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Lieder
Boltanski Luc
EDITIONS MF
14,00 €
Épuisé
EAN :9782915794472
Lieder contient trente deux chants distribués en quatre cycles (Pour une disparue, Ce dont l histoire se souvient, Ce qui survient au passage, Morts d accompagnement), associés à des circonstances, et donc aussi, par conséquent, à des états d esprit différents, à l intersection entre des histoires personnelles et l histoire tout court. Ces chants peuvent être lus (comme on dit, « à voix basse »), ou, de préférence, être dits « à haute voix », tels quels ou accompagnés par de la musique (composée, comme ce fut déjà le cas pour Les Limbes, par Franck Krawczyk). Pour une performance orale, deux ou trois voix sont nécessaires. L unité formelle de l ensemble est en effet assurée par le recours à deux procédés polyphoniques (déjà utilisés, mais séparément, dans trois ouvrages précédents: Poème, 1993, Arfuyen; A l instant, Melville/Leo Scheer, 2003; Les Limbes, éditions MF, 2006). Le premier procédé, associe à chaque texte des « notes explicatives » rassemblées en fin de volume. Ces notes, en précisant la référence hors du texte des motif figurant dans le texte, paraissent d abord destinées à « faire comprendre » ce dont il parle en en restituant le « contexte ». Mais son intention véritable est de rendre palpable l inanité de cette entreprise, puisque le déploiement du contexte est une tâche sans fin et, par là, d inscrire le poème dans son lieu véritable, c est-à-dire dans l entre-deux qui sépare le texte et son commentaire. Le second procédé, inspiré de l écriture musicale, fait intervenir, à l intérieur de chaque texte, différentes voix, qui se superposent, se complètent ou se contredisent. Ces différentes voix, sont notées graphiquement (par la police et la taille des caractères) et leur place est définie. Toutefois les comédiens et les musiciens qui voudraient interpréter ces chants seraient libres de modifier la relation entre les différentes voix et de les combiner à leur convenance. Le terme de Lieder, qui donne son titre à l ensemble, ne doit pas être pris à la lettre puisque, comme dans le cas de la ballade, l agencement des figures prend parfois un tour narratif. C est bien pourtant dans l intention de rejoindre l esprit du Lied que ces chants ont été composés.
Le rapport que la sociologie entretient avec la critique sociale n'a cessé de hanter cette discipline depuis les origines. La sociologie doit-elle être mise au service d'une critique de la société, ce qui suppose de rendre compatibles description et critique? La critique détourne-t-elle la sociologie de son projet scientifique ou en est-elle la finalité sans laquelle la sociologie ne serait qu'une activité vaine, détachée des préoccupations que nourrissent les personnes en société? Cette question a déterminé les couples d'oppositions fondateurs - entre faits et valeurs, idéologie et science, déterminisme et autonomie, structure et action, approches macro et micro sociales, explication et interprétation, etc. Elle dicte deux des principaux programmes qui aujourd'hui configurent la discipline: la sociologie cri-tique des années 1970, particulièrement dans la forme que lui a donnée, en France, Pierre Bourdieu; la sociologie pragmatique de la critique, développée dans les années 1980-1990. Dans la sociologie critique, la description en termes de rapports de forces met l'accent sur la puissance des mécanismes d'oppression, sur la façon dont les opprimés les subissent passivement, allant, dans leur aliénation, jusqu'à adopter les valeurs, intériorisées sous la forme d'idéologies, qui les asservissent. La sociologie pragmatique décrit les actions d'hommes révoltés mais dotés de raison, porte l'accent sur leur capacité, dans certaines conditions historiques, à se lever contre leur domination, à forger des interprétations nouvelles de la réalité au service d'une activité critique. Luc Boltanski propose ici un cadre permettant d'articuler ces deux approches, apparemment antagoniques - l'une déterministe et réservant le beau rôle à la science éclairante du sociologue, l'autre soucieuse de se tenir au plus près de ce que (lisent et font les personnes. Ce travail d'unification le conduit à réélaborer des notions centrales pour la sociologie comme celles de pratique, d'institution, de critique et, finalement, de "réalité sociale". Il a pour ambition de contribuer au renouvellement actuel des pratiques de l'émancipation.
