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Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)
Bonin Hubert
PU SEPTENTRION
24,00 €
Épuisé
EAN :9782757405970
Le thème de la stratégie, de la combativité, de l'identité commerciales constitue un levier essentiel de la perception des banques dans leur mouvement compétitif, dans la construction de leur champ d'action depuis le dernier tiers du XIXe siècle. On appréhende les pulsations des initiatives destinées à prendre en compte les mutations de la société, des méthodes de communication, des savoir-faire bancaires. Chaque chapitre concerne à la fois l'histoire bancaire "pure" et la vie d'une entreprise et d'une organisation de firme dans son évolution à moyen terme. Une démarche comparative est sans cesse favorisée. La pénétration au plus intime de l'action commerciale, à tous niveaux, sert de tremplin à une représentation positive du corpus de méthodes des "agents" de la progression des positions commerciales. Les chapitres alimentent la compréhension des savoir-faire en publicité, en communication commerciale et en communication institutionnelle, avec des études de cas précises. La représentation de la firme, la cristallisation de son image de marque, la perception de son identité institutionnelle et commerciale sont autant de thèmes d'étude pour chaque période considérée. Cela permet de traiter des aspects de la réactivité et de la mobilité managériales, thèmes clés dans la perception des "vertus" d'une société. En sus de la lecture d'énormes fonds d'archives, une trentaine de témoignages ont été recueillis auprès d'acteurs récents, la presse professionnelle a été dépouillée, et des dizaines de documents publicitaires sont analysés.
Chaque grand port a été riche de dynasties familiales qui ont créé et développé l'économie maritime et porté l'esprit d'entreprise et du profit sur les marchés ultramarins, coloniaux ou non. Bordeaux a bénéficié de plusieurs générations de familles qui ont défriché les territoires du négoce. Sans s'occuper de vin, en dehors de quelques vignobles, quatre à cinq générations de la famille Faure (avec leur maison Faure frères) sont devenus des acteurs de l'économie du rhum, du sucre, de l'océan Indien et des Antilles, ainsi que de l'armement maritime. Grâce à des archives de la famille, de banques et d'entreprise, leur parcours est reconstitué selon les règles de l'histoire d'entreprise (business history) avec sens critique et comparaisons. La position sociale des Faure sur la place de Bordeaux est également évaluée, par le biais des alliances matrimoniales et des croyances protestantes, des réseaux relationnels, des postes obtenus dans les institutions locales, en une contribution à l'histoire sociale du patronat et de la grande bourgeoisie régionale. La firme aura résisté aux nombreux soubresauts de la conjoncture, mais pas au krach des rhums qui frappe Bordeaux en 1931, et les efforts de reconversion auront manqué d'ampleur. Mais des Faure auront été ainsi mobilisés des années 1790 aux années 1950 en un beau cas d'étude du capitalisme familial européen. Et la famille a fourni une documentation iconographique qui illustre bien les étapes de cette histoire.
C'est un pan d'histoire régionale, ses sources archivistiques sont à la fois locales (archives départementales) et nationales (Défense nationale, Economie & finances, entreprises, banques). La problématique, les critères d'analyse, les concepts correspondent à des interrogations touchant à l'ensemble de la Première Guerre mondiale ; mais leur application porte sur des entreprises et des firmes-pivots, des structures militaires et préfectorales, des systèmes productifs locaux qui sont enracinés dans des communautés économiques régionales. Des correspondances entre la guerre économique nationale et ce "second front" sont sans cesse établies. L'histoire industrielle domine cet ouvrage : munitions, chimie, métallurgie, mécanique, aéronautique, habillement, notamment. Mais l'histoire tertiaire y surgit sans cesse (négoce, armement maritime, port, transports). L'histoire sociale et sociétale y est fortement présente, par le biais de chapitres consacrés au travail des femmes, au ravitaillement, aux productions agricoles — mais le vin n'est pas abordé dans l'ouvrage. Les effets de la guerre sont appréciés afin de déterminer comment s'est effectué le transfert de l'économie de guerre à l'économie de paix, et quels ont pu être les héritages économiques et patronaux de ces années de guerre économique.
Jusqu'à présent, on connaît de Bordeaux essentiellement la vie de son port, de ses négociants, de son Pavé des Chartrons, riche des grandes dynasties bourgeoises à cheval sur l'armement maritime, le négoce, le vin, le rhum des Antilles. Or cette cité-port a été aussi un pôle industriel, sans pour autant animer une région industrielle comme les grands ensembles français. Un système productif s'y est bel et bien constitué pendant la première révolution industrielle, en étroite liaison avec la vie du port, bien entendu. Il s'agit donc ici de jauger l'épaisseur de ce terreau industriel girondin ; d'apprécier comment des "jeunes pousses" y ont éclos, portées par l'importation de technologies ou enrichies d'innovations locales ; de mesurer les rythmes de croissance des différentes branches d'activité. Certes, la consommation des classes aisées a structuré une demande pour des productions spécifiques ; et les outre-mers, coloniaux ou non, ont alimenté plusieurs secteurs représentatifs de cette économie ouverte aux flux atlantiques. Mais des industries semi lourdes y ont animé le souffle de l'investissement, dans les chantiers navals, dans la métallurgie, dans la mécanique. Ici aussi, la machine à vapeur est devenue la reine de l'expansion ! Et l'agglomération s'est hérissée de cheminées, tandis que les usines se tapissaient dans le tissu des rues traditionnelles, avant de glisser vers des pôles à la périphérie. Grâce à des archives publiques inédites, à une mobilisation des publications des historiens et des érudits passionnés d'industrie, l'ouvrage bouleverse la perception de l'histoire économique et patrimoniale de Bordeaux. Chaque chapitre, enfin, est enrichi d'un corpus d'illustrations.
Aux XIXe et XXe siècles, la France s'est affirmée comme une grande puissance coloniale (Maghreb, Afrique, Asie, Océanie). Elle a été marquée par une politique d'expansion inscrite dans son histoire politique, économique, culturelle. Cet ouvrage aborde les débats qu'elle a suscités : effets de ces politiques en Métropole et dans les pays colonisés, organisation, contrôle et exploitation de ces territoires, cultures ultramarines, interaction entre colonisateurs et colonisés, montée des mouvements d'indépendance... Ces questions montrent le poids d'un héritage toujours vivant où tabous, mémoires, identitarisme et troubles sociétaux n'en finissent pas de faire (re)vivre cette France colonisatrice. Afin de nourrir ces discussions et d'en apporter un écho, des parties thématiques confrontent les faits, leurs effets matériels, humains et culturels au cours de l'Histoire, et les héritages transmis au temps présent. Une large bibliographie est reliée à chaque chapitre, ce qui facilite son utilisation.
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ? C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée. Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.
L'ouvrage propose en cinq chapitres panoramiques un parcours des principales questions posées par l'oeuvre de Ponge : dans quelle mesure élabore-t-il, après Descartes et Valéry, un nouveau "discours de la méthode" ? Comment "faire oeuvre de salut public" en fondant une nouvelle rhétorique ? Que reste-t-il de "1'oeuvre" quand on exhibe ses brouillons ? Comment et pourquoi parler, si on "écrit contre les paroles" ? Une éthique de l'écriture est-elle nécessaire ? Des jalons biographiques, bibliographiques et des éléments de rhétorique complètent cet ouvrage.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.