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Le christianisme et la question théologico-politique
Bourdin Bernard ; Capelle-Dumont Philippe
CERF
44,00 €
Épuisé
EAN :9782204106085
Le problème théologico-politique, que l'on pensait résolu depuis le siècle des Lumières, la Révolution française et la laïcité, revient aujourd'hui avec force dans l'actualité. Une des raisons est la mondialisation des religions. Elles n'évoluent plus uniquement sur leurs espaces historiques traditionnels, mais dans des espaces à forte immigration. L'Europe se trouve être au centre de cette transformation de l'espace. Il en résulte, par voie de conséquence, un défi nouveau, celui du rapport de ce continent à son histoire. D'où la réactivation du problème théologico-politique et des multiples débats en cours sur la laïcité. Par rapport à ces défis, l'Europe doit réinterroger la relation du spirituel et du temporel telle que l'avait formulé le christianisme. C'est à la lumière de cette investigation qui s'étend du Moyen Age tardif au XXe siècle que ce livre posera les conditions de possibilités d'un nouveau rapport entre le christianisme et la sphère politique démocratique.
Ne faut-il pas que Dieu soit "décoïncidence", c'est-à-dire décoïncide de toute nature ou codification de Dieu, pour que Dieu s'active et se promeuve en Dieu ? Et n'est-ce pas où peuvent se croiser hébraïsme, catholicisme et protestantisme quand ils dés-adhèrent de leur attachement coïncidant, enlisé, avec eux-mêmes, et cela sans forcer quelque oecuménisme ? A travers le prisme de la décoïncidence, Bernard Bourdin éclaire ici d'un nouveau jour la pensée théologico-politique. Un penseur juif – Pierre Abraham – et trois théologiens protestants – Pierre Benoît, Elian Cuvillier et Rudi Popp – ré- interrogent de façon féconde la puissance de leur tradition religieuse. Jean-Pierre Bompied, Alain Douchevsky et Benoît Mathot apportent également un éclairage philosophique décisif sur les fils tirés par François Jullien pour interroger "Dieu". Dans un monde devenu si indifférent à l'idée de Dieu, autant de chemins de rencontre qui, dans la tolérance, redonnent à "Dieu" de la saillance.
Bourdin Bernard ; Daguet-Gagey Anne ; Piettre Paul
Comment faire monde commun ? Comment rechercher aussi le Bien commun ou la conservation collective de la vie sans rien renier de la pluralité humaine ? Cet ouvrage interdisciplinaire se donne pour ambition de renouveler le concept de République, depuis le moment romain, en explorant les notions de citoyenneté, de souveraineté, de représentation, de consentement et le rôle que le christianisme y a joué. Fruit de quatre années de recherches pluridisciplinaires, ce volume constitue les actes du colloque organisé par les membres du Groupe Religions, Eglise et Politique (GREPO) à l'Institut Catholique de Paris. Pour réaliser ce travail d'investigation sur les continuités et les ruptures qui traversent la signification et la mise en oeuvre de la Res publica, plusieurs concepts ont été mis à l'épreuve de la contextualité historique et des enjeux liés à leur définition normative. Quatre thématiques ont été retenues : Espace public ou ordre public ? Souveraineté : représentation ou délibération ? Consentement ou défiance ? Citoyen-croyant : quelle place dans la démocratie ? L'actualité de ces questions est mise en lumière par la conférence de Stéphane Rozès, qui restitue les grands traits de son ouvrage publié en dialogue avec Arnaud Benedetti, Chaos. Essai sur les imaginaires des peuples (Editions du Cerf, 2022).
Résumé : Y a-t-il incompatibilité entre la loi de Dieu et la loi de la République ? Non répond l'auteur ; les deux lois ne sont pas du même ordre et les Chrétiens sont à même d'être non seulement des citoyens de plein exercice, mais les moteurs d'une démocratie renouvelée. Le chrétien apporte une plus-value à la vie démocratique. Pour en faire la démonstration l'auteur commence par un diagnostic sur la situation actuelle de la démocratie et son rapport aux religions. Puis il en vient aux difficultés du christianisme à se faire entendre dans ce monde démocratique. Dans cet ouvrage Bernard Bourdin développe de nombreux thèmes, historiques et contemporains : l'autorité et le pouvoir, la légitimité, le bien commun, la nation, la représentation politique, le dialogue des civilisations et pour conclure l'urgence écologique. Or, par rapport à ces questions, il montre que la foi du-chrétien est une ressource civique. Car l'originalité chrétienne est de ne pas réduire la vie politique. D'où sa mise en avant de la notion clé, la dé-coïncidence. Tout le défi de la démocratie est qu'elle ne peut jamais faire coïncider la vie politique avec le droit, comme elle ne peut jamais faire coïncider les exigences de la politique et de la religion. L'originalité de la responsabilité civique ne réside dans aucune norme préétablie juridique ou religieuse, mais dans la délibération publique. La démocratie est par conséquent la preuve de l'inachèvement de la vie terrestre. Elle ne coïncidera jamais avec le Royaume de Dieu.
Lorsque Peterson prend position contre le nazisme en 1933, son itinéraire spirituel et intellectuel l'avait déjà préparé à s'opposer à la politisation de la foi chrétienne: attaché à une conception visible de l'Eglise, il quitte le protestantisme pour devenir catholique en 1930. De plus, sa conception de la théologie le conduit à récuser toute compromission avec le « nationalisme chrétien », qu'il soit luthérien ou catholique. L'on comprendra ainsi que, s'appuyant sur les doctrines de la Trinité et de l'eschatologie, une théologie politique ne peut être légitimée. Mais pour originaux qu'ils soient, les arguments de Peterson, notamment ceux développés dans Le Monothéisme : un problème poli-tique, sont peu connus du public français. Par ailleurs, s'ils ont suscité un intérêt réel chez de nombreux théologiens, ils ont aussi été l'objet de controverses, en particulier avec le juriste et politiste Carl Schmitt. Sur le plan scientifique, la reconnaissance de son oeuvre n'en a pas moins suscité des discussions sous l'angle de l'argumentation historique. Bénéficiant de la distance nécessaire acquise par l'actualisation de la recherche dans les sciences religieuses, l'histoire du christianisme et la philosophie politique, les présentes contributions pluridisciplinaires visent à mettre en valeur tant les enjeux fondamentaux que les limites de l'approche par Peterson du rapport du christianisme avec la sphère politique.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin