Le musée des Beaux-Arts de Chambéry nous donne l'occasion, cet hiver, de retrouver François Morellet et, ce, en excellente compagnie. Avec une trentaine d'oeuvres de sa collection personnelle et quelques prêts prestigieux - de la galerie Kamel Mennour, Denise René, ou encore de la fondation Manzoni Milan –, l'exposition du musée nous invite à découvrir les amis de l'artiste, qui ont étroitement collaboré à ce projet : Max Bill, Malevitch, mais aussi les suprématistes et ses complices, comme Almir Mavignier, Piero Manzoni, Ellsworth Kelly, Joel Stein et bien d'autres encore. Cette exposition a toutefois pris une autre dimension depuis la disparition de l'artiste cette année. Renverser les évidences et surprendre. Cette approche joyeuse dont il ne s'est jamais départi a sans doute été pour l'artiste un véritable programme. Celui qui se définissait comme "un rigoureux rigolard" n'a pas manqué d'occasions de nous bousculer. Avec l'humour acerbe d'un Picabia et la rigueur puriste d'un Mondrian, s'attelant sans cesse à proposer une géométrie iconoclaste, ses oeuvres ont toujours tendu à rappeler le talent de leur créateur pour les jeux de mots et d'esprit. Le livre, agrémenté d'une pochette transparente et de 16 autocollants, est un clin d'oeil iconoclaste à la forme vernaculaire des albums Panini. Sur le recto brillant des autocollants sont imprimés en couleur des oeuvres. Au verso, figurent des photographies de François Morellet en compagnie de ses amis artistes, comme un contrepoint intime aux oeuvres présentées. Ces images volantes se glissent entre François Morellet (imprimé sur la couverture) et ses amis (imprimé sur la pochette transparente). A l'intérieur du livre, des rectangles colorés (légendés) figurent les emplacements auxquels coller les autocollants. La typographie Avant-Garde dessinée par Herb Lubalin en 1970 est utilisée pour la totalité de l'ouvrage. La pagination se balade dans les angles des pages et permet de multiples combinaisons. Le placement fantôme des images accumulées est présent (en noir) sur la 4e de couverture. Logique, hasard, système, jeu, humour... un hommage éditorial et graphique à l'esprit facétieux de François Morellet.
Kazuko fait suite à Sayonara. Jean, un Canadien récemment éprouvé par une expérience douloureuse, se rend au Japon pour rencontrer Kazuko. Yumiko, une amie commune, orchestre ce rendez-vous en vue d'un mariage qui permettra à Kazuko de s'exiler au Canada. Ce voyage sera-t-il la clé de Jean vers sa reconstruction ? Au-delà des apparences, quelles vérités obscures se cachent derrière le besoin pressant de Kazuko de quitter son pays natal ?
Camille, jeune femme de trente ans, entame une quête qui la mènera à travers le monde afin de découvrir l'origine d'un appel qui résonne en elle depuis toujours, comme une question de vie ou de mort. Malgré les doutes et les épreuves rencontrés, elle poursuivra son voyage, jusqu'au bout d'elle même...
Résumé : Ce manuel synthétique et pédagogique présente les principaux concepts, définitions et règles du droit des entreprises en difficulté. Couvrant le programme habituellement enseigné en faculté de droit, il constitue pour les étudiants un outil de travail particulièrement efficace, adapté tant à l'initiation qu'à la révision des examens. Cette édition est à jour des dispositions de l'ordonnance numéro 2016-727 du 2 juin 2016 concernant les organes des procédures de rétablissement professionnel et de liquidation judiciaire des petites entreprises.
Sayonara dépeint l'histoire d'un Canadien dont la quiétude de vie est violemment chamboulée par le décès de sa fille. Ce tragique événement, tout à fait inattendu pour sa femme et lui, non seulement bouleversera leur existence et brisera leur couple, mais plongera également le protagoniste dans un abîme de désespoir, ce qui le pousse jusqu'à envisager le pire. Il trouvera néanmoins dans la préparation et la réalisation d'un voyage exceptionnel au Japon un apaisement partiel et une source de réflexion.
