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Vatican II et la théologie. Perspectives pour le XXIe siècle
Bordeyne Philippe ; Villemin Laurent
CERF
35,00 €
Épuisé
EAN :9782204082198
A l'aube du XXIe siècle, la théologie joue magnifiquement son rôle quand elle fait surgir du neuf sur le concile Vatican II, qui a tantmarqué le siècle écoulé. En faisant appel à différentes spécialités théologiques dans une perspective internationale et francophone, ce livrecombine les méthodes de lecture. Il est temps de faire le point, car la manière d'interpréter les documents de Vatican II a beaucoup changé en quarante ans. Certains passages conciliaires étaient restés dans l'ombre, certains thèmes ou problématiques avaient été peu étudiés. Aujourd'hui, des axes nouveaux se dégagent et l'on se pose des questions inédites. L'exégèse biblique, la théologie fondamentale, la théologie morale, l'ecclésiologie ont-elles tiré tout le profit souhaitable de Vatican II? En retour, ont-elles suffisamment misé sur la contribution de l'herméneutique conciliaire à la compréhension de leurs tâches présentes, en contexte de pluralisme et de mondialisation? Dans le peuple de Dieu, qui est institué lecteur du concile et par quelles procédures? Jusqu'à quel point la nouveauté de Vatican II et celle de notre époque obligent-elles à modifier les principes classiques de l`interprétation des conciles? En lisant ce livre, on fait des découvertes importantes et inattendues, à la fois sur Vatican II et sur la puissance d'investigation de la théologie, quand elle écoute ce que l'Esprit continue de dire aux Eglises.
La conception éthique a laquelle l'Eglise catholique demeure attachée est sans ambiguïté: le mariage est hétérosexuel, monogame et pour la vie. Mais cette position apparaît de plus en plus isolée dans l'espace public, tant elle diverge des nouvelles législations familiales, tant elle semble démentie par l'évolution des comportements: divorce et remariage, familles monoparentales et recomposées, union libre et revendication du mariage pour les personnes de même sexe. La théologie morale ne peut se résoudre à cet isolement de fait, qui est d'ailleurs peut-être plus superficiel qu'il n'y paraît si l'on s'en tient à l'attrait que continue d'exercer le mariage religieux. Le temps est venu de refonder le mariage catholique, pour éprouver les significations reçues, les relancer, et réalimenter le dialogue entre les croyants et les hommes de bonne volonté. Sans ignorer non plus les objections et les nouvelles attentes de la modernité en la matière.
Au bout de cinq années de débats aussi riches que controversés, Vatican II ouvre de plus larges perspectives concernant le délicat problème de la régulation des naissances. Ainsi considère-t-il que la transmission de la vie doit être assumée de façon précautionneuse, en intégrant l'épanouissement tant matériel que spirituel des parents, des enfants déjà nés ou à naître, et le bien commun de la cité et de la communauté ecclésiale.
Il est des "Maîtres" d'autrefois dont on ne parle plus aujourd'hui mais qui méritent d'être remis en lumière : c'est certainement le cas de Mgr Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l'Institut Catholique de Paris. Professeur de lettres agrégé de l'université, auteur de nombreux ouvrages, dont le célèbre manuel de littérature, critique reconnu, il a été aussi disciple du P. Portal précurseur de l'oecuménisme, cheville ouvrière du rassemblement des écrivains catholiques et représentant d'une société ecclésiastique sur le plan culturel, social et politique. Se rappeler, grâce à Jean Calvet, un passé dont il a été témoin et acteur, ne peut sans doute qu'aider à mieux comprendre l'évolution de la France catholique.
Les conditions du vivre ensemble dépendent pour une large part de la formation morale des sujets. Dans nos sociétés pluralistes et mondialisées, leur identité éthique se construit au carrefour de traditions concurrentes. Divers groupes sociaux intermédiaires, dont les communautés chrétiennes, façonnent de véritables compétences morales. Il importe de mieux comprendre ces mécanismes, pour en faire de nouveaux leviers de l'action collective, et pour exercer un sens critique face à l'influence des groupes sur les individus. La responsabilité propre des communautés chrétiennes peut alors être clarifiée. Les acteurs de terrain mêlent ici leurs voix à celles du sociologue et du philosophe, comme à celles de théologiens de disciplines variées : Bible, spiritualité, liturgie, catéchèse, morale, théologie fondamentale. Comment se joue la formation à l'éthique dans les familles, dans les cités, dans les mouvements éducatifs, dans la presse jeunesse ? Quels en sont les caractéristiques et les enjeux ? Les communautés chrétiennes ont-elles des ressources originales à valoriser en raison de leurs pratiques spécifiques ? On voit progressivement se dégager les axes d'une éthique façonnée par la foi et la raison, où la visée de l'universel passe par la prise en compte d'une singularité chrétienne, qui oblige à la reconnaissance de l'autre.