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Vices et vertus des cercles. L'autoréférence en poétique et pragmatique
Bougnoux Daniel
LA DECOUVERTE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782707118684
L'époque, dit-on, est à la communication. Verra-t-on revenir celles des sciences et des arts ? Muni des concepts (dont on n'a pas encore toute la mesure) proposés par Peirce, l'école de Palo Alto, Edgar Morin ou Douglas Hofstadter, l'auteur explore ici la réflexivité dans le langage, depuis la poésie jusqu'aux speech acts . Les paradoxes et les percées théoriques condensés dans une page de Mallarmé, de Montaigne ou de Proust se retrouvent en effet, à l'autre bout de la chaîne parlée, dans l'ironie, le métalangage ou les enchevêtrements de l'énoncé et de l'énonciation. Mais pourquoi toujours penser nos communications selon le modèle linéaire de la chaîne ? Un émetteur et un récepteur, en se bouclant l'un sur l'autre, formant un " complexe " qui invite à poser la relation avant les termes de celle-ci. En suivant ce paradigme communicationnel, Daniel Bougnoux montre en-deçà et au-delà des logiques linéaires et dialectiques l'insistance d'une logique circulaire : sans son mouvement perpétuel d'ouverture et de fermeture, nous ne saurions communiquer. Mais les boucles étranges ne cessent de déborder nos langages. Dans les roues de la vie comme dans la dynamique de l'imaginaire, ou la gravitation des ensembles sociaux, s'observerait la même communication circulaire, dont la raison nous fait tant défaut.
Depuis les années 1980, dans nombre de démocraties occidentales, la représentation politique est en crise. De la "faillite des institutions" à l'"affaissement de la nation" en passant par le "communautarisme", bien des explications sont avancées. Et s'il fallait chercher ailleurs? C'est l'hypothèse provocante qu'explore Daniel Bougnoux dans ce livre singulier: on ne peut comprendre la crise de la représentation politique sans l'inscrire dans celle, bien plus large, qui affecte depuis plus d'un siècle la notion même de "représentation". Preuves à l'appui, puisées dans un corpus impressionnant d'?uvres littéraires et artistiques, l'auteur montre comment les avant-gardes du XXe siècle ont progressivement sapé les effets de la "mise à distance", du détour par l'ordre symbolique. Hier, le théâtre, la peinture ou le cinéma proposaient une coupure nette entre l'illusion et le monde réel; la culture fondée sur le livre contenait ce réel à bonne distance, en refoulant la présence des corps derrière des représentations plus abstraites. Aujourd'hui, passant du livre au live, les nouveaux médias nous invitent au festin d'une vie immédiate, au commerce des "coups" et à la contagion des passions. La presse semble toujours plus pressée, l'art cherche sur les corps une emprise directe, lesspectacles deviennent contacts et notre société se fragmente en communautés réduites aux affects...Mais les effondrements symboliques liés à cesmutations ne cachent-ils pas la difficile naissance deformes nouvelles, où l'individu démocratique auraittoute sa place?
Woody Allen serait-il mort ? C'est ce qu'une cabale, venue des Etats-Unis, voudrait faire croire à ses admirateurs du monde entier. On en démonte ici la fausseté, mais on voudrait surtout, film par film, montrer la vigueur, la vivacité d'une oeuvre assez comparable aux comédies de Molière, qui comme celles de Woody sondent tant de drames. Et survivent au passage des années.
L'?uvre d'Aragon (1897-1982) a épousé la courbe du siècle, et traversé à peu près tous les genres : roman, poésie, essais, critique littéraire, journalisme... A côté de quelques romans d'une grandeur inoubliable (comme Aurélien, ou La Semaine sainte), l'auteur du Fou d'Elsa a su pénétrer la mémoire populaire à travers des poèmes qui sont devenus chansons. La première évidence, pour qui aborde sans prévention Aragon, est celle de ses contradictions : quel rapport entre l'anarchiste et l'apparatchik, entre le libertin et l'amoureux transi, entre le poète lyrique et le critique pointilleux ; entre l'envergure démesurée de ses ouvrages et les pulsions de destruction qui les traversent ? Devant la richesse inouïe d'une telle variété d'écrits, il est difficile de les rapporter au même individu ; Aragon enseigne d'abord par ceux-ci le mouvement perpétuel, ou l'invention à jamais inachevée de la personne humaine. Et il nous rappelle que celui qu'on prend pour l'auteur est toujours croisé : avec ses modèles littéraires ou ses intercesseurs, avec sa femme Elsa Triolet pour les grands romans du Monde réel, ou en général avec ces terribles circonstances hors desquelles il ne concevait pas d'écriture véritable. On ne résume pas une pareille démarche, mais on peut y repérer des carrefours qui sont autant d'étoiles dans la trame du texte ou du chant : d'Aimer à Transmission, trente-deux entrées permettent d'approcher le poème comme problème, et les modes d'emploi du roman, c'est-à-dire de la vie quand elle se parle.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.