Ma terre natale, qui porte le nom, sacré pour moi, de Livny, est une petite ville de la province d'Orel, située sur le plateau qui borde la rivière Soma. Il me semble que si je pouvais la voir maintenant, j'en mourrais, accablé de bonheur. Elle ne se pare d'aucune beauté ; bien plus, elle est enclose dans un environnement fait de laideur et de grisaille ; plus que modestement vêtue, elle est pauvre et même assez sale. Et pourtant, elle possède ce dont n'est dépourvue presque aucune terre de notre Russie centrale : la beauté de l'été et de l'hiver, du printemps et de l'automne, des couchers et des levers de soleil, de la rivière et des arbres. Mais tout cela est si paisible, si simple, si modeste ? on le remarque à peine ?, si beau dans son immobilité ! Ce que j'ai le plus aimé et honoré dans ma vie, la vérité et la modestie empreintes de grandeur et de discrétion, l'éminente beauté et la noblesse de l'intégrité, tout cela m'a été donné à travers la perception de ma terre natale Pleine de Douceur et de Tendresse, comme l'est une mère." Traçant d'une plume mélancolique les grands moments de sa vie, le père Boulgakov livre un témoignage unique sur ce que fut la grande catastrophe communiste pour de nombreux intellectuels expulsés de Russie. Les textes autobiographiques sont ici complétés par un extrait de la correspondance du père Serge révélant un homme accablé par son destin personnel ainsi que par celui de sa terre natale, mais aussi rempli de foi en la Sophia, la Sagesse de Dieu.
Dans le tissu d'or des hymnes de la Semaine sainte, un fil vient troubler le regard, une douloureuse dissonance fait irruption dans leurs harmonies célestes : l'image de l'apôtre félon. Nous en sommes comme malades pendant ces jours saints. Et l'Eglise ne ménage pas notre sensibilité, en accordant à Judas une place et une attention telles qu'il apparaît comme un des personnages centraux du mystère de la Passion, semblant même occulter les autres apôtres par son opposition au Christ. Judas, "serviteur et fourbe", n'est dans la poésie liturgique qu'un simple avare ayant vendu son Maître pour de l'argent." C'est avec ces mots que le père Serge Boulgakov, l'un des plus éminents théologiens du XXe siècle, débute sa réflexion à propos de la plus terrible trahison de l'Histoire. Mais, comme le note Nikita Struve dans sa préface, "on voit que Boulgakov se refuse à une condamnation sans rémission de Judas. Dans son repentir et dans sa mort volontaire, il voit un acte sacrificiel : seul de tous les apôtres qui se disaient pourtant prêts à mourir avec le Christ, Judas, par le détour de la trahison, n'a pas survécu à la mort du Christ. Et d'envisager une rencontre de Judas avec le Christ dans l'au-delà qui serait "non une éternelle réprobation, mais le triomphe de l'amour"."
Berdiaev Nicolas ; Boulgakov Serge ; Frank Simon ;
La publication en mars 1909 du recueil d'articles Vekhi -Jalons - fit l'effet d'une bombe en Russie. Vekhi devint immédiatement un best-seller. L'initiative du recueil revenait à l'historien de la littérature Mikhail Guershenzon qui, à dessein, n'avait montré à aucun des auteurs les articles des six autres contributeurs avant la publication. La presse progressiste se déchaîna contre les sept signataires. Bien que Pavel Milioukov, le chef du parti constitutionnel démocrate, eût donné une série de conférences dans lesquelles il se démarquait des thèses de Vekhi, Lénine se frottait les mains: enfin les libéraux russes, ces "renégats", avaient jeté le masque et révélé au grand jour leur nature profondément réactionnaire. L'opinion était choquée par le propos de l'ouvrage, mais surtout par les noms figurant sous les articles iconoclastes. En effet, les auteurs de Vekhi avaient été des personnalités en vue de l'intelligentsia radicale dont le procès était fait tout au long des pages de ce brûlot. En 1918, les mêmes auteurs dénonceront vigoureusement le bolchevisme dans un recueil intitulé De profundis, qui paraîtra en 1921. Ils seront expulsés par Lénine en 1922 ou partiront en exil. Jamais encore traduits en français, les articles de Jalons exposent, sous les plumes russes les plus prestigieuses, cette thèse éclatante: la révolution a été l'enfant de l'intelligentsia et, en même temps, son miroir implacable.
Résumé : Le maître est un écrivain raté (il a jeté son manuscrit au feu), qui devra son salut à une femme : pour lui, Marguerite signera un pacte avec le Diable. Comme son héros, Boulgakov fut victime de la censure, connut la misère, fut sauvé par sa femme. Dans son "grand roman" (rédigé de 1929 à sa mort en 1940), il superpose à une nouvelle version de l'histoire de Faust une réécriture des Evangiles, autour de Ponce Pilate, et une désopilante satire du Moscou stalinien, en unissant conte fantastique et amour fou.
