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De marie a Ouled Ahmed. Courtes histoires
Boughanemi Mohamed
NIRVANA
18,00 €
Épuisé
EAN :9789938940961
Je me souviens quand mon ami Mohamed m'avait montré la photo de sa bien-aimée la première fois. Il n'arrêtait pas de me répéter : " Ne trouves-tu pas qu'elle est belle ? Ne trouves-tu pas qu'elle est jolie ? " Mon ami ne savait pas qu'il synthétisait Montesquieu dans ses Lettres Persanes. Ce dernier y estimait qu'en Orient, les femmes étaient plus belles que celles en France. Mais en France, elles étaient plus jolies. Mais, après son retour de France, les gens le raillaient pour son amour, sa passion. Et cela le renvoyait douloureusement à une séparation terrible qu'il n'arrivait pas à s'expliquer, car Isabelle avait disparu du jour au lendemain, sans laisser la moindre trace. Elle qui lui avait appris le goût et le sens de la tendresse, ne pouvait pas le laisser choir. Il se demandait si elle était morte, violé ; assassinée et cela le rendait fou. Il décida alors de se suicider lentement, comme s'il devait espérer qu'un jour Isabelle réapparaisse. C'était pour lui un suicide... d'attente.
Des meÌmoires ? Pas conventionnels ou plutoÌt informels en une succession de nouvelles ou de digressions. Ouâ l'auteur eÌvoque les amis disparus, ses gouÌts litteÌraires, artistiques, cineÌmatographiques, ses plaisirs gastronomiques, la sensualiteÌ des paysages qui l'eÌmeuvent. C'est aussi l'itineÌraire d'un homme libre et mobile qui aime la vie. LibeÌreÌ des conventions et des steÌreÌotypes, il s'insurge contre la reÌgression et le fanatisme. Ce Tunisien qui fait rayonner la langue française est un baÌtisseur de ponts. Il fait des liens entre les deux rives, entre Occident et Orient. Tout cela fourmille de reÌfeÌrences culturelles acquises tout au long d'une riche expeÌrience. Cet ouvrage est celui d'un auteur cineÌphile qui sait voir et regarder le monde dans une perspective humaniste et sage. Une oeuvre profitable actuellement.
Ouled Ahmed est parti rejoindre le paradis d'Abou l-Ala' al-Ma'arri, inspirateur de Dante. Il est parti y retrouver des poètes et des prosateurs élus tels que Moutanabbi, al-Moutanakhkhal, ibn Khaldoun, Chabbi, Darwich et… Rimbaud. Des artistes qu'il a aimés sur terre. Dans ce livre, l'auteur a voulu montrer le degré de fidélité et d'attachement que le poète tunisien leur vouait à travers ses écrits. C'est ainsi qu'il l'avait qualifié respectivement de khaldounien, darwichien, chabbien, rimbaldien… La connaissance de la poésie arabe et ses structures, l'amour porté aux grands poètes et aux grands prosateurs, le talent, l'élégance, l'esthétisme et la capacité à sertir les mots, l'engagement et la générosité ont fait d'Ouled Ahmed un poète fahl, majeur.
Par petites touches impressionnistes, ciblées et bien croquées, Soufiane Ben Farhat nous présente dans ce roman un portrait de la société tunisienne post 2011. L'analyse sans complaisance d'une société en crise, malade et désabusée, sans repères où tous les dévoiements sont permis : le bilan d'une décennie de chambardements. Le narrateur, n'échappant pas à la crise de la cinquantaine, est un homme solitaire, tourmenté, désespéré de voir l'intelligence et ses références culturelles balayées par la bêtise, l'imposture et les certitudes. La vraie réussite romanesque tient aux deux personnages féminins, la princesse berbère terrienne et la femme de la mer en rupture de ban par lesquelles le narrateur se dévoile. Ces deux femmes libres lui donnent l'occasion de nous révéler sa vérité. Seule l'écriture peut tenter de surmonter la folie actuelle. Ce roman du désenchantement est une belle tentative de rester vivant.
Un jeune peintre vole des tableaux par fantaisie, dans l'unique but de les modifier. Ce jour-là, le tableau montre sept personnages habitant un désert de nulle part, depuis mille ans et mille fois mille ans. Le peintre ne l'aime pas. D'un coup de pinceau, il blanchit les yeux d'une fille. La petite est aveugle et tous se trouvent dérangés dans leur éternité. Pendant toute une journée, ils vont affronter ce changement insoutenable, dans une cacophonie de réactions entre décadence et enthousiasme, ridicule et colère. Que va-t-il se passer demain ?
Les partis sont-ils les acteurs essentiels des transitions démocratiques ou bien plutôt des obstacles à leur réalisation ? Question qu'on ne peut éviter, qui montre les dilemmes du rôle des partis au sortir de l'autoritarisme. Les partis sont certes des outils de la démocratie, mais comment peuvent-ils dans une phase de transition construire la démocratie alors qu'ils sont eux-mêmes et simultanément en voie de construction ? Il est vrai que les transitions démocratiques peuvent se faire par des institutions, mêmes improvisées, (gouvernements, instances, organes, commissions provisoires), par des leaders politiques (Mandela, De Klerk, Gorbatchev), mais elles peuvent se faire aussi par des partis politiques, acteurs incontournables du jeu démocratique et pluraliste.
Quel rapport entre nos pays et le désenchantement démocratique ? Les Printemps Arabes ont été à l'origine d'une grande espérance démocratique. Mais, la ferveur révolutionnaire est en train de se transformer en un désenchantement démocratique. En Tunisie, parallèlement aux crises politiques, à l'apparition du terrorisme et de la violence dans l'espace public et à la crise sociale, c'est la crise économique et le blocage de la transition vers un nouveau modèle de développement qui sont au coeur de ce désenchantement et de cette désillusion post-révolutionnaire. Cet essai constitue une contribution modeste à ce travail majeur d'analyse des raisons du désenchantement tunisien et d'explorer les voies du renouveau du modèle tunisien.