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Victimes du présent, victimes du passé. Vers la sociologie des victimes
Bogalska-Martin Ewa
L'HARMATTAN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782747574907
Entre la mémoire du passé et l'apparition toujours renouvelée du présent, quelle place occupe la victime dans l'imaginaire social contemporain ? Comment est-elle traitée dans le discours et les pratiques juridiques ? Dans quelle mesure, un destin victimaire partagé collectivement transforme ou fait émerger des constructions identitaires singulières ? Au-delà des réponses à ces questions, les analyses réunies dans ce volume montrent que la sociologie des victimes ne peut faire l'économie d'une réflexion sur la définition du concept et sur son statut épistémologique. Elles sont complétées par une vision anthropologique des manières de vivre la victimisation par des groupes d'immigrés illégaux, de déracinés, par des individus et des communautés brisées par les multiples formes de la violence, y compris celle de la misère. Trouvant son point d'ancrage dans l'analyse des expériences victimaires, la sociologie révèle ainsi sa capacité à rendre intelligible un vaste processus de production de discours et de négociation sociale et symbolique, qui statuent sur la légitimité de la violence, sur la posture de la victime " digne " de se voir reconnaître sa souffrance et avoir droit à réparation. La sociologie des victimes montre sa pertinence là où les sociologues interrogent l'avènement du sujet moderne dans un monde incertain de ses valeurs, monde déchiré par des forces contradictoires. Les auteurs montrent, comment, sans quitter le champ archaïque du sacré, la présence des victimes participe à la recomposition du droit et de l'action sociale, fait navre de nouveaux rites et participe à la construction de nouvelles utopies sociales qui, se déploient dans des champs religieux réinventés. La question de la victime est traitée ici de manière pluridisciplinaire, réflexive et empirique, dans un contexte global et plus particulièrement latino-américain.
Les sociétés humaines ont toujours été confrontées à la question de job : pourquoi ? Cette question se pose aujourd'hui à ceux qui cherchent à comprendre et à donner sens à la souffrance des victimes frappées par la violence aveugle, par l'injustice qui transforme à son tour les hommes en armes productrices de victimes. La question pourquoi ? a traversé les siècles, les groupes sociaux, sans jamais obtenir de réponse satisfaisante. Elle est au cœur du questionnement que l'homme développe sur lui-même depuis les origines de l'humanité mais, la question de job ne peut trouver de réponse définitive. L'ouvrage situe ces interrogations dans une perspective développée par la sociologie des formes symboliques de la connaissance. Car, bien avant que les idéologies de la pitié et de la miséricorde divine cèdent la place aux idéologies de l'aide, de la réparation, de la commémoration et de la reconnaissance, l'Occident a élaboré des cadres imaginaires pour pouvoir cacher ses victimes derrière les images puissantes de la tradition héroïque associée à la notion de progrès. Après Auschwitz et la révélation de la réalité vécue par les victimes de génocide, ce cadre était brisé. Depuis les années 80, la symbolique de la victime est projetée au cœur de la pensée moderne de l'Occident et la figure de victime fait partie, consciemment et/ou inconsciemment, de la mémoire collective. Pour nos contemporains, la mémoire des victimes représente un enjeu politique et juridique central dans les revendications de reconnaissance. Elle fonde des idéologies nouvelles qui accompagnent l'avènement de la Postmodernité. Il est possible que le choc ressenti en Occident après le 11 septembre 2001 produise aussi un effet sur la pensée victimaire. Il a déjà révélé l'existence d'un lien tragique unissant ceux qui pensaient maîtriser la violence et éloigner de leur société le spectre du destin victimaire et ceux, victimes marginalisées d'un monde global, qui considèrent que la violence et le sacrifice sont les seuls moyens de se faire entendre et de manifester leur révolte face aux multiples formes de domination.
Mezzouj Fatima ; Bogalska-Martin Ewa ; Jaeger Marc
Cet ouvrage s'intéressant aux personnes immigrées en France âgées de 60 ans et plus, originaires du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie, et aux professionnels de l'action sociale et médico-sociale est structuré en trois points. Le premier aborde le passage du paradigme de l'immigré âgé en souffrance permanente subissant les contraintes de la vie à celui de l'acteur en capacité d'appréhender sa situation de manière objective. Le second traite de l'accompagnement social de ces immigrés vieillissants par les professionnels. Le troisième point enfin s'intéresse aux pratiques inspirantes issues de nos travaux avec les professionnels. A partir de l'analyse des parcours de vie de ces personnes âgées immigrées, cet ouvrage apporte un éclairage intéressant sur la souffrance et le bonheur de cette population.
La crise financière, la crise économique et la dette publique dévoilent la fragilité de la construction d'une zone euro privée des moyens d'une vraie politique économique et monétaire, ainsi que l'impact du fonctionnement des marchés financiers non régulés et déconnectés de l'économie réelle. L'absence de projet social cohérent devient, en ces temps de crise, particulièrement préjudiciable pour le devenir de la construction européenne.
Ce petit livre, destiné à tout lecteur concerné par les questions de construction des imaginaires contemporains, analyse l'implication de l'Eglise catholique romaine du XIXe siècle, comme institution à la fois religieuse et politique, dans le processus de formation des mythes modernes et, en particulier, celui de la liberté. Par l'intermédiaire d'une relecture des encycliques, l'analyse du discours pontifical montre la capacité de l'Église à suivre et guider les changements rapides qui se manifestent dans les sociétés européennes de l'époque. Perçue comme l'incarnation du profane, au début du XIXe siècle la liberté fait peur aux souverains pontifes. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les papes Pie IX et Léon XIII cherchent très activement à enraciner la doctrine ecclésiastique dans un monde en pleine mutation, à la connecter de manière moderne à l'histoire sociale des peuples européens qui luttent pour leur liberté. En 1885 Léon XIII écrit l'homme ne peut croire que de plein gré. Cette affirmation marque un moment décisif dans l'évolution de la pensée de l'Eglise sur la notion de liberté. Capable de reconnaître le bien, catholique et libre, l'homme ne s'éloigne pas de l'Eglise, au contraire, l'usage de sa liberté le conduit vers l'Eglise, car elle se trouve au coeur de l'acte de foi. Elle est sacrée. Le XXe siècle, peut s'alors engager dans les actions conduites au nom de la liberté et de la raison qui révéleront tous leurs paradoxes.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.