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Marie-Cécile Aptel
Encrevé Lucile ; Baldinger André
ATELIER CONT
39,00 €
Épuisé
EAN :9782850352003
? CONTINUE ? " proclame sans ambiguïté une peinture en toutes lettres. En toute peinture. C'est une injonction mais ce pourrait être aussi, simplement, un constat. La peinture continue, comme une ligne. Et Marie-Cécile Aptel est peintre. Son travail est essentiellement engagé dans des questions de picturalité. Son principal sujet n'est autre que la peinture elle-même. Elle recouvre la toile, la reprend souvent, la détruit parfois. L'histoire de la peinture est consignée au dos du tableau où défile une drôle de généalogie. C'est le travail de la peinture : du temps, essentiellement. Le temps de faire, de décanter, de reprendre. Les peintures se suivent et ne se ressemblent pas même si l'on peut en rassembler certaines par familles, avec deux grandes directions ? : celles qui vont vers une sorte de dépouillement, espace ouvert, calme, et celles qui, au contraire, sont constituées d'une multitude de strates et de recouvrements, écritures superposées, biffures, surabondance de signes de toutes sortes, notamment directionnels afin, non pas d'indiquer un quelconque sens mais de brouiller les pistes. De la peinture par soustraction ou par addition mais jamais par omission. Le regard glisse à la surface de la toile dont l'espace semble s'étendre à l'infini ou bien se perd dans le dédale des signes. Ne se priver de rien, d'aucune possibilité? ; peindre de toutes manières, mais toujours à l'échelle d'un corps, et souvent même un peu au-delà, en se hissant sur la pointe des pieds. La peinture doit excéder, excéder l'échelle du corps, l'angle de vision, la compréhension même. Mobiliser tous les sens, dans tous les sens, au propre et au figuré, et jouer avec les mots avec la même gourmandise, sans trop de sérieux ? ; jouer, ce n'est pas la moindre des choses. Par quels moyens ou chemins, une peinture qui relève plutôt, à première vue, du champ de l'abstraction, entretient-elle des liens avec le réel ?? Le rapport le plus explicite, celui qui se donne à lire immédiatement, c'est le mot. Les mots qui convoquent les choses. On trouve aussi du réel, par bribes, des morceaux extraits du réel, des bouts de choses, pas toujours identifiables, qu'importe. Ce sont des choses un peu sales, aux contours imprécis, qui manifestent leur statut de choses prélevées. La peinture raboute des morceaux de réel, recoud, répare peut-être ou plus - ou moins - exactement, rafistole. Faire avec, accommoder les restes. Citer et dans le même mouvement renverser le sens commun, ou le multiplier. Brouiller les pistes. Jouer encore et toujours. Le mot qui vient spontanément, c'est ALERTE. Une peinture alerte mais aussi une peinture en alerte et aussi une peinture qui alerte, non pour asséner des vérités mais pour rappeler au contraire l'importance de détourner le sens, de le déjouer, ou le démultiplier, pour à la fois en montrer l'étendue et la plasticité mais aussi le relativiser ? : une chose e(s)t son contraire.
90 peintures sur toile ""Si l'on regarde mes toiles dans leur diversité, me disait Soulages à propos de sa dernière rétrospective parisienne, leur succession apparaît non comme une fatalité, mais comme l'exercice d'une liberté" : liberté du peintre, liberté de la peinture, liberté promise à celui qui désarme devant l'oeuvre son regard pour tenter de la voir. Nous avons choisi ensemble les quatre-vingt-dix peintures sur toile que voici parmi toutes celles qu'il a peintes en déjà soixante années de libre exercice. L'existence du catalogue raisonné de sa peinture sur toile de 1946 à 1997 donne à l'ensemble réuni ici un sens particulier : non pas tenter de faire découvrir l'oeuvre dans toute son ampleur, mais proposer une suite ordonnée de tableaux où le regard du peintre lui-même ressaisit le déploiement de son travail dans ses singularités, ses lignes de force, ses rythmes, sa diversité dans son unité, son renouvellement incessant dans la formidable permanence de l'affirmation d'une grandeur de la peinture et dans la peinture". 90 peintures sur papier ""Ce qui échappe aux mots, ce qui se trouve au plus obscur, au plus secret d'une peinture, c'est cela qui m'intéresse". Il y a une intimité des peintures sur papier de Soulages - pour le peintre, sans doute, qui ne les expose que rarement, comme pour conserver plus longtemps son lien de proximité, mais plus encore pour le regardeur : quand les immenses polyptyques sur toile l'obligent à se tenir à distance et à se déplacer devant eux, sans parvenir pourtant le plus souvent à en saisir l'ensemble d'un seul regard, les papiers, même les plus grands, incitent au contraire au regard rapproché, s'offrent à la saisie simultanée de toute leur surface, invitent à la méditation immobile. Ils proposent une émotion d'une autre nature, où la violence du tête-à-tête avec les signes verticaux des premières années, tout comme la luminosité apollinienne des champs colorés des années récentes ou le crépitement lumineux des derniers "noir et blanc" acquièrent une intensité incomparable. Dans les peintures sur papier, par contraste ou par transparence, concentrée ou dispersée, étale ou agitée, la lumière de Soulages, plus je me rapproche d'elle, plus je suis face à son secret". Pierre Encrevé.
