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Antonin Artaud, le théâtre et le retour aux sources
Borie Monique
GALLIMARD
24,80 €
Épuisé
EAN :9782070717330
De ce travail d'une grande originalité d'approche et d'une vraie nouveauté émerge un autre Antonin Artaud, qui n'est plus le «fou» ou le «littérateur» entre lesquels oscille l'hagiographie artaudienne, mais un anthropologue qui se consacre à l'exploration intérieure des «sources» : sources imaginaires ou plutôt sources de l'imaginaire, les «mondes perdus» tels les Galapagos de la légende, sources historiques (Rome et la Syrie de Héliogabale), mythes des origines, et, enfin, terre réelle, celle des Tarahumaras.Ce retour aux sources, Artaud l'accomplit parce qu'il a d'abord rejeté le matérialisme et la technologie de l'Occident, l'idéologie du progrès, le faux rationalisme qui devient une pensée séparatrice. Et que l'exercice de la création, en peinture, en poésie, au théâtre, converge avec l'«ethnologie combattante» qui va s'accomplir dans l'expérience du Mexique et «l'impossible voyage vers les sources». Le théâtre réalisant toutes les potentialités que la démarche d'Artaud a explorées.C'est par là que le point de vue de Monique Borie - ne pas s'attarder sur la démence - et ses recherches, notamment sur la peinture d'Artaud, ses rapports avec l'alchimie et l'ésotérisme occidental, renouvellent profondément la critique d'Artaud. C'est sans artifice ni violence que l'auteur restitue à son ?uvre une cohérence et une profondeur que la légende et les polémiques ont souvent empêché de saisir.
Résumé : Les principaux romans de Huysmans n'ont cessé d'être commentés et réédités. En dépit de cet intérêt soutenu, il n'existe pas de livre de synthèse qui rende l'oeuvre de Huysmans accessible à un public moderne. Jean Borie a accrédité la notion d'écriture célibataire, définie à partir des oeuvres de Flaubert, des frères Goncourt, de Huysmans. Poursuivant ici son analyse, il dévoile la totalité des romans de Huysmans comme la chronique de l'existence d'un personnage unique : le célibataire. Rien de moins abstrait que le livre de Jean Borie : c'est par l'étude des moeurs du vieux garçon, des problèmes et des obsessions de sa quotidienneté, que les ouvrages de Huysmans retrouvent saveur et vie. On verra le célibataire aux prises avec l'organisation de son intérieur, la quête de sa nourriture, les souffrances et les joies de la solitude, les besoins d'affection et les fringales sexuelles. La religion elle-même est présentée à partir des exigences du vécu, comme la promesse d'une guérison.
Leurs pérégrinations avaient commencé bien des siècles plus tôt, quand Konrad, le cinquième enfant d'une famille d'éleveurs de chevaux et de magistrats de la province de Poméranie, avait décidé comme beau- coup de fils cadets avant lui de quitter la maison pour apporter la civilisation et la lumière du Christ dans la Baltique orientale". Ainsi commence l'exil des von Grabhau, longue lignée de barons qui rêve, à chaque génération, de retourner dans la patrie d'origine et ne fera que dériver à travers le vaste désert de l'Histoire aux innombrables mirages. Servir Dieu, prêter allégeance, faire la guerre, rejoindre les grandes causes tout est prétexte aux actions d'éclat et jamais la noblesse des von Grabhau ne résistera à pareils appels. Mais quand les Russes les chassent de leur domaine de Marienschloss à la fin du XVIIIe siècle, l'exil réel commence... Le dernier baron, venu prêter main-forte aux Russes blancs, plus d'un siècle plus tard, lors de la révolution d'Octobre, traverse, seul, l'immense empire moribond. Son aventure s'achève à Sébastopol, sonnant le glas des von Grabhau et de leur épopée. Au rêve d'éternel retour s'est substituée la dure condition d'émigré des temps modernes. C'est toute l'âme d'un monde, régi par la foi et la fidélité, qu'exaltent les inoubliables portraits jalonnant cette brillante saga familiale, aussi héroïque qu'implacable, mais non dénuée de candeur.
Résumé : La fécondité véritable d'Artaud est celle d'un discours qui porte en lui la force d'une pensée sur le théâtre visant à briser les frontières de ce qui est. Comme le rappelait Grotowski : " Artaud est un poète du théâtre, c'est-à-dire un poète des possibilités" . C'est cette ouverture des possibles qu'il faut chercher dans les textes d'Artaud, en n'oubliant pas de se rappeler sa vision de la force des mots, habités par une énergie capable de rejoindre la force des gestes. De cette fusion de moyens d'expression chargés de force naîtra, pour le théâtre, un pouvoir d'efficacité comparable à une authentique action magique. Une efficacité capable d'atteindre le spectateur dans son esprit mais aussi dans son corps. Peut-être pourrait-il en être ainsi pour certains lecteurs ... La beauté mais aussi la difficulté des textes d'Artaud vient aussi de l'importance de leur dimension poétique, de l'énergie d'une parole qui s'avance par métaphores et se charge de visions. Mais de visions dessinant pour le théâtre un horizon limite vers lequel se diriger, traçant ainsi un chemin vers la quête de réponses concrètes. En effet la pensée du théâtre qu'il propose n'en porte pas moins en elle, dans sa radicalité, l'ouverture aux enjeux concrets de la mise en scène dans son travail sur le langage, sur l'espace, sur le jeu de l'acteur, sur la relation au spectateur. Artaud n'ignore rien de la matérialité scénique, mais il la charge d'une signification qui doit dépasser cette simple matérialité. Les textes d'Artaud tracent le chemin vers un modèle rituel que les grandes expériences des années soixante (Brook, Grotowski, le Living theatre, Barba) se sont réapproprié et qui habite encore certaines expériences contemporaines comme celle de Romeo Castellucci.
Espace offert aux morts qui reviennent A la rencontre des vivants, espace susceptible d'accueillir les fantômes, de se meure à l'épreuve de leur représentation, tel est le théâtre dont il est question dans ce livre. Pour affirmer la permanence d'une vision du théâtre dont le fantôme désigne le centre caché, Monique Borie a choisi d'aller des repères exemplaires des grandes formes historiques du passé — la tragédie grecque, le théâtre shakespearien et le nô japonais — jusqu'aux grandes oeuvres fondatrices de la modernité — Maeterlinck. Strindberg, Ibsen, Pirandello — et aux projets les plus radicaux de la scène du XXe siècle — Craig, Artaud, Genet et Kantor. Figure par excellence de la présence de l'invisible dans le visible, le fantôme cristallise l'immatérialité du fantomal et la matérialité de la statue et du mannequin, révélant ainsi l'appartenance du corps de l'acteur comme de la réalité théâtrale à un entre-deux que l'anthropologie aide ici à explorer. Dialogue entre ombres modernes et modèles du passé, le livre interroge un théâtre à l'épreuve du doute. Le doute fertile d'un indécidable. Car autour du fantôme se joue la croyance inquiète du théâtre.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.