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Portrait de Sigmund Freud. Trésors d'une correspondance
Bolzinger André
CAMPAGNE PREM
29,50 €
Épuisé
EAN :9782915789850
PrésentationL'oeuvre de Sigmund Freud s'efforce de dépasser le cadre viennois afin que la psychanalyse soit reconnue comme une véritable science. Par définition, toute science parie sur l'universel; mais, en fait, l'idée d'universel varie d'un lieu à l'autre. Elle est fédératrice à Vienne, centraliste à Paris, pangermaniste à Berlin, catholique à Rome. Les écrits freudiens sont inséparables de Vienne, de l'esprit des lieux et du parler local.Les biographes ont tenté d'effacer l'accent allemand de Freud et de tracer un portrait conforme à leur penchant personnel: le solipsisme britannique, la désinvolture yankee, la fantaisie sud-américaine; la mode parisienne a privilégié le ton philosophique et le culte dévot des concepts et de la théorie.Certes, les lettres freudiennes expriment souvent une réaction d'insulaire, mais, en l'occurrence, c'est Freud lui-même qui tient la plume. Si son courrier formule parfois des avis désinvoltes ou fantaisistes, ce sont les siens, ni plus ni moins; l'épistolier se montre enthousiaste, ingénu, parfois grincheux ou docte, il ne parle pas ex cathedra et dédaigne la spéculation sur les idées. Ces milliers de pages, destinées à une soixantaine de correspondants, délivrent une jolie mosaïque de remarques, de confidences ou de citations déposées au fil de la plume; elles montrent l'homme tel que lui-même s'avoue au soir d'une journée de travail.Un portrait autographe, insolite parce que méconnu.Le créateur de la psychanalyse a vécu dans un bain de langues: l'allemand moderne, l'anglais des gouvernantes britanniques, le français des salons bourgeois, l'italien pour l'amour de Mozart, l'espagnol de Cervantès, sans oublier le yiddish des ashkénazes. Le volapuk et l'espéranto sont hors jeu; parler d'une seule voix serait absurde dans la capitale des Habsbourg, au coeur d'un Empire multi-ethnique.Le docteur Freud est juif et athée, philanthrope selon la tradition de la médecine viennoise, misanthrope comme un chercheur solitaire aux travaux dénigrés. Opiniâtre, insoumis et résigné, prudent et impulsif. Germanophile et antiprussien. Francophile et francophobe. Lecteur amical de Goethe et de Heine, de Shakespeare, de Daudet, Zola et Anatole France. Il cite la plupart des auteurs en version originale: traduire introduirait un leurre. Seule convient la finesse d'une oreille polyvalente qui reçoit le mot à mot originel; seule la langue première peut orienter l'analyse d'un rêve ou saisir le brio d'un mot d'esprit. Il est exclu de discuter de manière lointaine, du point de vue de Sirius ou dans la lucidité postiche des simplifications d'après-coup: ces feintes dénaturent la diversité culturelle et la flexibilité des opinions.Le florilège des lettres ici réunies, découpées et articulées, fait entendre la voix d'un soliste dans la polyphonie viennoise, couplets et refrains. Le vocabulaire est alerte, la syntaxe orale, le ton enjoué, l'humeur dépourvue de toute allégeance à une pensée unique. Les harmoniques de cette écriture seront reçues et ponctuées par une lecture bienveillante, sans qu'il soit opportun de glisser en incise des remarques critiques, une mise en distance, suspicieuse ou réprobatrice. Le lecteur fait crédit à ce que le rédacteur lui donne à lire comme l'analyste reçoit les mots venus du divan sans contredire.Les écrits rassemblés dans les Gesammelte Werke forment le côté cour de l'édifice freudien, et la correspondance le côté jardin.
