Que peut (encore) la littérature - à l'heure des répétitions catastrophiques de l'histoire génocidaire, de la crise du crédit démocratique et de la menace polymorphe des fascismes renaissants ? Reposer cette vieille question, c'est ne pas tout à fait se satisfaire des réponses multiples qui lui ont été apportées (plaire, émouvoir, enseigner ; définir des modalités alternatives de sensation, de pensée et de morale ; fabriquer des mondes possibles ; exercer un partage démocratique des régimes de sensibilité ; dire ce qui ne peut se dire autrement...). C'est relancer le mouvement même de la littérature - par le doute qu'elle entretient sur sa propre puissance, et la conscience qu'elle ne relève jamais vraiment d'un régime d'exception dans la culture. L'ouvrage examine les usages et la pertinence du vocabulaire du pouvoir, de la puissance et de la force, dans le cadre de l'analyse, de l'interprétation et de la théorisation de la littérature.
Depuis sa Révélation dans l'église initiale du village, la Dame accompagne depuis des siècles la vie de tous ses sujets. De l'implantation chrétienne primitive à l'arrivée des réformés, en passant par la Première Guerre mondiale, cette paisible présence a vu défiler devant ses yeux les événements historiques majeurs. Et la Dame, aujourd'hui oubliée, continue à observer et à restituer les histoires de toutes ces femmes et de tous ces hommes rochelais qui ont vécu les périodes les plus marquantes de notre histoire française.
Résumé : Le Parti communiste français fut un éditeur prolixe. Cette facette d'une des forces politiques majeures de la France des années 1930 aux années 1980, est largement méconnue. Son activité - 14 maisons d'édition, 2 entreprises de diffusion, un réseau de librairies et un catalogue riche de plus de 3 700 titres au début des années 1970 - est exceptionnelle dans l'histoire de l'édition française contemporaine. Initialement dévouées à l'agit-prop et aux manuels de formation pour les militants communistes, ces structures éditoriales se sont transformées peu à peu en " maisons d'édition " - Librairie de l'Humanité, Bureau d'Éditions, Éditions sociales internationales, Hier et Aujourd'hui, Bibliothèque française, Liberté, France d'Abord, Cercle d'art, Éditeurs français réunis, La Farandole..., proposant essais, romans, livres pour enfant, livres d'art, accompagnant le PCF dans sa mutation en parti de masse. Mais ces évolutions ne sont pas toutes couronnées de réussite et l'attitude du PCF à l'égard de la lecture est longtemps ambivalente. De surcroît, le marché français du livre est loin d'être bienveillant à l'égard de ces maisons d'édition originales... À partir de nombreuses sources variées et inédites, ce livre permet de redécouvrir une culture politique majeure, protéiforme, diffusée par un média rarement utilisé à cette échelle par des partis politiques, le livre.
Résumé : Riche de l'émergence d'un savoir nouveau et interdisciplinaire des affects. ce volume vise à réfléchir aux mécanismes complexes de l'immersion fictionnelle et du transfert affectif, aux processus de mise en commun collective des émotions individuelles, ou encore aux interactions entre l'ordre esthétique et poétique. d'une part. et la logique des émotions, de I'autre. Car il est impossible de penser la réception, les genres, les valeurs et l'idée même de littérature sans s'intéresser à l'histoire des sensibilités et de leurs manifestations sociales. Existe-t-il des émotions propres à l'expérience littéraire? Comment penser l'émotion fictionnelle, ses limites et ses débordements? Comment prendre en compte la puissance d'affection des savoirs produits ou des exemples instanciés par la littérature? Ce sont les questions auxquelles se proposent de répondre, à partir de prémisses et sur des objets divers. les douze articles de ce volume.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.