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Fragments du dedans
Bon François
GRASSET
21,20 €
Épuisé
EAN :9782246806905
Quand François Bon s'attaque à l'exercice de l'abécédaire, il l'ouvre par un "Abandon" et le signe, du bout de son clavier, d'un "Z". Entre les deux, il affronte, et déconstruit, et explore les 26 lettres pour délivrer au total 152 entrées. C'est l'avancée par prolifération. La pensée qui, confrontée à chaque nouveau terme, se déploie. Attente, Bord, Cheval, Cri, Double, Escalier, Futur, Je, Koala, Lire, Machines, Musique, Réalité, Roue, Sandwich, Table sont autant d'entrées sur la planète Bon. Les mots apparaissent comme les pièces d'un puzzle tentaculaire : vue plongeante sur le monde enfoui de l'auteur. Avec le courage de l'écrivain et l'honnêteté de l'homme, François Bon pose pierre à pierre les fondements de son édifice. Au fil de cette quête littéraire et intime, transparaît une audace à jauger les frontières du réel. En nourrissant le conscient de l'inconscient, François Bon s'aventure dans la lumière et ses ombres. Car cette exploration, cette façon de se frotter aux extrêmes, passent par l'expérience confondue de la rêverie et de la littérature. Entrer en soi et lâcher prise pour saisir sur le vif ce qui s'y offre. A l'aveugle, et pourtant dans une forme de clairvoyance, l'auteur joue sans compromis le jeu des lettres. Il éprouve la langue, tire à la lumière, à la force des mots, le plus obscurément retiré. François Bon lui-même s'éprouve et livre, sous nos yeux de lecteur, son cosmos du dedans.
Sortie d'usine: le moment même de la sortie, la débauche, cette bousculade. Mais aussi la sortie définitive: la mort, au quotidien de l'usine, ou l'accident, la mutilation, Ou parce qu'on envoie un jour sa lettre de démission, sur un coup de tête, longtemps retardé: et qu'une fois parti se révèle la peur, que jusque dans les rêves persiste la peur de la machine, de l'usine-maison, de l'enfermement dans un temps figé, déchu. Sortie d'usine - roman, parce que la fiction qui veut conjurer cette peur, si elle inscrit des figures prises à l'usine, en est déjà isolée: comme ces aperçus qu'on en saisit de la rue, par un portail ouvert.
Le lieu du drame : la Lorraine. Paysage de fer et d'acier ravagé par la crise de la sidérurgie à la fin des années 1970, puis, plus près de nous, par une reconversion ratée dans l'électroménager : l'implantation spéculative et vite avortée de Daewoo, la fameuse société à capitaux coréens. Trois sites, trois usines : Villers-la-Montagne, Fameck, Mont-Saint-Martin. Les personnages principaux : le narrateur parti à la découverte des lieux un an après la liquidation des trois usines, toutes ces femmes brutalement licenciées entre septembre 2002 et janvier 2003. La trame du roman : lorsqu'en 1998, Daewoo liquide 32 de ses 47 usines dans le monde, les trois sites de la vallée de la Fensch (financés sur fonds publics dans le cadre d'un plan de reconversion) occupent 1200 personnes, en grande majorité des femmes. Soudain, leur vie bascule. Et un an plus tard, elles se racontent au narrateur. Scénario tristement banal bien sûr, si l'on veut bien se souvenir du drame de ceux de Metaleurop, de Danone, etc. Très vite, pourtant, le lecteur apprend qu'une certaine Sylvia, la meneuse dans la résistance à la fermeture des sites, s'est suicidée peu après. Et cette disparition donne son unité à l'histoire tout entière. L'habileté de l'écrivain consiste à reconstruire l'épopée de ces femmes admirables, mains rongées aux acides, courage intact, en la faisant raconter non seulement par elles, mais aussi, et comme en écho, par des actrices de théâtre travaillant précisément, sous la direction du narrateur, à mettre en scène cette parole ouvrière-là afin qu'elle prenne sens par-delà les discours convenus sur les dégâts du progrès ou les ravages du libéralisme. Paroles recueillies, paroles reconstruites. Paroles dites, paroles jouées.
Le 1er mai 2005, descendu de nuit à ma table de travail pour cause d'insomnie, j'imagine une sorte de livre fait tout entier d'histoires inventées et souvenirs mêlés, ces instants de bascule dans l'expérience du jour et des villes, écriture sans préméditation et immédiatement disponible sur Internet, mis en ligne au quotidien. (...) Après un an d'écriture continue, ce 1er mai 2006, je clos cette recherche." Le résultat, c'est ce roman d'initiation, fortement autobiographique, mise en scène de François B., écrivain dont les livres et les villes sont l'horizon. La contrainte de l'écriture directe sur le site Internet, sans le tamis du traitement de texte, produit une matière vivante inédite. Du même auteur : Paysage de fer ; Daewoo.
Au début des années 1990, François Bon s'est lancé dans l'aventure des ateliers d'écriture. Il en conduit un peu partout en France, suscitant et écoutant la parole de publics en situation extrême, lycéens de banlieues difficiles, Rmistes à la dérive, détenus, mais aussi de publics plus spécifiques, étudiants en sciences, acteurs de théâtre, enseignants par exemple. Autant de rencontres et de découvertes radicales dont son oeuvre porte trace. Tous les mots sont adultes, dit Maurice Blanchot, et l'on peut réaliser une partie de soi-même dans l'écriture d'un texte, amener au jour ce qui jusque-là s'était tu ou caché derrière les choses apprises, les schémas prédéfinis, les rhétoriques mortes. Mais comment s'y prendre ? Le livre est organisé en cinq journées de formation. Chacune d'elle se déroule autour d'invitations, de mises en mouvement, toujours suscités par l'appui sur une oeuvre marquante, "classique" ou contemporaine.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.