Quatrième de couverture «"Pourquoi le noir ? La seule réponse, dit Soulages, incluant les raisons ignorées incluses au plus obscur de nous-même et des pouvoirs de la peinture, c'est : Parce que." Rencontrer la peinture de Soulages, s'offrir à sa singularité, se déprendre des habitudes du regard pour apprendre à la voir, cela demande de la disponibilité, du temps, de la solitude. Mais au sortir de la visite, alors, quel ébranlement de découvrir en soi qu'un champ mental insoupçonné s'est ouvert.» Pierre Encrevé.
Ils sont sociologues, historiens, anthropologues, linguistes, économistes... Les uns sont des compagnons de route, les autres ont été proches de Bourdieu, à un moment ou à un autre. Tous témoignent d'une expérience de travail avec lui au double sens du terme: travail en commun et théorie en acte qui continue de réengendrer approches et pratiques scientifiques. De là, la diversité des contributions mais aussi la singularité du ton de cet ouvrage, inclassable selon les règles académiques en vigueur: du récit d'un fragment de vie, en passant par le trait anecdotique, à l'analyse des apports théoriques et méthodologiques, tous les registres se croisent, attestant que le travail avec Bourdieu n'a pas calibré la pensée ni les manières de faire. Ces différentes positions et objets révèlent des facettes et des lectures inédites de Bourdieu, qui portent tant sur la réflexivité, les logiques de la pratique, les classements que sur l'économie des biens symboliques et les formes de domination. Dans nombre de contributions sourd également, par touches pudiques, l'émotion du souvenir, sorte de rappel des conditions sensibles de production de la science, souvent passées sous silence et qui font pourtant le quotidien du métier de chercheur. S'il fallait parler d'hommage, c'est un hommage anti-académique que les auteurs de ce livre ont voulu rendre à l'auteur d'Homo academicus.
Résumé : Il s'agit de la réédition en un volume des trois tomes de l'ouvrage Soulages, L'Ouvre complet, Peintures ; t. 1 (1946-195) ; t. 2 (1959-1978) ; t. 3 (1979-1997), de Pierre Encrevé. Le volume reprend intégralement le texte qui accompagnait les reproductions des 1 174 toiles référencées du catalogue raisonné des peintures sur toile de Pierre Soulages. Cette édition est augmentée d'un nouveau chapitre consacré à la période 1997-2006, années durant lesquelles Soulages a peint plus de 130 nouvelles toiles dans un renouvellement continu de son travail. Ce texte retrace l'oeuvre de Soulages : l'analyse des toiles produites, les différentes techniques développées et leur évolution, ainsi que sa réception critique et sa diffusion nationale et internationale. Le texte est accompagné de 120 reproductions choisies pour illustrer les analyses proposées et offrir un panorama complet des peintures de Soulages. C'est l'étude la plus complète sur l'oeuvre de ce peintre majeur. Pierre Encrevé, professeur de linguistique à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est aussi le spécialiste incontesté de l'oeuvre de Soulages. Il publiera à l'automne 2007, au Seuil, des Entretiens avec le peintre dont il est un ami proche depuis trente ans.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Résumé : De 1908 à 1943, Käthe Kollwitz commente dans son journal la vie de son entourage, le progrès de ses travaux et les vicissitudes, lointaines ou infiniment proches, d'une Europe qui s'enfonce rapidement dans le cataclysme. Autant de lignes croisées, chez cette artiste à qui la guerre enleva un fils, et qui ne cessa jamais de croire aux vertus politiques de l'art. Ce Journal est non seulement le portrait d'une artiste, un recueil de réflexions sur sa création, un témoignage formidable de ce que peut être en art l'engagement, mais aussi un tableau terrible et dramatique de l'histoire de l'Allemagne du début de la première à la fin de la seconde guerre mondiale.
