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La chanson populittéraire. Texte, musique et performance
Bonnet Gilles
KIME
30,00 €
Épuisé
EAN :9782841746255
Dépasser le cadre galvaudé de la fameuse " chanson à texte " : voilà le premier pas de côté que se propose d'accomplir ce volume, désireux d'examiner sur nouveaux frais les rapports ambigus qu'entretiennent, tout particulièrement en France et depuis le XIXe siècle, la littérature et la chanson. Place de la voix, efficace de la performance, virtuosité métrique et sujet lyrique : autant d'interrogations qui trament l'histoire de la littérature, et que la chanson vient bousculer ou vivifier. Formes populaires et savantes dialoguent, parfois rivalisent, inventant de savoureuses formes hybrides. S'en saisir implique la constitution d'outils herméneutiques neufs, imaginés dans la confrontation des systèmes sémiotiques et des champs disciplinaires. Cantèmes, cantextes, cantogrammes rythment donc ce parcours et veulent doter, à toutes fins utiles, l'amateur ou le chercheur des clefs les mieux adaptées à la saisie de la complexité inhérente à l'objet - chanson. Des méthodes sont également déployées et interrogées, de la cantologie à la médiologie ; d'autres, telles l'analyse textuelle rénovée ou encore la musicalogie, sont proposées qui éclairent d'un jour inédit le champ d'études. Littéraires, musicologues et sociologues se sont unis pour proposer une approche plurielle de cette chanson qui ne s'ancre avec tant de ténacité dans notre quotidien que pour en mettre au jour les absences les plus obsédantes.
De quoi la littérature est-elle contemporaine ? Doit-elle être de son temps pour se penser légitime ? Ou s'accorde-t-elle un droit à l'inactualité, non tant pour fuir le présent que pour mieux venir le questionner voire l'inventer ? S'abstraire n'est pas forcément s'abstenir : intempestif, l'écrivain tend à forger une oeuvre susceptible de s'inscrire pleinement dans notre modernité. Anachronismes, dyschronies, déphasages : autant de déprises par quoi tenir en respect l'opacité du simultané et destiner le texte littéraire à une quête sans fin d'un présent peut-être insaisissable. Ce volume réunit les contributions d'une trentaine de spécialistes de la littérature et des arts du XVIIIe au XXIe siècle. " Ne ferais-je pas mieux de dire autre chose, même si ce n'est pas encore ce qu'il faut ? " s'interrogeait Beckett : " je vais essayer, je vais essayer dans un autre présent, même si ce n'est pas encore le mien "... Autant dire : je préférerais ne pas encore, ou ne plus. Disons : inactualité, à charge d'inventaire.
La pantomime noire est cette scène où Pierrot tue et se tait. Il cabriole et plonge, lui aussi, vers la mort qui attend chacun. Confronté au silence et à l'image triomphante, le texte pantomimique se fraie une voie neuve au sein même de la crise contemporaine de la représentation. Et Pierrot, tiraillé entre le négatif et le neutre, devient le héros d'un inédit spectaculaire. Cet essai est le premier à aborder la pantomime du XIXe siècle sous l'angle d'une telle périodisation, qui met en lumière le retentissement dans l'histoire du genre d'un fait divers vécu en 1836 par le mime-vedette Deburau, et qui va durablement informer la pantomime française, jusqu'en ses à avatars fin-de-siècle. Ce f volume se fonde sur des sources plurielles (livrets, articles, romans, illustrations...) pour proposer une appréhension d'un genre encore indûment considéré comme mineur, mais q ici apparaît au coeur des questionnements esthétiques centraux du XIXe siècle.
Poétique numérique, ou e-poétique : ce dernier terme, qui surprendra peut-être, rappelle pourtant les avancées actuelles de l'e-science, et plus largement des diverses herméneutiques de notre monde connecté. Cet essai aborde au continent neuf et immense déjà d'une littérature pensée et écrite par et pour le Web. Blogs et sites d'écrivains sont les foyers actifs de ces textes nativement numériques, qui font appel aux spécificités de la navigation sur Internet, mais également aux ressources proposées par l'image et le son, pour proposer de nouvelles expériences de production comme de réception de l'oeuvre. Il s'agit ici d'accueillir la diversité des pratiques contemporaines et de leurs supports, tout en expérimentant des outils d'analyse transversaux susceptibles d'en éclairer le sens et les enjeux. Loin d'une table rase, dangereusement séduisante dès qu'apparaît la fameuse "révolution numérique", ces pages prennent le parti de retravailler les acquis de la théorie littéraire afin d'inscrire dans le champ des humanités numériques l'étude de cette littérature vive.
Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire Là-bas de Doris-Karl Huysmans. Essai et Dossier réalisés par Gilles Bonnet. Le texte intégral de Là-bas de Doris-Karl Huysmans est disponible dans la collection "Folio", n° 1681
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?