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Les exigences de l'émotion
Bonnard Pierre ; Lévêque Alain
ATELIER CONT
20,00 €
Épuisé
EAN :9791092444346
Peu loquace et concis, laconique même, Bonnard. Rétif aux généralités, à la théorie. Cultivé, mais se méfiant des grands mots. Réservé, pudique jusqu'au secret. Attentif aux autres, sensible, inquiet, mais poursuivant librement, obstinément, sa route, sans la moindre trace de complaisance narcissique, avec, au contraire, une modestie réelle et critique envers lui-même. D'où l'intérêt que présente cette édition des entretiens et articles de cet homme silencieux, discret autant que passionné. Ils affinent son portrait, ils éclairent le sens d'une oeuvre qui, de par sa nature si profondément poétique, échappe à la prise. Complétant les observations de ses agendas, ils contribuent à la redécouverte d'un grand peintre du sentiment d'exister, à la fois célèbre et méconnu. Au sommaire, de brefs textes d'hommages à Renoir, Odilon Redon, Signac, des réponses à des enquêtes comme en faisaient les revues d'art de l'entre-deux-guerres (sur " la peinture française d'aujourd'hui " ou " les problèmes de la peinture ") ou encore des propos rapportés par des journalistes et visiteurs de ses ateliers. Enfin, est réédité pour la première fois un ouvrage composé par Bonnard, durant la guerre, de textes et de dessins : Correspondances. Un recueil de souvenirs déterminants. Bonnard l'a conçu sous la forme originale de lettres manuscrites et illustrées ; Tériade, commanditaire de l'ouvrage, l'a publié en août 1944 aux éditions de sa revue Verve. Pourquoi ce titre ? Il s'explique d'abord, bien sûr, par cette forme épistolaire. Mais il fait aussi allusion à l'intimité des échanges que Bonnard eut avec des proches qui crurent en sa vocation de peintre. Il met en lumière des étapes inaugurales de l'union entre l'art et la vie qui marquèrent son parcours. " Naissances " ou, mieux encore, " Jours de naissance ", ainsi aurait pu également s'intituler cet ensemble de souvenirs. Pourquoi des lettres plutôt qu'un récit à la première personne ? Par un geste d'affectueuse gratitude, d'amour envers ses proches, certes. Mais aussi parce que la lettre, forme cursive, qui peut être lapidaire, sans s'alourdir d'analyse ou de commentaire, convient à Bonnard. A ces êtres chers et qui ne sont plus, il redonne voix grâce à des lettres manuscrites signées d'eux. Mais de toutes ces lettres, en réalité, il est l'auteur. Qu'elles ressemblent ou non à des lettres qu'il a reçues d'eux jadis importe peu en fin de compte. Fidèle à l'intense partage qu'il a vécu avec ces êtres, Bonnard va plus loin - au plus vrai. Ces missives, il les invente sous la dictée du coeur et de la mémoire, complétant chacune d'un ou de plusieurs dessins qu'il trace au crayon et à l'encre. (A. L.)
Réédité pour la 4e fois depuis sa parution en 1963, ce commentaire de l'évangile de Matthieu est un classique de l'exégèse contemporaine. Sa lecture offre une compréhension particulièrement éclairante du texte du premier évangile tel qu'il se présente à nous dans les éditions critiques les mieux fondées. En ce sens il n'est ni un essai de reconstitution de la vie de Jésus à l'aide du premier évangile, ni une description hypothétique de la genèse du texte matthéen jusqu'à sa fixation littéraire vers les années 80 ou 90, ni un ensemble de réflexions théologiques ou philosophiques sur la base d'un texte présupposé connu et compris. Pour Pierre Bonnard et les nombreux exégètes actuels qui ont profité de ses travaux dans l'aire francophone, comprendre cet évangile ce n'est pas identifier la personnalité historique dont il nous parle mais c'est identifier l'interprétation qu'il en donnait dans le milieu historique qui était le sien quelque cinquante ou soixante ans après la mort de Jésus de Nazareth. Dans ce commentaire, Pierre Bonnard montre avec quelle ampleur, quelles précautions pédagogiques et quelle cohérence théologique Matthieu a assumé sa responsabilité d'interprète du Christ-Jésus et comment il nous permet d'être aujourd'hui à l'école de l'Evangile.
