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Habiter selon Tanella Boni
Boni Tanella
MUSEO
14,50 €
Épuisé
EAN :9782373750751
On n'y pense pas au verbe habiter. Pourtant, tout se passe comme s'il y avait sur la Terre plusieurs catégories d'humains : ceux qui habitent, qui sont " chez eux " parce qu'ils ont un toit et ceux qui, " sans toit " vivent de " passage ", " en transit " ou " sans domicile fixe ". Or habiter, ce n'est pas être figé quelque part. Ce n'est pas non plus passer son temps à buter contre des murs et des barbelés, sans trouver de chemin ouvert, sans voir un horizon. Il y a donc des images-chocs qui se rappellent à nous, qui nous interpellent. Images de migrations partout dans le monde, comme si des milliers d'humains ne savaient plus où aller, où habiter. Or migrer est-ce habiter ? C'est d'abord faire l'expérience d'un monde difficile à vivre, c'est affronter ses lois. Donc, au 21ème siècle, pour de nombreux humains qui traversent les mers, les vents et toutes sortes d'intempéries, rien n'est moins sûr que l'habiter. Et pourtant, les migrants habitent le monde, ils ont des histoires, des valeurs qui leur permettent de résister. On ne sait plus qui ils sont. Ils n'ont plus de pays, plus de provenance. Parfois, ils ont brûlé leurs pièces d'identité. Pourtant des bribes de cultures continuent de les habiter. Ainsi, Habiter n'est pas un verbe comme les autres. Il raconte qui nous sommes et où nous sommes. Il dit le sens du temps et de l'espace. Il exprime l'essentiel de notre rapport au monde : prendre possession, peupler, construire, bâtir, être relié, vivre, se nourrir, créer, utiliser des outils, laisser traces et empreintes, mourir. Habiter ou créer un chez soi quelque part : en pleine forêt, dans une région froide, dans un désert, faire monde avec la nature, ou un no man's land ou avec une mégapole du futur. De ce point de vue, les animaux et les plantes n'habitent pas la Terre, même s'ils ont d'ingénieux modes de vie. J'ose dire que l'habiter est une spécificité humaine. J'ose dire aussi que toute culture est une variété de l'habiter. Dans ce livre, chaque chapitre est construit comme un récit de voyage et la narratrice raconte de petites histoires de l'habiter : la découverte en Côte d'Ivoire, par une paysanne, de traces (pierres sculptées) d'une civilisation disparue ; la case d'une grand-mère et la vie qui l'entoure, comme mode de résistance à la colonisation ; villes et bidonvilles qui se côtoient mais ne se ressemblent pas. Le plastique envahissant qui transforme les modes de vie après les indépendances des pays africains. Et que signifie ces noms de quartiers et de bidonvilles (Dallas, Washington, Petit-Paris...) qui renvoient au rêve de l'ailleurs et particulièrement au rêve américain ? Tout comme fait, l'imaginaire et le rêve jouent un rôle important dans la manière d'habiter le monde...
Ce dossier ouvre le débat sur les pensées contemporaines de l'Afrique. Qu'est-ce qui émerge aujourd'hui après la négritude, le panafricanisme, le débat sur l'existence de la philosophie africaine ? Et que veut dire " Afrique" mot désignant un objet tout à la fois mythique, rêvé, fantasmé mais un continent bien réel pour ses habitants ? Semblable à tout autre objet, on peut le soumettre aux voies de la raison sans oublier la vie réelle des Africains marquée par des rapports historiques, géographiques, linguistiques, politiques, économiques et culturels d'une complexité étonnante qui donnent à l'Afrique aux mille facettes une modernité et une place incontournable dans le monde, ici et maintenant.
Défendre la vie contre la mort ambiante, voilà tout le propos de Tanella Boni. Dire pour chaque jour l'espérance qu'il porte. Car écrire contre l'horreur n'est pas poursuivre indéfiniment la tentative de dire le désastre innommable. C'est chanter la force de vivre et d'espérer. Cette manière de voir est celle de Tanella Boni, poète et philosophe qui, à la négation qu'est le refus de la mort, préfère l'affirmation de la force de vivre et d'aimer.
