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Appel au possible
Bonmort André
SULLIVER
11,00 €
Épuisé
EAN :9782351221686
Je me souviens distinctement de la façon dont tout a commencé, il y a pourtant une éternité." La mémoire de l'Univers la plus enfouie s'éveille dans l'homme d'aujourd'hui. Renouant avec lui un dialogue orageux au-dessus de la béance du temps, elle dénonce les excès de "l'espèce-reine" et pointe la dérive d'un destin dangereusement emballé. "La planète elle-même, la fragile pépite délicatement posée sur sa miraculeuse orbite, la planète vacille, son bleu légendaire insensiblement vert-de-grise. Déjà dans les galaxies alentour circulent en glaçants courants d'air les miasmes d'une insidieuse décomposition." Alliant délibérément roman philosophique, essai et poésie, ce texte lanceur d'alerte tente avant tout de réconcilier lucidité sur notre époque et identité profonde pour conjurer la menace désormais bien réelle de l'extinction. "L'évolution est un pari sur la chance, et la chance est un travail de tous les instants."
L'enfant africain affamé, l'irradiée de Nagasaki, l'ouvrier sacrifié au nom de la sacro-sainte rentabilité, l'éternelle putain, éternellement mortifiée... mais aussi le serf sous la botte du Moyen Age, la jeune Maya immolée à des dieux sourds... ou encore le végétal inlassablement défriché, et puis notre Terre épuisée, défigurée : surgissant de notre actualité ou de notre passé, des voix indignées s'élèvent, mêlées, en quête de leur identité bafouée. "Un jour, demain, nos voix raffermies ne seront plus balayées d'un revers de mémoire ; un jour la dignité ne sera plus assassinée par l'indifférence".
Portées par le flux de la langue, des voix trop longtemps contenues, comme surgissant de notre conscience collective, s'interpellent, s'entrecroisent, bataillent pour donner à entendre la fiévreuse polyphonie de notre mue siècle au bord de la syncope. "Et aujourd'hui après cette longue nuit de notre conscience nous nous réveillons et découvrons atterrés que nous n'avons plus sur cette Terre de demeure et nul asile intérieur où nous réfugier" A la colère et à la révolte répondent le contrepoint de la satire et une espérance obscurément enracinée. Tour à tour critique, railleur, lyrique, rageur, ce texte en rupture invite aussi à l'exploration de nouvelles perspectives.
L'humanité s'observe dans le miroir, et ne se reconnaît plus. Qu'ont fait d'elle les hommes, ses enfants? À travers de brefs chapitres au rythme haletant, ce roman dérangeant dresse l'hallucinant inventaire des méfaits et misères d'une espèce engagée dans la spirale infernale de l'autodestruction. Tout en s'interrogeant : comment inverser ce mouvement qui ne cesse de s'accélérer? Comment aider l'homme à retrouver en lui sa part d'humanité?... Le cri de la conscience individuelle contre l'inconscience collective.
Nous sommes en 2017. La " " littérature de consommation " envahit l'espace et le temps médiatiques. Amoindrissement du sens critique et appauvrissement de la sensibilité produisent la langue stéréotypée dont le Grand Consensus qui nous gouverne a besoin pour prospérer à marche forcée. Pourtant, derrière cette parole soumise, une autre langue persiste en nous, elle attend son heure, et parfois affleure : une émeute émotionnelle alors bouscule le langage, y ouvre des chemins inexplorés, agrandit nos territoires sensoriels, émotionnels, intellectuels. Elle est poésie, au sens le plus authentique, s'étonne d'elle-même et fermente en son lecteur.
Peut se lire, entre autres, comme une réflexion sur l'art contemporain. On y découvre dans sa première partie l'?uvre inconnue d'un artiste, dont le dernier projet donne son titre à l'ouvrage. "Aujourd'hui, comme première trace de son ?uvre, et le terme par lui fut médité, on ne dispose guère que d'une courte correspondance éditée en annexe d'une biographie de Theo Tutmacher, fils d'un allemand de l'Est émigré aux Etats-Unis après la confiscation par le régime communiste de son entreprise de mécanique de précision et de façonnage des aciers spéciaux. L'histoire de Mathieu ben J. commence ainsi, signe des temps, dans celle du complexe militaro-industriel américain." Fiction constituée à partir de deux projets d'art expérimental, l'ouvrage explore la translation de la notion d'?uvre et la signification qu'elle tente de prendre dans le temps industriel disloqué. La voix d'un narrateur lentement s'élève qui raconte dans la seconde partie sa rencontre avec un autre peintre, aveuglé celui-là par son art. Les deux récits tracent deux lignes divergentes pour tenter de fixer la naissance de la beauté.