? CONTINUE ? " proclame sans ambiguïté une peinture en toutes lettres. En toute peinture. C'est une injonction mais ce pourrait être aussi, simplement, un constat. La peinture continue, comme une ligne. Et Marie-Cécile Aptel est peintre. Son travail est essentiellement engagé dans des questions de picturalité. Son principal sujet n'est autre que la peinture elle-même. Elle recouvre la toile, la reprend souvent, la détruit parfois. L'histoire de la peinture est consignée au dos du tableau où défile une drôle de généalogie. C'est le travail de la peinture : du temps, essentiellement. Le temps de faire, de décanter, de reprendre. Les peintures se suivent et ne se ressemblent pas même si l'on peut en rassembler certaines par familles, avec deux grandes directions ? : celles qui vont vers une sorte de dépouillement, espace ouvert, calme, et celles qui, au contraire, sont constituées d'une multitude de strates et de recouvrements, écritures superposées, biffures, surabondance de signes de toutes sortes, notamment directionnels afin, non pas d'indiquer un quelconque sens mais de brouiller les pistes. De la peinture par soustraction ou par addition mais jamais par omission. Le regard glisse à la surface de la toile dont l'espace semble s'étendre à l'infini ou bien se perd dans le dédale des signes. Ne se priver de rien, d'aucune possibilité? ; peindre de toutes manières, mais toujours à l'échelle d'un corps, et souvent même un peu au-delà, en se hissant sur la pointe des pieds. La peinture doit excéder, excéder l'échelle du corps, l'angle de vision, la compréhension même. Mobiliser tous les sens, dans tous les sens, au propre et au figuré, et jouer avec les mots avec la même gourmandise, sans trop de sérieux ? ; jouer, ce n'est pas la moindre des choses. Par quels moyens ou chemins, une peinture qui relève plutôt, à première vue, du champ de l'abstraction, entretient-elle des liens avec le réel ?? Le rapport le plus explicite, celui qui se donne à lire immédiatement, c'est le mot. Les mots qui convoquent les choses. On trouve aussi du réel, par bribes, des morceaux extraits du réel, des bouts de choses, pas toujours identifiables, qu'importe. Ce sont des choses un peu sales, aux contours imprécis, qui manifestent leur statut de choses prélevées. La peinture raboute des morceaux de réel, recoud, répare peut-être ou plus - ou moins - exactement, rafistole. Faire avec, accommoder les restes. Citer et dans le même mouvement renverser le sens commun, ou le multiplier. Brouiller les pistes. Jouer encore et toujours. Le mot qui vient spontanément, c'est ALERTE. Une peinture alerte mais aussi une peinture en alerte et aussi une peinture qui alerte, non pour asséner des vérités mais pour rappeler au contraire l'importance de détourner le sens, de le déjouer, ou le démultiplier, pour à la fois en montrer l'étendue et la plasticité mais aussi le relativiser ? : une chose e(s)t son contraire.
L'autisme est devenu un problème central dans la pathologie des enfants; non pas tant en raison du nombre des enfants qui en souffrent que du fait de la particularité de leur fonctionnement psychique. En remontant aux sources des histoires d'enfants autistes, des praticiens-chercheurs et des parents ont découvert que certains d'entre eux pouvaient, bébés, adresser des signes spécifiques de leur souffrance singulière. Cet ouvrage pluriel envisage ces signes précoces des bébés à risque autistique. En effet, apprendre à écouter ces messages sans paroles peut aider les bébés et leur famille à rencontrer les personnes compétentes qui pourront les accompagner efficacement. Quel peut être le vécu des bébés à risque autistique? Quels sont les dispositifs de soin auxquels les parents pourront avoir recours? Quels sont les problèmes éthiques qui ne manquent pas d'être ici convoqués? Biographie de l'auteur Pierre Delion est professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, chef du service de pédopsychiatrie, CHU de Lille.
André Bolzinger analyse avec minutie le texte que Daniel Paul Schreber (" le Président Schreber " des Cinq Psychanalyses de Freud) rédige à l'asile entre 1896 et 1902 pour recouvrer sa liberté, à l'intention du tribunal. Echafaudage de raisonnements érotico-théologiques, discours sur Dieu, théorie de la femme, rendent sensibles l'expérience intime et immatérielle, le mystère de la folie. L'auteur retrace l'historique de l'affrontement continuel entre les enjeux médicaux, psychanalytiques et littéraires, suscité par ce témoignage. Lire Schreber est pour Freud une tentative d'aller vers la psychiatrie et d'amarrer les psychiatres à la psychanalyse. Depuis Lacan, lire Schreber fait éclater la différence entre l'approche psychiatrique et l'approche psychanalytique de la psychose. Ou bien on se laisse porter par la clinique standardisée du psychiatre, arrosée d'interprétations psychanalytiques, ou bien on opte pour une approche plus personnalisée des souffrances d'un sujet qui est privé du bonheur de rêver. Un livre lumineux sur la folie.
