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Danse avec l'hydre
Bonmort André
SULLIVER
20,00 €
Épuisé
EAN :9782351222751
Livre né du désir de répondre par une écriture plurielle à l'emprise d'un monde tentaculaire, et d'ainsi démultiplier la voix des aspirations et des révoltes, "Danse avec l'hydre" interpelle les maux qui impactent notre temps : Périls sur le vivant. Excès des pouvoirs et indécence des inégalités. Déficit de dignité et mépris des peuples. Racismes et séquelles sans fin des colonisations. Outrages faits aux femmes et aux minorités. Si le lyrisme s'allie à la satire et à la critique sociale, il ouvre aussi sur les plus claires perspectives, revendique les sens comme instruments de connaissance, et la poésie et la littérature pour forces de résistance. En insistant contrepoint, court un questionnement sur la langue et ses usages : Langue étatique, elle anesthésie, verrouille. Langue poétique, elle éveille, libèreâ¦
Nous sommes en 2017. La " " littérature de consommation " envahit l'espace et le temps médiatiques. Amoindrissement du sens critique et appauvrissement de la sensibilité produisent la langue stéréotypée dont le Grand Consensus qui nous gouverne a besoin pour prospérer à marche forcée. Pourtant, derrière cette parole soumise, une autre langue persiste en nous, elle attend son heure, et parfois affleure : une émeute émotionnelle alors bouscule le langage, y ouvre des chemins inexplorés, agrandit nos territoires sensoriels, émotionnels, intellectuels. Elle est poésie, au sens le plus authentique, s'étonne d'elle-même et fermente en son lecteur.
Domination brutale de la société marchande ; déliquescence du lien avec notre environnement et avec nos semblables ; médiocrité organisée cherchant à nous gagner à sa cause… C'est la musique si caractéristique de notre XXI e siècle au bord de la syncope, que ce texte dissident donne d'abord à entendre. Mais recréer la démesure frénétique et absurde d'un monde appliqué à cultiver nos faiblesses et à amplifier nos désarrois fait ressortir la fragilité toujours accentuée de notre bastion intime : la citadelle Espérance ne sera bientôt plus que ruine, sous les coups de boutoir d'une réalité qui dissimule sa violence sous le masque de la normalité. Nous n'échapperons pas à cette "entreprise de manipulation vaste et délibérée" sans en appeler à une autre grille de lecture du monde, sans nous affranchir des conventions narratives, prenant à contrepied la lecture passive, infusant la vivacité et l'impertinence de la poésie dans le grand corps trop dolent de la littérature… A ce prix – peut-être ! – pourrons-nous initier la reconquête de l'intégrité de nos territoires intérieurs et des ramifications nous reliant à la pluralité du vivant…
Son murmure couvert par le galop emballé de notre monde et par les imprécations des cavaliers fous qui l'éperonnent vers le pire, comment l'âme pourrait-elle encore se faire entendre ? Mais, face à cette fureur autodestructrice qui repousse chaque jour son paroxysme, comment l'âme pourrait-elle se taire ? Terrée en chacun de nous, l'âme est notre lanceuse d'alerte. Notre ultime garde-fou. Aux sinistres perspectives ("Partance imminente incinérateurs du néant"), elle oppose ici la "salubre inclination de l'être à être". Et nous exhorte à rétablir la poésie active comme force de pensée et de résistance.
Portées par le flux de la langue, des voix trop longtemps contenues, comme surgissant de notre conscience collective, s'interpellent, s'entrecroisent, bataillent pour donner à entendre la fiévreuse polyphonie de notre mue siècle au bord de la syncope. "Et aujourd'hui après cette longue nuit de notre conscience nous nous réveillons et découvrons atterrés que nous n'avons plus sur cette Terre de demeure et nul asile intérieur où nous réfugier" A la colère et à la révolte répondent le contrepoint de la satire et une espérance obscurément enracinée. Tour à tour critique, railleur, lyrique, rageur, ce texte en rupture invite aussi à l'exploration de nouvelles perspectives.
