierrat Emmanuel
RUMEUR LIBRE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782355772672
Sans jamais lâcher la robe de l'avocat, Emmanuel Pierrat nous parle des sept vies qu'il mène à chaque instant du jour et de la nuit. De la plaidoirie à ses échanges nocturnes avec des fétiches, on songe au Cicéron, l'auteur De la divination. MEME SOUS LA ROBE DE L'AVOCAT, Emmanuel Pierrat vit constamment avec la parole. De la plaidoirie au palais de justice, jusqu'au moment d'intimité avec son client, à huis clos dans son bureau, l'autre est son semblable parce qu'il parle. Lorsqu'il écrit il parle, il écrit et en même temps il improvise, il est dans la théâtralité. Lorsqu'il se couche, au lieu de parler au miroir de la salle de bain, il parle à des masques, à des statues, à des objets. Il parle aux fétiches et les fétiches le font parler. Il aime dire d'un seul coup à haute voix ce qui peut être très intime. Au moment où il parle au fétiche, le fétiche s'humanise, il se produit quelque chose de l'ordre de la faille, de la fêlure, de quelque chose qui met en danger ses propres raisonnements. Il sait à quel point les mots peuvent être violents, il les utilise pour accuser, pour défendre, pour jouer des vies. Troublé de l'éveil, collectionneur de fétiches, bibliophage d'ouvrages licencieux et rares, auteur de romans érotiques, avocat au barreau de Paris, il y a en Emmanuel Pierrat du Cicéron, brillant orateur, avocat, homme d'état qui à la fin de sa vie nous lègue son oeuvre majeure, De la divination, il y a dans Emmanuel Pierrat du Apulée, l'orfèvre de la langue latine, l'auteur des Métamorphoses et du discours De la Magie tenu devant le tribunal où il est accusé de sorcellerie. Emmanuel Pierrat porte la voix, la sienne, celles des accusés, des absents, des fétiches, des sans voix. "Vous laissez l'homme dans ses pulsions, c'est la cata, dit-il, parce que l'homme n'a qu'une envie, tuer et violer son voisin". Alors il prend avec lui une partie de la charge et du fardeau d'un sujet, advocatum, il porte la voix de l'autre. Sous la robe de l'avocat, il y a l'homme qui traque, jour et nuit, les lieux où la voix vient à manquer. Le jour, comme ces témoins muets que sont les pièces à convictions, dans un procès criminel, devant une cour d'Assises, rangées dans une vitrine, ou les objets exposés dans une vitrine du Musée de Dakar qui l'ont plongé dans une sorte d'état de grâce, d'où il en est sorti fervent collectionneur d'art africain. Quand Philippe Bouret lui demande quel est son rapport à la psychanalyse, Emmanuel Pierrat répond : "Je me tiens à une certaine distance de la psychanalyse, dans la mesure où les réponses viendraient éclairer ma fringale de fétiches, ou répondre à mon refus du vide, où elle viendrait expliquer le mécanisme de mes accumulations, mon rythme de vie sans fin, et cent mille autres choses qui font partie de mon moteur et sont mes carburants essentiels, j'ai très peur en fait que la psychanalyse ne me dise. ". . Il a vécu en Inde où on croit à la réincarnation et à la possibilité de vivre sept vies, lui qui est athée, il a décidé de mener sept vies dans une vie, il est Shiva Nataraja dansant avec ses multiples bras, qui combat, dirige, danse, qui fait de l'art africain, de la franc-maçonnerie, du cabinet d'avocat, du Palais de justice, des livres, des voyages, des débats télévisés, des chroniques hebdomadaires, du Musée du barreau de Paris, du Musée du Quai Branly, qui donne des interviews et tout cela en même temps.
Ce dialogue entre le poète compagnon, Flamand-ciseau du souffle, et le psychanalyste Philippe Bouret reste un des témoignages les plus pertinents sur le sens de la parole de notre siècle. Werner Lambersy écrit des poèmes qui surgissent la nuit sur le plafond de sa chambre. Ils tombent un à un dans sa bouche ouverte comme une douche glacée. Le poète qui n'a pas crié en venant au monde, maintenant fait crier ce monde pour l'inviter à naître. Le poète va se souvenir de ses naissances et de ses résurrections. Enfant de la guerre, il devient dans un renversement, un enfant de l'amour, et des mots qui traversent l'amour. Le poème est encore cette langue arrachée à ce père SS qui fait confectionner pour son enfant de trois ans un costume d'officier en papier crépon et croix gammée. Philippe Bouret interroge, depuis le lit debout et réveillé de la psychanalyse, le squelette et la chair métaphysique d'un poète essentiel de notre temps.
Bouret Philippe ; Clément Elise ; Lacadée Philippe
Résumé : Dans le sillage du psychanalyste Philippe Bouret, et avec la complicité d?Elise Clément, des entretiens exceptionnels et inédits, conduits dans le cadre enchanteur de la Foire du livre de Brive. Autant de rencontres avec des intellectuels, des artistes, des figures incontournables de la plume, de la pellicule et des arts, tous témoins et acteurs engagés de la vie culturelle. Un livre passionnant d?entretiens, pour s?immerger au coeur de la création littéraire et artistique.