Devant la famille rassemblée pour le repas du soir, passent, sur l'écran de la télévision, des cortèges de miséreux, des corps d'affamés ou de suppliciés. Que faire de ce fait social ? Et dans quelle mesure peut-on dire, de la souffrance à distance, qu'elle comporte, pour le spectateur, des exigences morales, ou encore une dimension politique ? Telles sont les questions que ce livre aborde, sans tomber ni dans la célébration béate du retour de la bonté, ni dans la dénonciation facile d'un spectateur pervers. Refusant les propos d'humeur, hâtifs et péremptoires, prophétiques ou désenchantés, il propose, en prenant appui sur une perspective historique, des outils analytiques pour penser la relation morale et politique à un monde dans lequel les médias occupent une place centrale. Face à la souffrance, un seul impératif : celui de l'action. Certes le spectateur à distance n'a pas les moyens d'intervenir directement. Mais en parlant de ce qu'il a vu et en manifestant la façon dont il s'en est trouvé affecté, il peut entraîner d'autres personnes et, par là, réaliser son engagement. Pour exprimer une parole sur la souffrance de façon à la rendre acceptable, trois formes sont disponibles : la topique de la dénonciation, la topique du sentiment, et la topique esthétique, qui ont été forgées, notamment dans la littérature, après l'introduction de l'argument de la pitié en politique, dans la seconde moitié du XVIII siècle. Médiation nécessaire de l'engagement à distance, la parole n'est pourtant pas à l'abri de la critique. Car il existe bien des paroles qualifiées, par dérision, de verbales, précisément pour souligner le fait qu'elles n'engagent en rien celui qui les exprime. Sous quelles conditions une parole sur la souffrance peut-elle être tenue pour une parole agissante 1 Cette question conduit à la crise actuelle de la pitié, et aux débats récents sur l'action humanitaire et sur sa représentation dans les médias. Elle touche par là aux dimensions politiques de la vie quotidienne.
Une école d'art est un lieu à part, un lieu bizarre, enchanté, maudit, un abri, un théâtre, un microcosme, une île. Il s'agit dans ce livre de décrire cette île de l'intérieur pour les gens qui n'y sont pas. On y arrive sans trop savoir comment, on en repart sans trop savoir vers quoi. On y scrute les horizons incertains de l'art tout en essayant de donner formes aux questions qu'on se pose sur le monde et sur soi. Et pour peu qu'on y enseigne, on peut y percevoir le bruissement des rêves, des peurs, des désirs, des contradictions de ceux qui l'explorent. Composé par fragments, rêveries, questions, réminiscences, ce texte fait le portrait d'une jeunesse dans ses efforts pour surnager dans le grand marasme du présent. Il est aussi une invitation à réfléchir sur le sens du mot apprendre.
Economie Eskimo a ?t? ?crit pour r?pondre ? la question suivante : le bonheur est-il accessible aux terriens ? Et, si oui, comment ? Dans une pratique qui allie ? la fois l'exp?rience et le savoir, et dans lequel on sent grandir sa puissance d'a ecter et d'?tre a ect?. Dans la continuit? conceptuelle et la constitution de la bulle singuli?re. Frank Zappa r?pondrait : dans la musique. Economie Eskimo est un livre sur la pens?e de Zappa : un h?ros ?nigmatique dans le combat des hommes libres contre l'ignorance, la paresse et la peur.
La musique contemporaine, longtemps sujet de discorde et d'affrontement, a déchaîné les passions et fait les titres des médias. Les grandes personnalités tutélaires du siècle dernier, Henri Dutilleux, Pierre Boulez, Pierre Henry, nous ont quittés. Les nouvelles technologies numériques se sont immiscées dans l'art musical comme dans les autres arts. Aujourd'hui multiforme et disséminée, la musique contemporaine attire en France de nombreux créateurs venus du monde entier, grâce à la multiplicité et au dynamisme des ensembles instrumentaux et des centres de création musicale soutenus par la puissance publique et les sociétés civiles. Pour fêter ses quarante ans, le Centre de documentation de la musique contemporaine présente un large panorama de la création musicale du XXIe siècle en donnant la parole à ceux qui la font aujourd'hui. Quatre grands textes présentent les spécificités de la création musicale en France, après quoi un parcours en quatre-vingt-dix voix, émaillé de portraits de compositrices, permet d'explorer ce paysage contrasté.
Les professions musicales comptent parmi les premières à avoir offert aux femmes un accès à des activités qualifiées. Le Conservatoire de musique de Paris a été mixte dès sa création en 1795, soixante-dix ans avant les universités et cent ans avant l'Ecole des beaux-arts. En 1850, les femmes purent officiellement apprendre la composition au Conservatoire de Paris, et malgré embûches et préjugés, nombreuses ont été les compositrices qui ont laissé une oeuvre importante, alors que les histoires de la musique successives ont procédé à leur effacement progressif. Au XXIe siècle, nous avons encore du mal à citer des noms de compositrices de notre époque. Ce livre souhaite donner une visibilité à cinquante-trois compositrices actives en France, issues de vingt nationalités différentes, dressant un paysage musical d'une grande diversité.