La découverte de lItalie par Albert Camus, en 1936 et en 1937, est un moment essentiel dans lémergence dune pensée et dun rapport particulier à lart. LItalie est terre de lart, mais aussi dengagements. Lors du voyage quil fait en 1954, à linvitation de lAssociation culturelle italienne, Camus rencontre quelques-unes des grandes figures italiennes, politiques et littéraires. Ce voyage est aussi loccasion de conférences ayant pour thème "LArtiste et son temps" que Camus reprendra à Stockholm en 1957, lors de la remise du prix Nobel.
La réapparition des films de Debord, après 20 ans d'absence, relève d'une duplicité certaine: la machine récupératrice va sen emparer, faisant des films un objet de fétiche pour contemplateurs béats et "branchés"; pire, elle en fera des ?uvres d'art, des objets culturels, quelques avatars de l'inoffensif cinéma expérimental. Hors des contextes et des objectifs d'action directe comment réagir à l'une des phrases-clés du Film Hurlements en faveur de Sade: "Le cinéma est mort."? Comment comprendre l'affirmation dans Guy Debord son art et son temps: "Et maintenant, je me propose d'être anti-télévisuel dans la forme comme j'ai pu l'être dans le contenu"? Les alliés du spectacle édulcoreront le contenu politique des films, feindront de ne pas les comprendre; mieux: ils classeront les idées dans les musées mortifères de leur histoire, dans les tiroirs poussiéreux de l'académisme. Non, l'art n'est plus aujourd'hui que l'ennemi de la conscience; la culture n'est plus qu'un simulacre qui sert à légitimer le prix de la marchandise, et l'histoire politique est aux mains de désinformateurs patentés. Mais pourquoi retarder l'échéance? Debord connaissait déjà ces mécanismes; renversant Hegel qui écrivait que le faux était un moment du vrai, il savait que le vrai n'est plus qu'un moment du faux. Le spectateur d'aujourd'hui, dont on a rempli la courte mémoire de lambeaux épars et décomposés d'une illusoire conscience historique, dont on a programmé la liberté, aliéné le corps, pardonné tous les péchés, n'est pas seulement entouré par le faux, il en est lui-même un produit, et il le sait. Nous parlions de duplicité, l'autre versant en est ce moment du vrai sur nos écrans; tout comme l'histoire de la révolution espagnole ou celle des conseils ouvriers de Hongrie demeurent les terrains de luttes où les positions des uns et des autres se dévoilent, la ressortie des films de Debord pourra tout au moins servir à ceci: faire parader leurs ennemis.
Si vous vous contentez d'observer tranquillement, en sceptique convaincu; si vous restez en dehors des luttes qui vous paraissent secondaires, ou si, même étant d'une factions, vous osez constater les défaillances et les folies de vos amis, on vous traitera comme une bête dangereuse ; on vous traquera partout ; vous serez injurié, conspué, traître et renégat ; car la seule chose que haïssent tous les hommes, en religion comme en politique, c'est la véritable indépendance d'esprit. " Guy de Maupassant. Cette indépendance d'esprit, Maupassant l'exerce, de 1881 à 1889, dans les chroniques écrites pour les grands journaux de l'époque. Elles éclairent un angle de découverte d'une brûlante actualité, toute moderne, avec des analyses quotidiennes qui ne cessent de mettre en valeur la vie parlementaire, la vie sociale, toute la perspective d'une pensée libre et ouverte, un regard implacable sur la vie politique d'une société. Cet intérêt nouveau d'un journaliste-chroniqueur pour un monde dont il dénonce les tares et les faux semblants, précise une couleur d'époque où s'exaspèrent l'affairisme et la dégradation morale. La société a perdu ses plus solides repères et ceux qui la dirigent sombrent dans la médiocrité. La parole polémique du chroniqueur devient alors parole politique, celle d'un homme qui ose prendre parti, aller à contre-courant des idées toutes faites, vers un nihilisme grandissant. Regroupées pour la première fois, les Chroniques politiques de Maupassant sont présentées par Gérard Delaisement auteur, en 1956, de Maupassant journaliste et chroniqueur (Albin Michel), d'éditions de Bel-Arni (Garnier), de Fort cantine la mort (Gallimard), des Contes et Nouvelles (Albin Michel) et qui a consacré sa vie à rassembler les Chroniques de Maupassant dont il a réalisé l'édition critique.