Et pour moi-même, quand donc m'est venu ce désir de plonger dans le visible ? Tard, il me semble. Comme si des écailles m'avaient longuement pesé sur les yeux. Enfant, ce sont d'abord les mots qui m'occupent, un écran de mots. Trop d'imaginaire, pas assez de vision, l'un toujours superposé à l'autre, l'oblitérant dans la contemplation des images. Inévitable, nécessaire même, mais pour revenir en arrière, c'est un long chemin... Essai d'un homme de la lettre converti à l'image, Le désir de voir retrace une initiation au regard pictural. Intitulées "Voir dans le noir", "L'instant de voir", "Voir en rêve" et "Manières de voir", les étapes de cet essai discrètement autobiographique donnent lieu à l'exploration de plusieurs modes de vision, découverts au croisement d'expériences personnelles, d'expérimentations artistiques, de lectures et de contemplations. Entamé sous les auspices de Michaux et de ses peintures-idéogrammes, poursuivi dans le compagnonnage des dessins signes ou schèmes d'Alexandre Hollan, élargi au contact — entre autres — des encres de Joan Barbarà, des monotypes de Degas, de l'"outre-noir" de Pierre Soulages et des "protographies" d'Oscar Munoz, ce parcours est désirant et raisonné. Confessant son statut initial d'étranger dans le royaume des images, et soupçonnant ses affinités picturales d'être entachées du signe de l'écrit, Laurent Jenny convertit cette nécessité en haute vertu, dans des analyses dont sont seuls capables un regard consciencieux et une parole consciente des limites de son pouvoir : "Ecoute-voir", dit le langage familier "Regarde-dire" me semble aussi un bon chemin. Essayons... Et son parcours fructueux de devenir ainsi celui de son lecteur.
Saillies rocheuses à l'aplomb du vide. Mers de rocaille noire, montagnes aux crêtes déchirées, falaises brisant la battue grise des flots. Heurts de vagues, chutes d'eaux, jaillissement de geysers où planent en silence des oiseaux impavides. Coulées de glaces, éboulis, moraines, routes fourvoyées, silhouettes énormes de plateformes pétrolières à l'abandon, jetées barrant vainement la mer, masures ruinées, carcasses d'avions. Figures emmitouflées et anonymes, de dos ou en profil perdu, s'éloignant, périssables, dans un désert de neige... Les images rapportées par le photographe Patrick Bogner de ses incursions aux abords du cercle arctique, dans les Orcades, les Féroé, à Saint-Kilda, en Islande ou en Norvège, mettent en scène le sublime écrasant de paysages déserts et déchaînés, inhabitables, où l'homme, fatalement de passage, vient rechercher un face-à-face avec des forces qui l'excèdent. Les sources de son inspiration sont à chercher au-delà du regain d'intérêt récent pour cette nature nordique, ou peut-être en-deçà, dans un sous-bassement culturel dont toutes les manifestations sont loin d'être taries : ce romantisme primitif dont accouche le Sturm und Drang. Dans son avant-propos, Patrick Bogner s'inscrit résolument dans la lignée de ces écrivains allemands, anglais et français - Goethe, Lenz, Tieck, Büchner, Blake, Chateaubriand, Hugo, Nerval... - dont les citations scandent l'ouvrage et pour qui le spectacle de la nature offre le répondant d'un état intérieur. Il se déclare, surtout, héritier de Caspar David Friedrich, plaçant ainsi son travail sous l'autorité d'une peinture de paysage dont l'ambition est de susciter une contemplation égale à celle des images sacrées. Et de fait, pour tempétueuses, heurtées et accablantes qu'elles soient, les photographies de ce recueil, Erdgeist - "esprit de la terre" , titre aux accents panthéistes - sont prises dans un silence assourdissant qui est en premier lieu celui de l'hiver. Le choix du noir et blanc, portant au paroxysme le contraste entre la terre et le ciel, le roc et la neige, le solide et le liquide, l'inerte et le mouvant, leur confère une dignité hiératique et les conduit à la frontière de l'abstraction, dans cette apparence de dépouillement et simplicité qui est, des mots de l'artiste, "ce qui requiert le plus d'effort" .