Alors que Joyce, Kafka ou Faulkner font figure jusqu'à nos jours de grands rénovateurs, le roman des années vingt, en France, reste mal cerné par une critique que son foisonnement déroute, et n'occupe pas encore la place qu'il mérite dans l'histoire littéraire du XXe siècle. Doués d'une désir d'expérimentation sans égal et d'une formidable inventivité, les romanciers, au sortir de la Grande Guerre, bousculent pourtant toutes les règles apprises et refaçonnent avec brio le genre dans son ensemble. C'est à cette réinvention que s'attache ce volume. Confrontant les inventions de la modernité et celles des avant-gardes (à commencer par le surréalisme, largement abordé), il explore de larges pans de la production romanesque du temps, attentif au renouvellement des romans de guerre, à l'écriture du "Nouveau mal du siècle" , à l'influence du jazz comme à l'émergence d'un roman dada. Sensible aux multiples jeux de la fragmentation formelle comme à la crise de la personnalité qu'elle exprime, il interroge aussi bien les romans à clefs que les biographies imaginaires. Sans oublier les auteurs majeurs du moment (Morand, Cocteau, Soupault, Aragon...), il fait enfin la part belle à ces romanciers trop méconnus que notre nouveau début de siècle gagnerait à pratiquer avec plus de ferveur : Ribemont-Dessaignes, Bousquet, Vialatte, Beucler...
En mariant le nom de Mucha au papier à cigarette Job, celui de Cassandre au "Dubo/Dubon/Dubonnet" ou de Savignac à la vache Monsavon, l'affiche a imprimé dans l'imaginaire collectif la mémoire de la publicité artistique. Mais qui se souvient que Victor Hugo associa sa signature à l'Encre Triple noire (pourtant réputée indélébile), que Raoul Ponchon, dans Le Courrier français, abonna sa plume aux Pastilles Géraudel, que Cocteau posa dans Paris-Match pour les téléviseurs Ribet-Desjardins ? De grands noms des belles-lettres comme Valéry, Cendrars, Giono ou Queneau, ont signé des textes publicitaires - de très beaux textes. Un tenace destin d'oubli, symptomatique du scandale que constitue le mélange de la littérature pure, gratuite, avec la "littérature" intéressée et appliquée, pèse sur les innombrables contributions des écrivains à la publicité depuis le XIXe siècle. Ce volume s'emploie à redessiner l'un des visages les plus méconnus de l'écrivain et à éclairer une zone d'ombre de la "condition littéraire". On y découvrira une galerie de portraits insolites, un album de famille inédit, où se trouvent réunis des auteurs apparemment aussi peu apparentés que Zola et les Gautier, Sacha Guitry et Léon-Paul Fargue, Paul Reboux et Robert Desnos. On y trouvera des informations sur les motivations diverses qui ont suscité et suscitent encore aujourd'hui de telles collaborations avec les marques, la manière dont a été vécu et "géré" le grand écart entre les exigences de l'oeuvre et celles de la promotion marchande, le rôle joué par la publicité dans l'économie de la carrière littéraire. Entretien inédit avec David Foenkinos. Les Auteur. e. s : - Colette Becker - Aude Bonnord - Myriam Boucharenc - Michel Collomb - Brigitte Diaz - José-Luis Diaz - Gérard Farasse - Laurence Guellec - Pierre-Marie Héron - Martine Lavaud - Pierre Loubier - Sarah Mombert - Sylvestre PlDOUX - Zacharie Signoles
Boucharenc Myriam ; Grenier Roger ; Le Ménahèze So
Peut-on faire du "retard français" un objet des sciences sociales ? ? Oui, à la condition de s'attacher au discours sur le retard et de délaisser la posture évaluative qui conduit soit à la "tardophilie" soit à...
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.
Cendrars Blaise ; Duchâteau Raymone ; Boucharenc M
L'écrivain Blaise Cendrars (1887-1961) et la comédienne Raymone Duchâteau (1896-1986) se sont rencontrés le 26 octobre 1917. Lui, aussitôt foudroyé d'amour ; elle, lui refusant d'emblée et à jamais, ce qui, le lui eût-elle accordé, les aurait peut-être détachés l'un de l'autre. Quarante-trois années durant, ils furent unis par un amour platonique, impossible et nécessaire, mystique et démoniaque : insondable. Ils forment assurément l'un des couples les plus étonnants de la littérature du XXe siècle. Voici réunies pour la première fois les lettres qu'ils ont échangées. Elles datent, pour l'essentiel, des années quarante. Réfugié dans sa cuisine d'Aix-en-Provence, l'ancien combattant de 14-18 entreprend durant la Seconde Guerre la rédaction de trois des quatre volumes de ses "Mémoires", le grand oeuvre qui le ramènera sur le devant de la scène littéraire. Confidente des minutes de cette vie solitaire, Raymone reçoit quotidiennement des nouvelles à elle seule réservées. Le ton est celui de la confidence familière, sans rien qui pèse ou qui pose. Exceptionnelle, du fait du lien capital qui unit ses deux protagonistes, cette correspondance l'est aussi par sa triple portée ?l'Histoire, l'amour, l'écriture. Le bruissement d'une destinée singulière se mêle à la rumeur du monde et la vie minuscule de l'individu à l'existence majuscule de l'écrivain.
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ? C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée. Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.
Hoppenot Eric ; Baudelle Yves ; Morzewski Christia
Ce volume propose des lectures inédites d'une partie relativement peu connue de l'oeuvre de Blanchot (hormis Thomas l'Obscur), ses premiers romans, Aminadab, Thomas l'Obscur et Le Très Haut. Les études proposées analysent les différents romans notamment dans leur contexte historique et philosophique. Elles mettent également en exergue la singularité esthétique d'une des oeuvres les plus originales du XXe siècle.
La FMD poursuit ici deux démarches. La première consiste à inscrire dans la durée la journée d'étude grâce à la publication de ses communications. La seconde consiste à assumer sa vocation de transmission de l'histoire et de la mémoire dans la société civile en montrant la vitalité de la recherche, qui ouvre sur un dialogue interdisciplinaire enrichissant entre historiens, sociologues, médecins, enseignants, archivistes et bédéistes, complété ici par le regard de la société civile organisée que représente le CESE.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.