Le roman du drame qui déchire actuellement la Côte-d'Ivoire (pays nommé Zamba) et, au-delà, tous les pays où la population est prise en otage, lorsque le régime politique est instable, prévaricateur, et que des soulèvements incessants opposent, jusqu'à la barbarie, les différentes factions. Tanella Boni nous raconte le calvaire vécu par la narratrice en butte aux tracasseries de la police parallèle et de son chef le machiavélique Arsène K qui, l'assignant à résidence durant neuf mois, mettra " son âme en grossesse ". L'occasion pour elle de réfléchir sur le cours de son existence et de se remémorer les grandes figures des femmes de sa famille. Celle de sa mère en particulier, qui endura le pire de la part de son père. Ce qu'elle-même ne voulut pas, incapable de continuer à aimer Timothée, cet homme à femmes, toujours absent, n'assumant rien de ses infidélités constantes. Une satire pleine d'humour, parfois féroce, de la société ivoirienne prisonnière de ses démons : la pauvreté, l'ethnicisation, la violence, l'ivresse du pouvoir, les enfants-soldats meurtriers, les différents visages des matins et des nuits de couvre-feu lorsque la mort décime à l'aveugle les familles.
Résumé : Que faire lorsqu'on a connu la guerre et l'exil, un "premier départ / en pays étranger", puis d'autres guerres, d'autres départs ? Que dire à ces "vies précaires", ces "vies fauchées pour rien", ces "visages de femmes / enveloppés d'un voile de contraintes" ? Comment lutter contre barbares et fous de dieu ? Où trouver la force de sonder les abysses de la mémoire négrière ? Quelle prière offrir au corps de l'enfant mort, ce "visage de l'innocence" échoué sur la plage ? La réponse à ces questions tient en une phrase prononcée dès le premier des sept poèmes du recueil de Tanella Boni : "Tu n'as pas d'autres armes que les mots". Et l'auteure de nous rappeler que les mots aiment le dialogue, la tolérance et la paix ; et que la poésie possède la capacité, rare, de réenchanter la vie.
Ce livre présente 40 constructions à travers le monde : musée, école, bibliothèque, habitations, centre de formation, piscine. Aujourd'hui les architectes redécouvrent les avantages de la terre crue et des centaines de projets d'une grande qualité esthétique et technique émergent sur les cinq continents. L'essor de ce matériau peu gourmand en énergie, largement disponible sur toute la planète, pourrait couvrir une partie des besoins en logements écologiques et économiques.
Hallé Francis ; Reeves Hubert ; Michon Geneviève ;
Francis Hallé est docteur en biologie, diplômé de la Sorbonne, et docteur en botanique, diplômé de l'université d'Abidjan. Ancien professeur de botanique à l'université de Montpellier, il s'est spécialisé en écologie des forêts tropicales humides et en architecture des arbres. C'est un fervent défenseur des forêts primaires, c'est-à-dire les forêts jamais exploitées par l'homme, qui ne représentent plus aujourd'hui que 5 à 10 % des forêts terrestres mais constituent, selon lui, plus des trois quarts des réserves de biodiversité de la planète. Il est aussi l'inventeur du Radeau des Cimes dont le principe est d'observer la cime des arbres de la forêt primaire par le haut, à l'aide d'une plateforme légère de 300 ou 600 m2. Cette structure, de forme hexagonale, est déposée au-dessus des arbres à l'aide d'un dirigeable. Ce " radeau " sert à la fois de laboratoire et de lieu de vie pour les scientifiques. Il est constitué d'un assemblage de pontons reliés par un filet. L'intérêt est que la grande majorité des formes de vie végétale et animale se trouve au sommet, dans la canopée, et ne peut être observé depuis le sol. Ces expéditions ont permis depuis 30 ans de décrire de nombreuses espèces jusqu'alors inconnues, et de prendre conscience de l'importance de la canopée dans la biodiversité.
Fasciné par la beauté des arbres, et particulièrement par les plus remarquables, Georges Feterman a sillonné la France pour rendre hommage et photographier les plus spectaculaires d'entre eux. Ce livre est un constat, en même temps qu'une révérence. Beaucoup de ces arbres furent plantés, et se sont épanouis, à proximité du patrimoine historique et architectural des hommes. Des mégalithes à l'architecture médiévale, des châteaux de la Loire aux chefs-d'uvre contemporains, l'arbre, dans toute sa splendeur, a renforcé la beauté des sites et monuments édifiés par les hommes, ajoutant une fonction esthétique à sa panoplie déjà très complète. Mieux, il a acquis au fil des temps une importance religieuse ou philosophique, inspirant les croyants et les poètes. Arbre de guerre, ou bien de paix, symbole de liberté ou d'oppression, il côtoie le patrimoine des hommes, inspirant légendes et traditions. Au fil des temps, protégé par cette proximité, l'arbre devient lui-même patrimoine, exigeant reconnaissance et protection. Ce livre est une nouvelle édition mise à jour et augmentée de 50 pages du titre "Arbres et patrimoine de France".
Un petite beau livre sur des dessins au trait et d'autres en couleurs sur des plantes méditerranéennes, dessinées et commentées par Francis Hallé au Domaine du Rayol et en Méditerranée.