Après Freud adolescent, Florian Houssier poursuit sa présentation du jeune Freud. Avant d'entrer à la faculté de médecine de Vienne, le nouveau bachelier se plonge dans l'étude du français et de la philosophie. Sa vie sentimentale et sexuelle est réduite à sa plus simple expression. Plus tard, la relation à distance avec sa fiancée, Martha Bernays, s'accompagne d'un fantasme de possession. Toutefois, son amour du monde des livres et du langage écrit éveille son intérêt pour la recherche d'une vérité humaine. Poids du legs parental, de la nécessaire réparation d'une famille dans la gêne, et difficultés récurrentes à trouver de l'argent, fin de sa longue relation avec Eduard Silberstein, son principal ami d'adolescence, fascination pour les duos mère-fille, quête d'identifications masculines et surinvestissement de la vie psychique font partie des traits mis en évidence par l'auteur. Il souligne combien cette période est celle de basculements essentiels dans la vie de Sigmund Freud. En psychanalyste formé à l'étude de l'âme humaine et en biographe s'appuyant sur des archives sûres, Florian Houssier nous fait comprendre comment ces années ont conduit l'étudiant Sigmund Freud à devenir l'inventeur d'une nouvelle science de l'homme.
On a peu écrit sur l?activité de Freud éditeur. Une exploration des Almanachs de la psychanalyse, treize jolis volumes composant une sorte de "revue des revues" psychanalytique, éclaire de l?intérieur l?activité éditoriale intense de Freud. Entre l?automne 1925 et l?année 1938, sa Maison d?édition viennoise (Verlag) édite ces Almanachs à 10 000 exemplaires, année après année, pendant le temps mouvementé de l?entre deux guerres, jalonné de crises en tous genres ? y compris au sein du mouvement psychanalytique. Catalogue des publications de l?année écoulée, mais surtout reprise d?articles et de bonnes feuilles d?ouvrages issus du champ de la psychanalyse (Freud y publie parfois en édition originale), mais également de domaines proches, ces Almanachs offrent, dans l?après coup d?une lecture actuelle, un panorama exceptionnel des premières inscriptions de la psychanalyse dans le monde. Freud voyait juste, quand il parlait de sa Maison d?édition (Verlag) comme de l?enjeu principal de l?Association internationale de psychanalyse : l?indépendance éditoriale signait l?indépendance de la pensée. Emigrant à Londres en juin 1938, il savait, notamment, que les douze volumes de son oeuvre, désormais traduite en nombreuses langues, et dont les almanachs avaient été un vecteur de diffusion important, était sauvée. Et son oeuvre, il y tenait plus qu?à sa vie.
Si nous tous, êtres humains, sommes le texte du monde, nous devons d'abord apprendre à nous lire nous-mêmes, c'est-à-dire à nous voir comme des poèmes. Jean-Michel Rabaté nous guide dans cette exploration, en développant une théorie originale des rapports entre littérature et psychanalyse tels qu'on peut les penser à la suite de Lacan. Il nous introduit à une poétique du vécu, où le langage se noue au corps, où le rire et l'affect occupent une fonction centrale. La seule pièce de théâtre de James Joyce, un roman énigmatique de Maurice Blanchot, les intuitions de Virginia Woolf, mais aussi les écrits de Gide, Rimbaud, Breton, Eluard, Valéry, T. S. Eliot, Bataille, comme les oeuvres de Nietzche, Heidegger, Aristote et Spinoza font partie des textes que l'auteur nous entraîne à écouter pour saisir la jouissance de l'écriture. Car lire, c'est écouter, apprentis que nous sommes, le soleil dans l'oeil.