Le parcours de Heinz Mack se déploie depuis 1950, à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf, alors encore en pleine reconstruction, où il effectue ses premières recherches graphiques et découvre les avant-gardes historiques. Après des études de philosophie à l'université de Cologne de 1953 à 1955, il effectue de nombreux voyages au Sahara où ses réalisations, dès 1962, préfigurent le land art. 1957-1966 est une période-phare : Heinz Mack est, avec Otto Piene puis Günther Uecker (celui- les rejoint en 1962), le fondateur et l'acteur central de ZERO, une entité artistique à géométrie variable qui réforme le principe même de l'art abstrait à l'aune de la peinture monochrome, du mouvement, de la phénoménologie et des sciences cognitives, sans oublier les années 1970 et 1980, pendant lesquelles nombre de ses sculptures, volontiers monumentales, intègrent l'espace urbain allemand. Sur sa carte de visite, Heinz Mack se présente en qualité de "sculpteur et peintre" . L'ordre de ces mentions est important : il fait prévaloir la modulation de la matière dans l'espace sur la création d'images à la surface du tableau. Autrement dit, même les toiles que l'artiste tend sur châssis dès le milieu des années 1950 sont recouvertes d'une matière dont les empâtements abondants les tirent vers ce domaine intermédiaire de l'histoire de l'art, situé entre la peinture et la sculpture, qu'est le relief. Ces reliefs, quant à eux, sont à proprement parler des sculptures murales, c'est-à-dire que leurs éléments forment une saillie conséquente par rapport au plan sur lequel ils sont fixés. Comme des sculptures en ronde-bosse, ils sont constitués le plus souvent de matériaux traditionnels (peinture, métal, bois, pierre, verre, plexiglas, plâtre ou sable) et traités avec des outils d'atelier qui le sont tout autant. Pourtant, contre toute attente au vu de cette description matérielle et technique, leur apparence demeure insaisissable, toute fixation mentale ou photographique semble impossible. Cette apparence, donc, consiste en un jeu perceptif incessant avec la lumière et l'espace réel. La matière y semble littéralement consumée par les jeux de réflexions et l'oeuvre n'existe que dans un double mouvement d'apparition et de disparition. Il s'agit là d'un paradoxe, indissociable de l'histoire du cinétisme et de l'art perceptuel dont Heinz Mack fut un acteur central, entre l'évidence du fait matériel et la complexité de ses effets. Une même tension s'applique à l'arborescence de la vie de l'artiste, qui ne saurait être abordée avec fidélité depuis un point de vue fixe ou selon une perspective centrale". Matthieu Poirier "J'ai toujours recherché la simplicité parce que le monde déborde d'images et celles-ci n'apportent que de la confusion. Mais cette simplification, précisait-t-il, ne saurait être assimilée à un appauvrissement : elle produit de l'énergie". Heinz Mack
Ryan Bartholomew ; Danto Arthur Coleman ; Martin J
Présentation de l'oeuvre de l'artiste, qui utilise des oeuvres préexistantes qu'il détourne pour dénoncer la consommation dirigée, l'érotisme mercantile ou encore l'américanisation forcée de nos existences.
Le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria aborde la force de langage de la confiserie et des objets quotidiens. L'oeuvre explore les condensations de l'histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l'objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C'est à travers la confiserie syrienne, que l'installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l'horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées. Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd'hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d'un immatériel qu'on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Abaib Ghouwar, petits sabots syriens en sucre, le souk d'Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd'hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie... Ces confiseries, objets-images et de liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisent le sucre dans la pharmacopée. Au XVIe siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l'histoire ne lui a pas depuis, reprises. Découverte en Syrie par Max Mallowan en 1937, l'idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n'a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l'avenir... En collectant les mots, les histoires et les "mémoires sucrées" de ses amis syriens sur des cartes postales, l'artiste et designer participe à la protection d'une culture dont la trace forme une armure. L'installation est une expérience "fictio-fonctionnelle" , où les objets-mots ont une force perlocutoire. Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l'ensemble de ses actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l'espace. "Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires, aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses" . B. L.
Raoul Hausmann (1886-1971) est l'un des fondateurs du mouvement Dada à Berlin qui, au cours de la première guerre mondiale, a profondément redéfini la forme et les buts de l'art. Il fut un pionnier du collage, du photomontage et de la poésie sonore. Au-delà de son iconoclasme affiché, l'expérience dada a remis en cause les cloisonnements artistiques et la frontière entre l'art et la vie, postulat qui n'a jamais quitté ni Hausmann ni l'art du XXe siècle. En 1933, l'artiste fuit l'Allemagne nazie et, après un périple européen, trouve refuge en Limousin où il demeure jusqu'à son décès. Avec 700 oeuvres et un ensemble d'archives considérable (poèmes, textes théoriques, correspondances, carnets ou encore négatifs photographiques), le fonds Hausmann du musée départemental d'Art contemporain de Rochechouart permet de rendre compte de l'oeuvre ambitieuse de Raoul Hausmann et de l'arrière-plan historique et intellectuel qui l'a nourrie.