Commençant par les premières interventions de l'auteur en 1970, ce recueil comprend des critiques de la Nouvelle Gauche américaine et de la contre-culture hippie, et des fragments de l'histoire des premiers groupes situationnistes aux États-Unis. On y trouvera également nombre d'affiches, de comics ou d'articles concernant des anarchistes japonais, des dissidents chinois et des bouddhistes radicaux, la révolte polonaise de 1970, la révolution iranienne de 1979, la guerre du Golfe et le soulèvement anti-CPE de 2006 en France, ainsi que des textes moins directement politiques - articles sur l'écrivain Kenneth Rexroth, considéré comme le parrain de la beat generation, sur Georges Brassens et la chanson française, et sur les classiques de la littérature universelle. Enfin, les Confessions d'un ennemi débonnaire de l'État, une autobiographie qui traite principalement des activités situationnistes de Knabb, comprend également ses souvenirs des années 6o et des récits d'autres aventures ultérieures, telles que la pratique de l'escalade, de la musique populaire et du zen. Les écrits de Ken Knabb offrent un précieux regard, à la fois sympathique et critique, sur l'autre Amérique , surtout sur les aspects les plus radicaux et les plus méconnus des années 6o. En même temps, ils résument l'expérience de plusieurs décennies d'activités visant une transformation fondamentale de la société actuelle. À la différence de la plupart des auteurs qui traitent de ces questions, Knabb évite les formules dogmatiques et les slogans creux, pour examiner aussi bien les difficultés que les possibilités d'une telle transformation. Et il le fait avec concision, dans une langue claire et dans un style direct, en essayant de briser les rigidités qui tendent à se développer dans les milieux radicaux, et d'y apporter un peu d'humilité, d'humour et de bon sens. Un des rares Américains ayant bien compris le projet situationniste et l'ayant poursuivi pendant quatre décennies, il a néanmoins maintenu son indépendance, n'hésitant pas à remettre en cause certains aspects de l'orthodoxie situ. Si ses démarches ont été mal reçues par certains tenants de cette orthodoxie, d'autres les ont ressenties comme une bouffée d'air frais . . . Traducteur américain des films de Guy Debord et d'une anthologie de l'Internationale Situationniste, Ken Knabb est également l'auteur de nombreux tracts, brochures et autres écrits, dont certains ont été traduits en une quinzaine de langues. Vous les trouverez ici réunis, à l'exception des deux ouvrages déjà disponibles en France : La joie de la Révolution et Éloge de Kenneth Rexroth.
Cet ouvrage constitue une tentative unique d'appréhender l'histoire globale du cinéma à la lumière des événements de ce Vingtième siècle éminemment idéologique. Il propose un regard synthétique, pédagogique et original sur les grandes périodes historiques couvrant l'époque du muet, les années 30 et la montée des totalitarismes, la Seconde guerre mondiale, la guerre froide, la contestation des années 60 et 70 et le cinéma à l'heure de la mondialisation. Un ouvrage complet qui s'adresse autant aux cinéphiles et aux étudiants qu'aux non-spécialistes.
La réapparition des films de Debord, après 20 ans d'absence, relève d'une duplicité certaine: la machine récupératrice va sen emparer, faisant des films un objet de fétiche pour contemplateurs béats et "branchés"; pire, elle en fera des ?uvres d'art, des objets culturels, quelques avatars de l'inoffensif cinéma expérimental. Hors des contextes et des objectifs d'action directe comment réagir à l'une des phrases-clés du Film Hurlements en faveur de Sade: "Le cinéma est mort."? Comment comprendre l'affirmation dans Guy Debord son art et son temps: "Et maintenant, je me propose d'être anti-télévisuel dans la forme comme j'ai pu l'être dans le contenu"? Les alliés du spectacle édulcoreront le contenu politique des films, feindront de ne pas les comprendre; mieux: ils classeront les idées dans les musées mortifères de leur histoire, dans les tiroirs poussiéreux de l'académisme. Non, l'art n'est plus aujourd'hui que l'ennemi de la conscience; la culture n'est plus qu'un simulacre qui sert à légitimer le prix de la marchandise, et l'histoire politique est aux mains de désinformateurs patentés. Mais pourquoi retarder l'échéance? Debord connaissait déjà ces mécanismes; renversant Hegel qui écrivait que le faux était un moment du vrai, il savait que le vrai n'est plus qu'un moment du faux. Le spectateur d'aujourd'hui, dont on a rempli la courte mémoire de lambeaux épars et décomposés d'une illusoire conscience historique, dont on a programmé la liberté, aliéné le corps, pardonné tous les péchés, n'est pas seulement entouré par le faux, il en est lui-même un produit, et il le sait. Nous parlions de duplicité, l'autre versant en est ce moment du vrai sur nos écrans; tout comme l'histoire de la révolution espagnole ou celle des conseils ouvriers de Hongrie demeurent les terrains de luttes où les positions des uns et des autres se dévoilent, la ressortie des films de Debord pourra tout au moins servir à ceci: faire parader leurs ennemis.