Résumé : La Révélation de Jean est le couronnement de l'oeuvre du père Serge Boulgakov, "le plus grand théologien orthodoxe depuis saint Grégoire Palamas" selon Constantin Andronikof, ancien doyen de l'Institut saint Serge à Paris. Il s'agit d'un décryptage à la fois traditionnel et original du dernier livre de la Bible. Rédigé pendant la seconde guerre mondiale, il est pour la première fois accessible en langue française grâce à la traduction d'Anne Kichilov. Le père Serge Boulgakov prend au sérieux la vision de l'apôtre Jean de l'avènement dans l'histoire d'un règne du Christ sur la terre pendant mille ans. Cet horizon est devant nous selon Boulgakov. Toute la philosophie de l'histoire et la théologie du politique du christianisme en dépend. L'ouvrage est précédé d'une préface d'Antoine Arjakovsky, directeur de recherche au Collège des Bernardins et auteur d'un Essai sur le père Serge Boulgakov, philosophe et théologien chrétien (Parole et Silence, 2006).
Par une nuit d'hiver, sur une côte sauvage du Lac Baïkal, Michka tente d'échapper à ses poursuivants. Son peuple est celui des Evenks, de l'antique famille sibérienne des Toungouses. Le jeune fugitif a été élevé à L'école de la taïga par la chamane Rata, sa grand-mère, qui incarne La sagesse de la communion avec la nature, sait parler aux animaux et lire la forêt comme un livre... Bientôt, Michka est rattrapé. Et pourtant sa cavale ne s'arrête pas là. Le Toungouse entame en effet une quête de ses origines qui, d'une spirale à l'autre, dans un mélange poétique de souvenirs, de songes et d'action, le ramène invariablement à l'univers baïkalien. Véritable déclaration d'amour au lac Baïkal et à sa nature envoûtante, Le Cantique du Toungouse est aussi une fable écologique et poétique qui nourrit La pensée en plongeant le lecteur dans une ambiance magique.
Roman d?aventures dans la plus pure tradition, Le Maître d?armes est une plongée dans les mystères de la Russie de 1825, dans la démesure souveraine de sa nature, dans les passions qui tourmentent sa vie politique et bouleversent son histoire. Dumas y met tout son amour pour ce pays qui le fascine et qu?il s?efforce de comprendre. Le Maître d?armes dévoile une facette surprenante et non moins délectable de son talent de conteur et d?écrivain voyageur.4e de couverture : Roman d?aventures dans la plus pure tradition, Le Maître d?armes est une plongée dans les mystères de la Russie de 1825, dans la démesure souveraine de sa nature, dans les passions qui tourmentent sa vie politique et bouleversent son histoire. Dumas y met tout son amour pour ce pays qui le fascine et qu?il s?efforce de comprendre. Le Maître d?armes dévoile une facette surprenante et non moins délectable de son talent de conteur et d?écrivain voyageur.
Chiriaev Boris ; Kichilov Anne ; Lepekhine Mikhaïl
Biographie de l'auteur Boris Nikolaïevitch Chiriaev est né en 1889 à Moscou dans une famille aisée. Après avoir poursuivi des études de lettres à Moscou et en Allemagne, il s'inscrit à l Académie militaire. Arrêté et condamné à mort en 1918 pour avoir tenté de quitter la Russie, il réussit à s'évader. Condamné une nouvelle fois à la peine capitale, il sera finalement déporté aux Solovki en 1923 où il restera pendant sept ans. Envoyé ensuite en relégation à Tachkent, puis à Statvropol, il quitte l'URSS en 1944 pour l'Allemagne, puis l'Italie où il meurt en 1959.
Pendant l'été 1812, Napoléon, le maître de l'Europe, envahit laRussie avec la plus grande armée jamais vue, convaincu qu'ilallait tout balayer devant lui. Mais, moins de deux ans plustard, son empire s'était effondré, et la Russie avait triomphé.Cet ouvrage est le premier à analyser en profondeur le rôlecrucial joué par la Russie dans les guerres napoléoniennes, enfaisant revivre avec une maîtrise sans précédent le combatentre les deux empires. Exhumant le gisement inexploité desarchives militaires russes, il vient contrecarrer, par le biaisd'une démarche scientifique rigoureuse et de documentsinédits, les interprétations communément admises d'unehistoire qui s'était arrêtée à Borodino. Dominic Lieven revientlonguement sur la stratégie militaire, mettant à mal la thèse del'impréparation et de l'improvisation du commandement russe.Il analyse les préparatifs de guerre, les différents plans d'actionélaborés par les généraux, la conception d'une retraitedéfensive. L'étude des relations diplomatiques dévoile lesmanoeuvres politiques et les tentatives d'alliance entre lesdifférents pays impliqués. Enfin, Dominic Lieven ne négligepas la dimension psychologique des grands personnages quiont fait cette histoire. Il nous livre dans leur épaisseur desportraits vivants des généraux Koutouzov, Barclay de Tolly,Bagration ou Tormassov, et s'interroge longuement surl'intelligence et la complexité du tsar Alexandre Ier. Il émergede cette recherche une fresque monumentale à la foispalpitante et d'un réalisme extrême, le tout servi par un souffleépique qui réconciliera les historiens les plus exigeants avecles amateurs passionnés d'histoire napoléonienne.