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La nuit, in extremis
Bouhier Odile
PRESSES CITE
19,50 €
Épuisé
EAN :9782258100060
1er août 1915, FontenoyAnesthésié par les coups du soleil qui, toute la journée, avaient boxé la vallée de l'Aisne et aplati le relief calcaire, le 96e régiment d'infanterie établit son campement provisoire dans le secteur ouest, l'ombre y étant plus franche. Un an qu'ils avaient quitté les moissons la bouche en coeur et la fleur au fusil, certains d'être de retour pour les vendanges, pourtant il avait bien fallu se rendre à l'évidence: la guerre prenait ses aises, elle était bien la seule.Depuis des semaines, des mois qu'il parcourait à tâtons Champagne et Picardie - ils avançaient et reculaient, obéissant à une ligne de front dont la logique lui restait un mystère -, le soldat Bertail n'en revenait pas de la platitude de cette région de France. Dans huit heures, son bataillon rejoindrait l'enfer des tranchées et Bertail, contrairement à ses camarades, n'avait pas souhaité profiter des mirages qu'offrait Fontenoy, bourgade ravagée par la hargne, engourdie par l'alcool. Aux ricanements des filles de joie promptes à offrir leurs plaisirs écarlates et propager la syphilis, il préférait le calme, l'isolement et la fraîcheur du soir.Il repensa à la dernière lettre qu'il avait envoyée à sa soeur. La censure ne permettrait pas la lecture de ces phrases, pourtant il s'était entêté à conclure sa missive sans détour: «Nous allons tous crever, l'atmosphère n'est plus qu'un ouragan de fer et de feu.»Pour l'heure et à perte de vue, des champs de betteraves s'étendaient comme des tombeaux, or cet océan de verdure grisâtre et boueuse balayé par la brise n'était pas sans rappeler à Bertail la mer et son ressac près desquels il avait grandi et qui lui manquaient tant.Il ferma les yeux, tentant de se figurer les collines de son village du Sud, sa seule patrie en vérité, mais la moiteur de l'air corrompait sa mémoire.Il repéra un talus façonné par la chance et s'assit enfin. Son pantalon de terrassier en velours côtelé bleu horizon le grattait. La suppression de la déplorable toile rouge garance avait quelques désavantages. Il retira son casque Adrian, laissant apparaître une calotte de fer, sorte de «bourguignotte» du Moyen Age remise au goût du jour. La protection de ces «cervelières» était réelle contre les petits éclats et les balles tirées de loin. Il allongea ses jambes fourbues par les longues heures de marche, puis sortit de sa vareuse son précieux carnet, un journal intime dans lequel il dessinait souvenirs, méandres et promesses.Il le feuilleta pour l'ouvrir au croquis du paysage que toute son enfance il avait admiré depuis la fenêtre de sa chambre et, comme à chaque fois, il eut presque envie de s'incliner devant la bonté de Dieu.Il n'en eut pas le loisir, un des siens approchait, confirmant au soldat qu'en temps de guerre la solitude était une imposture. Avec le sentiment d'être réduit à un appeau, il soupira.
« Kolvair poussa un profond soupir, la mine préoccupée. En réalité, il luttait pour ne pas laisser la panique le gagner: la victime avait été retrouvée morte dans la cour intérieure de l?hôtel. Elle n?avait livré à Durieux que de bien minces et trop rares indices. Et encore, Kolvair usait d?hyperbole: en réalité, ils n?avaient rien. La cour pavée avait été lessivée à grande eau, anéantissant les si précieux relevés papillaires. Pour couronner le tout, l?arme du crime restait introuvable. Ils avaient de toute évidence affaire à un professionnel ».Septembre 1920. Firmin Dutard, riche industriel lyonnais, est assassiné dans la cour intérieure du Grand Hôtel à Lyon. Tué à l?arme blanche. Le commissaire Kolvair est chargé de boucler au plus vite cette enquête embarrassante. Au laboratoire scientifique, Durieux supplée tant bien que mal le brillant professeur Salacan, en déplacement à Londres pour un colloque mondial de criminologues. Le jeune assistant est catégorique: selon les mesures du légiste et ses calculs, le meurtrier ne mesure pas plus d?un mètre vingt-huit. Une empreinte accuse un certain Thibaud, né sous X, fiché pour vols dans le dossier anthropométrique de la police judiciaire. Délinquant de onze ans, multirécidiviste: c?est le coupable idéal. Les preuves scientifiques, infaillibles, l?accablent. Pourtant, Kolvair n?est pas satisfait. Malgré les doutes qui subsistent concernant la personnalité fragile de l?accusé, le jeune garçon est envoyé à Mettray. Cette institution pour mineurs délinquants est un bagne pour enfants qui n?avoue pas son nom?
Tokyo. Deux hommes morts empoisonnés par une substance indécelable embarrassent la police japonaise. Paris. Un commandant de la brigade criminelle est chargé d'élucider la mort d'un riche Japonais, lui aussi victime d'un mystérieux produit. Simmeo, commandant au 36 quai des Orfèvres, découvre que ces assassinats ont un lien avec les yakuzas. La brigade criminelle française se retrouve obligée de travailler avec son homologue japonaise - aux méthodes bien différentes - pour coincer celui qui utilise la cuisine moléculaire pour parvenir à ses fins... Entre Paris et Tokyo, une sidérante plongée dans les eaux troubles de la gastronomie, de la science et du crime.
Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d'innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ?" Durée : 4h07.
Présentation de l'éditeur Lyon, novembre 1921. Anthelme Frachont, incarcéré en 1917 à la suite d'une mutinerie, sort de prison. Le commissaire Kolvair semble le seul à guetter sa libération. Celui qui a été son compagnon de tranchée a commis plusieurs crimes en toute impunité. Récidiviste, innocent poilu souffrant d'obusite, schizophrène en guerre contre lui-même : qui est-il ? Seule certitude : Anthelme a tué. Anthelme tuera. La conviction du policier se mue en intime obsession. Des soupçons, mais aucune preuve à avancer : sans cadavre ni scène de crime, Kolvair doit affronter ses pires cauchemars : la guerre qui rend fou, la boue, la nuit. La découverte de l'insuline, le procès de Landru à Versailles, la ville de Lyon menacée par une cellule anarchiste, la première expertise graphologique d'Edmond Locard, New York qui s'invite, l'espoir : cette troisième affaire des premiers experts est une enquête in extremis, un compte à rebours qui a commencé trop tard.
Résumé : L'épopée continue... Ragnvald de More règne désormais sur le comté de Sogn. Les batailles menées au nom du roi Harald de Norvège l'éloignent cependant la plupart du temps de ses terres, ce dont profitent certains de ses proches pour tenter d'affaiblir son pouvoir. Svanhild, sa soeur, mène quant à elle la vie aventureuse dont elle rêvait aux côtés de Solvi, ennemi juré de Ragnvald. Mais cette liberté à un prix. L'ambition sans limites de Solvi le pousse en effet à reprendre la mer, au détriment de la santé de leur fils. Et tandis que la rébellion gronde face au projet du roi Harald d'unifier le pays, Ragnvald conçoit un plan pour en finir avec leurs opposants et ramener Svanhild à ses côtés...
Le destin singulier et romanesque d'une femme hors du commun, pionnière dans le domaine de l'étude du comportement animal. Dans Le Cottage aux Oiseaux, Eva Meijer propose une biographie romancée de Len Howard (1894-1973), violoniste britannique et naturaliste autodidacte. A 40 ans, elle décide d'abandonner le confort de sa vie londonienne et ses amours compliquées pour se retirer dans la campagne anglaise et vouer le reste de ses jours à sa seule véritable passion : les oiseaux. Après avoir emménagé dans un petit cottage du Sussex, elle écrit deux livres à succès dans les années 1950, oubliés depuis, et surprend le monde entier par ses observations sur les mésanges, les rouges-gorges et autres volatiles du voisinage qui entrent et sortent à leur gré par ses fenêtres. Cet émouvant roman retrace l'histoire de cette femme libre, qui n'a pas hésité à refuser les conventions de la société de son temps pour connaître de grandes joies tirées de ses rapports privilégiés avec la Nature. A propos des Animaux et leurs langages : " Un livre passionnant et ambitieux où l'auteure propose une nouvelle manière de coexister avec les animaux, par la reconnaissance de leurs droits et de leurs langages. L'animal est un individu à part entière, doué de compétences, de conscience et de sensibilité. " - ; Page des libraires. " Eva Meijer nous apprend à désapprendre nos préjugés sur les animaux. Ils ont toujours parlé. A nous maintenant de les écouter. " - ; Le Figaro littéraire. " Un livre plein d'exemples frappants, preuve - une fois encore - de l'extraordinaire intelligence animale. Epatant ! " - ; Psychologies.
Un colporteur parti à la recherche d'une enfant mal-aimée parce que " différente ". Un Estaminet de l'Ange qui masque un secret démoniaque. Une chapelle de route qui révèle que les miracles n'ont pas toujours lieu là où on les attend. Un poulbot lillois, enfant des bleuets, qui adopte une grand-mère. Pourquoi une mascarade flamande se mue-t-elle en course contre la mort ? Et si soudain la porte d'un tableau hollandais s'entrouvrait pour vous ôter ces vieux fantômes qui vous empêchent de vivre ? Ancrée dans la terre de ses ancêtres, au fil de ces histoires Annie Degroote nous emmène dans un monde de passions entre imaginaire et sortilèges, au coeur de l'âme flamande.
Une prison dorée. A 19 ans, Natasha Leonova mourait littéralement de faim dans les rues de Moscou lorsqu'elle fut sauvée par Vladimir Stanislas, l'homme le plus riche de Russie. Un miracle pour la jeune femme qui depuis vit aux côtés de ce grand amateur d'art dans un luxe inouï, avec pour seule contrepartie de plaire à Vladimir, de satisfaire ses moindres désirs, et surtout de ne poser aucune question. A Saint-Paul-de-Vence, dans le célèbre restaurant décoré des tableaux de Lorenzo Luca, Vladimir est captivé par une oeuvre que la veuve du peintre refuse obstinément de lui vendre. Pour sa part, le fils de Lorenzo, Théo, artiste lui-même, rencontre pour la première fois la délicieuse Natasha. L'attraction entre les jeunes gens est immédiate. Durant des semaines, étourdi de désir pour cette femme inaccessible, Théo peint sans relâche le portrait de Natasha. Quant à Vladimir, il se jure d'obtenir le tableau de Lorenzo, à n'importe quel prix. Natasha, elle, qui ne peut se permettre aucun faux pas, commence à rêver de l'impossible : un monde où elle serait totalement libre.