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Ligne de fond
Lambersy Werner ; Bouret Philippe
RUMEUR LIBRE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782355771842
Ce dialogue entre le poète compagnon, Flamand-ciseau du souffle, et le psychanalyste Philippe Bouret reste un des témoignages les plus pertinents sur le sens de la parole de notre siècle. Werner Lambersy écrit des poèmes qui surgissent la nuit sur le plafond de sa chambre. Ils tombent un à un dans sa bouche ouverte comme une douche glacée. Le poète qui n'a pas crié en venant au monde, maintenant fait crier ce monde pour l'inviter à naître. Le poète va se souvenir de ses naissances et de ses résurrections. Enfant de la guerre, il devient dans un renversement, un enfant de l'amour, et des mots qui traversent l'amour. Le poème est encore cette langue arrachée à ce père SS qui fait confectionner pour son enfant de trois ans un costume d'officier en papier crépon et croix gammée. Philippe Bouret interroge, depuis le lit debout et réveillé de la psychanalyse, le squelette et la chair métaphysique d'un poète essentiel de notre temps.
Résumé : Lire ou écrire un poème, c'est s'absenter des masques de soi, retourner au premier cri du premier souffle qui nous jeta, déchirés, des forges de la galaxie ici sur cette terre et retrouver l'éternel instant de l'éternel début ; c'est encore l'autre, l'autrement, l'inentendu des mots... comme on laisse, dans une chaise longue, sur les plages de l'espace et face à l'océan du temps, le chapeau de paille de notre vie et le nez de clown de nos destins. Lire, c'est dresser l'inventaire des invendus de la création, se convaincre que l'éternité n'est qu'un battement de cils de l'instant, avant la dispersion des collections de nos cinq sens, dans les ventes publiques de l'âme et sous les enchères de l'oubli. Est-ce à ce point dérisoire de tenter l'écoute d'un poème qu'il faille y voir uniquement le don d'une enfance attardée ou la recherche folle du génome humain de l'amour ? W.L.
Résumé : " Alexandre Vialatte, à propos de certaines chapelles parisiennes, parlait de littérature tribale. Dans le pré carré francophone de Belgique, les poètes, depuis De Coster jusqu'à nos jours, ont mis leur point d'honneur et poussé leur génie à ne ressembler à personne - c'est bien le moins - mais encore à n'être pas réductibles aux modes proposées, ni même assemblables entre eux ou alors si peu ! Ce qui pour une anthologie relève du paradoxe, mais sauvegarde le côté inventif, rebelle, souvent drôle et décalé, de cet improbable mais surprenant pays d'irréguliers et d'individualistes. De Verhaeren à Michaux, d'Elskamp à Carême, de Pirotte à Chavée, ce sont des réalistes qui ont une sainte horreur de la réalité, des mystiques matérialistes, des lyriques contrôlés par une solennelle méfiance, un solide mépris de l'absolu comme vulgarité de l'esprit. Dans ces conditions, rien de ce qui touche à cette province de l'universel ne devrait vous rester étranger, car une partie bien vivante, et importante, de la voix du poème y a trouvé sa note juste et sans doute la plus personnelle. " W. L.
Le nouveau recueil du prix Mallarmé 2015Le nouveau recueil du Prix Mallarmé 2015 pour La Perte du temps (Le Castor Astral). Ici, le dire poétique s'inscrit naturellement dans l'humilité du quotidien et l'évidence du vécu. Il est l'outil millénaire de l'homme pour se rendre plus proche de lui même, de l'autre et du monde.Michot, Mallarmé, Pierrette Micheloud, Académie Royale de Bruxelles, Académie Française en poésie et Grand Prix de poésie de la SGDL.
En 1954, frappé du verdict sans appel d'inaptitude à la vie religieuse par la Société de Marie qui lui interdit de renouveler ses voeux, Marius Alliod perd sa raison d'être en ce monde. À l'âge de 24 ans, il se voit exilé dans une forteresse de silence, bien loin de l'espace enchanté où son coeur s'était enflammé. C'est près de cinquante ans plus tard qu'il entreprend cette correspondance fictive avec son directeur spirituel d'autrefois, ce "Père" auprès de qui il dépose sa plainte tragique et son indignation. Trente lettres demandant raison de cette exclusion sans parole, sans confrontation avec ses juges ; éprouvés posthumes devenus pures réminiscences d'un chagrin si puissant qu'il le laissa dans la stupeur du deuil de son désir et la honte angoissée d'avoir failli à son devoir d'amour. Chaque lettre verse le flot furieux de prières et de plaidoyers malheureux destinés à briser cette chape de silence et affronter une hiérarchie coupable d'avoir usurpé le pouvoir de valider l'appel de Dieu ! C'est une âme qui se sonde jusqu'à l'épuisement de toute raison, qui entend la détresse d'une enfance captive de la souffrance d'une mère abîmée en un puits sans fond de mélancolie. Au lendemain de son renvoi, elle lui adressera les dernières lignes écrites de sa main : lamentation sans espoir devant la perte de sa vocation, mais aussi cri ultime d'amour auquel répondent peut-être toutes ces lettres, insistantes et belles dans la pureté d'une langue tendue jusqu'à se rompre, modulant tour à tour au sein de l'ample bercement de la rhétorique ce tremblement intérieur d'une poésie du coeur et la violence éruptive d'une voix qui cherche encore ce lieu où s'éprouve la présence du maître de la Parole.