Impressionniste, fauviste, abstrait, Bonnard, c'est tout cela, En marge des mouvements picturaux de la fin du XIXème siècle et du début du XXème (Il est né à Fontenay aux roses en 1867 et il est mort en 1947 dans sa maison du Bosquet au Cannet), Pierre Bonnard a su rester libre sans être sourd et aveugle aux préoccupations des peintres de son époque. Il rallie pour un temps le mouvement des Nabis, ces prophètes qui renient leurs vieux maîtres des Beaux-Arts pour les impressionnistes et Gauguin (dont les oeuvres sont exposées en 1889 à l'occasion de l'exposition universelle). Avec eux, Bonnard fait le choix de la couleur avant tout. Il collabore alors à la revue Blanche avec Thadée Nathanson et il crée des affiches publicitaires aux côtés de Toulouse Lautrec. Ainsi il réussit à gagner sa vie, à devenir artiste et à échapper à une carrière juridique choisie par son père. Du début à la fin, du matin au soir, Bonnard va peindre, concentré sur son oeuvre, Bonnard va peindre, concentré sur son oeuvre, indépendant. Il peint Paris, ses passantes ses places et ses cafés. Il peint dans la maison de famille au Grand Lemps, puis en Normandie, puis dans le midi. Des paysages habités, des scènes d'intérieur, une table après le repas... Il peint Marthe, sa femme, assise dehors, nue à la toilette, sur un lit après l'amour... Enivré par son travail sur la couleur, un instant il s'arrête pour saisir ce qui lui échappe encore : la composition. Apparaissent alors des miroirs dans les chambres et des ombres dans ses miroirs, des verticales et des ovales, des fenêtres et des baignoires... Dans chaque tableau de Bonnard, existe un secret de couleur et de forme et puis des êtres, des objets qu'on ne voit pas du premier coup d'oeil, un chat, un chien, un sac. Ce foisonnement si maîtrisé crée une harmonie qui donne à l'observateur attentif et au rêveur l'envie de vivre là. De son vivant, Pierre Bonnard ne fera rien pour défendre sa cote confiée à des marchands. Ses tableaux se vendront facilement sans qu'il s'en préoccupe. Peu intéressé par le profit, il mène une vie simple. La passion de l'Art guidera tous ses choix. Nous présentons ici trois carnets de croquis qui l'ont accompagné dans ses promenades matinales en souhaitant que ceux qui les regarderont perçoivent le génie de ce "peintre du nu" à travers ses dessins quotidiens.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.
A l'appel d'une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d'un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu'elle n'a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s'endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique. Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n'est pas de ceux qui se résolvent au bout d'un récit à suspense ou qui s'éclairent d'une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d'un face-à-face avec une présence qu'on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l'essence même des choses. L'innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d'un monde au bord de la catastrophe, et s'avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s'inscrit la difficile leçon d'un univers dont se révèle surtout l'opacité.
Et pour moi-même, quand donc m'est venu ce désir de plonger dans le visible ? Tard, il me semble. Comme si des écailles m'avaient longuement pesé sur les yeux. Enfant, ce sont d'abord les mots qui m'occupent, un écran de mots. Trop d'imaginaire, pas assez de vision, l'un toujours superposé à l'autre, l'oblitérant dans la contemplation des images. Inévitable, nécessaire même, mais pour revenir en arrière, c'est un long chemin... Essai d'un homme de la lettre converti à l'image, Le désir de voir retrace une initiation au regard pictural. Intitulées "Voir dans le noir", "L'instant de voir", "Voir en rêve" et "Manières de voir", les étapes de cet essai discrètement autobiographique donnent lieu à l'exploration de plusieurs modes de vision, découverts au croisement d'expériences personnelles, d'expérimentations artistiques, de lectures et de contemplations. Entamé sous les auspices de Michaux et de ses peintures-idéogrammes, poursuivi dans le compagnonnage des dessins signes ou schèmes d'Alexandre Hollan, élargi au contact — entre autres — des encres de Joan Barbarà, des monotypes de Degas, de l'"outre-noir" de Pierre Soulages et des "protographies" d'Oscar Munoz, ce parcours est désirant et raisonné. Confessant son statut initial d'étranger dans le royaume des images, et soupçonnant ses affinités picturales d'être entachées du signe de l'écrit, Laurent Jenny convertit cette nécessité en haute vertu, dans des analyses dont sont seuls capables un regard consciencieux et une parole consciente des limites de son pouvoir : "Ecoute-voir", dit le langage familier "Regarde-dire" me semble aussi un bon chemin. Essayons... Et son parcours fructueux de devenir ainsi celui de son lecteur.
Résumé : De 1908 à 1943, Käthe Kollwitz commente dans son journal la vie de son entourage, le progrès de ses travaux et les vicissitudes, lointaines ou infiniment proches, d'une Europe qui s'enfonce rapidement dans le cataclysme. Autant de lignes croisées, chez cette artiste à qui la guerre enleva un fils, et qui ne cessa jamais de croire aux vertus politiques de l'art. Ce Journal est non seulement le portrait d'une artiste, un recueil de réflexions sur sa création, un témoignage formidable de ce que peut être en art l'engagement, mais aussi un tableau terrible et dramatique de l'histoire de l'Allemagne du début de la première à la fin de la seconde guerre mondiale.