Dèsl'enfance, quand je vois ma soeur danser, je me rends compte que quelque chose est en cours, que ça s'imprime quelque part en moi, du côté non pas du danseur, mais du chorégraphe". Tout au long des dialogues avec Philippe Bouret, Hervé Koubi déplie ce qu'il en est pour lui d'être chorégraphe. Ainsi "être chorégraphe c'est créer une vague sur laquelle surfent les danseurs. C'est une métaphore que j'aime particulièrement. La vague, c'est ce qui est écrit. La vague je ne la change pas. Elle se traduit, elle peut s'échouer, voire se fracasser, mais elle a une force précise, voulue, une forme et mes danseurs font avec elle. Mon rôle est de créer des vagues et de permettre à chaque danseur d'inventer à partir de ces vagues une forme de liberté". Hervé Koubi développe également la conception qu'il se fait de l'ensemble, du choeur quand il construit une pièce. "Il y a dans un ensemble une force incroyable. Ce peuvent être des oiseaux, des hommes et des femmes ou bien un champ de blé soufflé, au mois de mai. Voilà ce qui me touche profondément. Etre ensemble, quels que soient les sexes. J'ai toujours eu des équipes avec beaucoup de danseurs et ce qui ressort de cette constante, c'est toujours l'idée d'ensemble qui se tient au corps, l'idée du groupe, l'idée du choeur dansant".
Trois hommes. Un Frère franciscain et deux psychanalystes. Ils sont assis autour d'une table. La table est près d'une bibliothèque. La bibliothèque est dans un Couvent. Le Couvent se dresse près de la grotte où Saint-Antoine de Padoue séjourna dès 1226. Au début, il ne se connaissent pas. Pourtant, ils ont décidé de dialoguer ensemble. Ils se sont donné rendez-vous ici, autour de la table. Ils se sont donné rendez-vous ici, dans le Couvent. Ils se rencontreront trois fois plus une, mais ça, ils ne le savent pas encore. Dans le même lieu. Autour de la même table. Dans le même Couvent. Près de la même grotte. Ils sont silencieux. Aucun bruit ne filtre du dehors. Ils se regardent. Ils ne disent rien. Ils se regardent, simplement. Et, après un long silence, un des trois hommes prend la parole. Philippe Bouret
En 1954, frappé du verdict sans appel d'inaptitude à la vie religieuse par la Société de Marie qui lui interdit de renouveler ses voeux, Marius Alliod perd sa raison d'être en ce monde. À l'âge de 24 ans, il se voit exilé dans une forteresse de silence, bien loin de l'espace enchanté où son coeur s'était enflammé. C'est près de cinquante ans plus tard qu'il entreprend cette correspondance fictive avec son directeur spirituel d'autrefois, ce "Père" auprès de qui il dépose sa plainte tragique et son indignation. Trente lettres demandant raison de cette exclusion sans parole, sans confrontation avec ses juges ; éprouvés posthumes devenus pures réminiscences d'un chagrin si puissant qu'il le laissa dans la stupeur du deuil de son désir et la honte angoissée d'avoir failli à son devoir d'amour. Chaque lettre verse le flot furieux de prières et de plaidoyers malheureux destinés à briser cette chape de silence et affronter une hiérarchie coupable d'avoir usurpé le pouvoir de valider l'appel de Dieu ! C'est une âme qui se sonde jusqu'à l'épuisement de toute raison, qui entend la détresse d'une enfance captive de la souffrance d'une mère abîmée en un puits sans fond de mélancolie. Au lendemain de son renvoi, elle lui adressera les dernières lignes écrites de sa main : lamentation sans espoir devant la perte de sa vocation, mais aussi cri ultime d'amour auquel répondent peut-être toutes ces lettres, insistantes et belles dans la pureté d'une langue tendue jusqu'à se rompre, modulant tour à tour au sein de l'ample bercement de la rhétorique ce tremblement intérieur d'une poésie du coeur et la violence éruptive d'une voix qui cherche encore ce lieu où s'éprouve la présence du maître de la Parole.
Une nouvelle république populaire affronte la vieille République Parlementaire dans une guerre de Sécession entre le Sud et le Nord de l'Italie. Le personnage principal, Vanni, reporter de guerre, nous fait découvrir un Sud aux prises avec une Unité Italienne qui n'en finit pas de sombrer. Un conflit avec des vraies armées, des maquisards qui se disputent le poumon écologique de la botte, des villes présidées par des conseils révolutionnaires, des communes agricoles emblèmes de la nouvelle économie, des camps de rééducation, des fanatiques, des apparatchiks, des exécutions publiques. Sans concessions avec lui-même, Vanni cède à toutes les dérives de son périple, sans jamais lâcher la plume, sous le soleil d'un Sud qui a éclairé toutes les tragédies historiques et aussitôt séché leur sang. Chaque palier du conflit fratricide est soumis à l'épreuve de l'amour qui traverse ce livre de part en part. Ce roman a été écrit au milieu des années 70, dans la tourmente qui a emporté le rêve révolutionnaire du grand Parti Communiste Italien et le décor mental hérité d'Octobre 1917. Andrea Genovese revisite les conséquences du " tournant historique ", avec une lucidité que l'histoire récente de l'Italie n'a cessé de confirmer, jusqu'à la naissance des mouvements qui prônent l'indépendance de la Sicile, face aux Ligues du Nord. Croissant de lune faucon et marteau est une entreprise de déconstruction de l'Italie contemporaine menée avec les meilleures armes littéraires : le néo-réalisme, la culture classique et le baroque aux accents inimitables. Il inaugure une oeuvre narrative de grande ampleur qui s'attache à écrire l'histoire d'un peuple jusqu'ici privé de lettre. L'énergie des chocs culturels, l'humour et la tendresse se retrouvent dans ce premier roman publié en 1983.