C'est la première fois que les Mémoires secrets de Lucien Bonaparte apparaissent dans leur intégralité. Malgré son inachèvement, cette oeuvre est, d'un certain point de vue, la revanche du frère mis à l'écart par Napoléon, un frère talentueux qui n'a pas voulu se plier au vouloir du Premier Consul comme de l'Empereur et qui a sauvegardé sa dignité au prix d'une renonciation aux bénéfices dont la famille impériale a été comblée. Si les mots de Napoléon "Rien pour Lucien marié" résonnent comme un refrain tout au long des Mémoires, Lucien parvient quand même à se créer une place respectable dans la société de son temps, surtout en Italie où sous le patronage du Pape il devient prince de Canino. Ces Mémoires ne sont donc pas seulement une dénonciation, mais un vivant tableau de toute une époque, lent acheminement vers "un despotisme organisé par le génie". L'ironie de l'auteur, sa verve, son intelligence nous montrent sous un jour nouveau les protagonistes d'une société émergente et les rapports complexes qui les unissent.
1809 marque l'année allemande de l'Empereur. Revenu précipitamment d'Espagne au bruit des armements de l'Autriche, Napoléon prépare activement la guerre à venir en mobilisant ses alliés de la Confédération du Rhin. C'est l'objet de nombreuses lettres à Champagny, son ministre des Relations extérieures, à Berthier, son major général, et aux princes allemands concernés. Quand arrive l'automne, une fois la paix signée à Vienne le 14 octobre (après notamment la célèbre bataille de Wagram), il lui faut venir à bout des dernières résistances du Tyrol et surtout achever de dessiner la carte de la nouvelle Allemagne, qu'il ne cesse de remodeler depuis 1802. Si Napoléon ne peut se désengager de l'Allemagne tant que continue la guerre contre l'Angleterre, et se rassure de l'apparente « bonhomie » de caractère des Allemands, apparaissent ici et là quelques signes de la future révolte de l'Allemagne contre un libérateur qu'elle considère aussi comme un oppresseur. Ce volume important s'achève avec un autre basculement, le divorce entre l'Empereur et Joséphine, l'épouse liée intimement à son ascension et à l'établissement de son règne. Préface par Michel Kerautret 3265 lettres (Février 1809-Février 1810) Chronologie détaillée 2 index Cartes, fac-similés 1944 pages
Automne 1795. Un jeune général d'origine corse laisse derrière lui son premier amour pour faire face à son destin. Tiraillé entre le coeur et la raison, il s'en remet à sa plume et compose un petit récit, esquisse d'un amour parfait, gâché par la traîtrise mais ennobli par la guerre. Ce sera l'ultime tentative littéraire de Napoléon Bonaparte.La découverte de nombreux fragments inédits permet de révéler dans cette première édition intégrale la version la plus aboutie du roman et de corriger les multiples erreurs de transcription antérieures.Un essai de Gérard Gengembre et des commentaires de Peter Hicks et Émilie Barthet replacent le roman dans son contexte historique et littéraire, ce qui permet d'apprécier la part d'autobiographie et celle de fiction qui font la trame de ce roman d'amour.
Bonaparte Napoléon ; Madec Gabriel ; Houdecek Fran
On pourrait résumer ce volume 8, portant sur l année 1808 et janvier 1809, aux « affaires » de la péninsule Ibérique qui sont omniprésentes: Aranjuez, Madrid, Bayonne, Baylen en forment les jalons les plus marquants. Mais il faut y ajouter l entrevue d Erfurt où Napoléon et Alexandre tentent de consolider les accords établis un an plus tôt ou l occupation de Rome qui entérine les désaccords profonds entre la France et la Papauté. L année 1808 marque en réalité un tournant décisif dans l histoire du Premier Empire: c est ici qu apparaissent les premières fissures dans l édifice européen voulu par Napoléon.Ce nouvel opus de la Correspondance générale publiée par la Fondation Napoléon regroupe 3025 lettres annotées par Gabriel Madec. Collectées en France et à l étranger, ces lettres augmentent le corpus connus depuis le Second Empire de près de 62 %; 25 % des lettres peuvent être considérées comme inédites. Ce volume est enrichit de 5 cartes, d une étude, d annexes et des indispensables index (notamment biographique). Avec ce 8e volume de la Correspondance générale, la Fondation Napoléon entame la seconde moitié de la vaste entreprise qu elle s est fixée.
Résumé : Dans les 3006 lettres qui couvrent l'année 1810, la première des affaires importantes est sans nul doute le mariage autrichien. Napoléon avait tout d'abord hésité à entrer dans la famille des Habsbourg mais une fois décidé, il ne sait cacher son impatience et attend fébrilement l'arrivée de sa jeune épouse. Les premiers contacts se révèlent très positifs. Napoléon est enchanté de "sa Louise" et s'empresse de le communiquer à François 1er, son plus ancien ennemi, devenu en l'occasion son très cher "frère et beau-père". Ce mariage lui promet de surcroît une descendance qui devient réalité un an plus tard, le 20 mars 1811. Pourtant, ce mariage est gâché par l'absence de 13 cardinaux sur les 27 invités. En effet Pie VI, détenu à Savone, a non seulement excommunié Napoléon et a refusé de reconnaître la nullité de son premier mariage, mais il persiste à refuser l'investiture des prêtres et évêques nommés par l'Empereur. Enfin, cette union modifie le système des alliances : la Turquie et la Russie n'y sont pas favorables, alors que l'Autriche est le nouvel allié. Napoléon renforce donc l'intensification du blocus continental en fermant le continent européen aux Anglais, et multiplie les annexions dont celle de la Hollande.
Deux cent vingt ans après son lancement, l'expédition d'Egypte continue à fasciner. Vraie découverte scientifique, elle a aussi été une conquête coloniale, pensée comme telle, qui s'est du reste prolongée après le départ de Bonaparte. Ce volume propose des regards neufs sur l'expédition, depuis le rêve oriental de Bonaparte et son approche de l'islam jusqu'aux codes utilisés par l'armée sur place, en passant par le rôle de la flottille organisée sur le Nil pour conquérir la haute Egypte, l'action de Berthier et de Marmont, le spleen de l'armée, l'administration du pays, pour finir par une réflexion sur la question d'Orient et la mémoire de l'expédition telle que Napoléon a voulu la construire en dictant sa vision des événements passés.
Alors que le Second Empire, très longtemps négligé par l'historiographie, bénéficie depuis plusieurs décennies d'une réévaluation historiographique et d'une redécouverte par le grand public, tel n'est pas le cas de son ultime phase, l'Empire libéral, qui est pourtant d'une richesse inouïe sur tous les plans : politique, culturel, économique, social, impérial et international. Ce livre propose d'abord un état des lieux de nos connaissances sur l'Empire libéral, à la lumière de récents travaux. Il élargit ensuite la problématique autour de trois axes : la signification politique de ce nouvel écosystème, la prise en compte des forces profondes de l'économie durant l'Empire libéral, enfin l'insertion de celui-ci dans les transformations contemporaines de l'Europe et du monde. Au prisme de l'histoire globale, il permet de redécouvrir cette période-clé de notre modernité qui, par bien des traits, fait écho à notre actualité.
Le premier objectif de la réalisation de ce Dictionnaire a été pour l'auteur de mieux connaître les grandes lignes de ce conflit qui a duré neuf mois et dix jours. Son deuxième objectif est de transmettre à ses compatriotes ce qu'a été cette guerre franco-prussienne méconnue en France, et mal aimée par les Français, et pour cause... Si l'origine de ce conflit découle en partie des guerres du Ier Empire - "Sans Iéna pas de Versailles" déclara Bismarck -, la guerre de 1870 a, quant à elle, engendré la Première Guerre mondiale, elle-même à l'origine de la Seconde Guerre mondiale. Pendant précisément 75 ans, du 6 août 1870 - la charge de Reichshoffen -, au 6 août 1945 - l'explosion atomique sur Hiroshima -, c'est d'une certaine manière, la même guerre dont les batailles s'enchaînent... L'ouvrage s'inscrit dans les commémorations, en 2020 et 2021, des 150 ans des évènements de ce conflit franco-allemand. Ce Dictionnaire, introduit par une préface du Professeur Jean Tulard, comporte 350 notices conçues dans un esprit pratique et pédagogique. Dans son préambule se déroule la chronologie des événements entre le 19 juillet 1870 et le traité de Francfort du 10 mai 1871 : 98 dates, qui toutes reportent à une des notices. Leur lecture permettra de connaître et comprendre cette guerre, et de savoir pourquoi la France l'a tragiquement perdue.
Richement illustré de documents inédits et de photos d'époque, cet ouvrage s'intéresse au regard que les enfants, français, anglais, allemands, autrichiens, belges ou alsaciens-lorrains, portaient sur cette guerre. A travers leurs textes et leurs dessins, leurs devoirs d'école, les courriers échangés avec le père mobilisé, leurs jeux et leurs jouets, on découvre la réalité de leur condition. Un album révélateur et qui nous interpelle à une époque où, cent ans après, les enfants sont toujours témoins, héros ou victimes des conflits qui ensanglantent la planète.