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Chez les toubibs
Bofa Gus
CORNELIUS
32,50 €
Épuisé
EAN :9782360810857
Présentation de l'éditeur Grièvement touché aux jambes le 7 décembre 1940, lors d'une patrouille dans le secteur du Bois-le-Prêtre, le soldat Gus Bofa refuse de se laisser amputer. Trimballé d'une ville à l'autre, d'un traitement à l'autre, il endure la promiscuité et la rigueur de l'hôpital jusqu'à sa démobilisation en novembre 1915. Deux ans plus tard, alors qu'il commence à peine à remarcher, soutenu par des béquilles, il s'offre le luxe de dénoncer, en plein conflit et malgré la censure, le sort que le service de santé réserve aux blessés confiés à ses soins. A la fois témoignage et pamphlet, Chez les Toubibs paraît en décembre 1917. Qualifié par Roland Dorgelès de "béquille lancée dans les jambes des majors", cet album raconte le quotidien des hôpitaux militaires, univers absurde où l'on rafistole le bétail humain pour le renvoyer à l'abattoir. Dépassé par l'ampleur de la catastrophe, le personnel de santé vaque benoîtement à sa besogne. Cynisme ou indifférence, les toubibs refusent d'avouer leur faillite. Loin du cliché des infirmières sémillantes et des chirurgiens dévoués, Bofa décrit un système qui transforme les blessés en cobayes livrés à l'arbitraire des majors.
Présentation de l'éditeur Quand donc finira l'incompréhensible purgatoire dont est victime depuis bientôt 50 ans l'un des plus prodigieux dessinateurs du 20ème siècle? Quand donc cet inventeur de génie cessera-t'il d'être le trésor jalousement gardé de quelques initiés? On reste abasourdi devant un tel mystère! Comment ce rénovateur des formes peut-il rester à ce point méconnu de nos jours alors même que la liste de ses descendants ressemble au plus extraordinaire panthéon de l'illustration et de la bande dessinée? Saint-Ogan, Jean Bruller (alias Vercors), Hergé, Tardi, Moebius, de Crécy, Avril, Dupuy & Berberian, tous ont puisé avec bonheur dans les voies ouvertes dès le début du siècle dernier par cet homme farouchement libre. Artiste aux multiples facettes, Gus Bofa publia de son vivant un nombre incalculable d'affiches, de dessins satiriques et d'illustrations, variant les registres et les techniques sans jamais cesser d'être le meilleur. Il écrivit un roman, il illustra ceux des autres, il collabora à toutes les revues d'importance... Mais il réalisa surtout des livres hors-norme dans lesquels la virtuosité de son trait se refusait à la décoration et à la rigolade pour mieux éblouir l'oeil et faire se crisper les maxilaires. Il prouva avant tout le monde que le minimalisme, avant de devenir une affaire de style, était aussi une façon précise et extraordinairement construite de dire magnifiquement et simplement les choses les plus complexes du coeur humain. Il est décisif de redécouvrir au plus vite ce chaînon manquant du dessin moderne et de lire enfin ses livres, dont l'acidité et la puissance continuent d'avoir aujourd'hui comme hier des résonnances troublantes sur nos petites cervelles de primates évolués. Nous reprenons ici un ouvrage publié il y a quelques années par La Machine et qui, faute d'une diffusion correcte et malgrè une irréprochable qualité technique, ne connut pas de réelle existence en librairie. Cette édition comprend 5 dessins inédits de plus que l'original et est accompagnée d'une préface de Nicolas de Crécy. "Malaises" sera suivi rapidement par la réédition de "Slogans", un pamphlet intemporel sur la bêtise des chefs de meutes. Qui devrait lui-même être suivi, nous l'espérons, de bien d'autres redécouvertes...
Publié en 1921, mais conçu avant même que s'achève le conflit de 1914, Le Livre de la guerre de Cent Ans s'amuse à transposer au beau milieu du XIVe siècle les grands malheurs et les petites misères de la "Der des Ders". Le travestissement médiéval, en dépouillant la guerre de ses artifices modernes, révèle par l'absurde le véritable visage d'une humanité qui découvre, apeurée et misérable, l'absurdité de sa destinée. Sous le crayon de Gus Bofa, le conflit prend des allures de théâtre amateur et les personnages, déguisés en guerriers et poussés sur scène pour tuer ou être tués, cabotinent et pérorent, pleins de bonne volonté mais incapables de comprendre le drame terrifiant qu'on leur fait jouer. Le flot imbécile de l'Histoire emporte les hommes, qui se débattent entre le ridicule et l'horreur. Tandis que les badernes ronchonnent, que les toubibs coupent, que les profiteurs profitent et que les femmes se pâment, les Pauvres Cons du Front font le dos rond : " Il faut bien que tout le monde vive ". Gus Bofa, qui fut l'un de ces hommes d'armes improvisés, les décrit tels qu'il les a vus, plus proches des clowns de Beckett que des héros de la Chanson de Roland, " las, silencieux et mornes, sans désirs vains, sans espoirs et résignés au pire ". Son pamphlet, à l'humour cruel, ne dénonce pas une guerre particulière, mais toutes les guerres, passées, présentes et à venir, lorsque les circonstances rendent la bêtise humaine tragique. Jamais réédité, Le Livre de la guerre de Cent Ans est proposé ici dans une version restaurée qui corrige certains défauts de l'original et complétée d'inédits récemment découverts.
Résumé : La symphonie de la peur est une oeuvre sombre, rythmée comme une composition musicale. Elle est organisée en quatre mouvements : allegro, andante, scherzo, largo qui illustrent chacun l'évolution de la peur dans l'histoire de l'humanité. Gus Bofa cadence son récit en alternant entre textes sarcastiques et dessins au crayon pour créer une ambiance unique de plus en plus angoissante. Malgrè une atmosphère pesante, Bofa réussit l'exploit de glisser quelques touches d'humour noir et amer, qui parviennent à faire sourire le lecteur. Rescapé de la guerre des tranchées qui l'a laissé infirme et à l'aube de la seconde guerre mondiale, Gus Bofa use du sentiment universel de la peur pour créer une oeuvre sans concession et d'une grande modernité. Publiée en 1937, La symphonie de la peur témoigne d'une humanité prise entre deux terreurs, l'éternité et le néant, et qui tente de trouver refuge dans la religion, la morale et la science. Les hommes repliés derrière la masse sociale et les lois du groupe, se retrouvent malgré tout rattrapés par la frayeur engendrée par les crises économiques, guerres ou émeutes. A contre-courant de son époque - où l'on vit frénétiquement pour laisser les spectres de la guerre derrière soi - Gus Bofa décrit l'image d'un monde sans lumière ni espérance à travers 40 illustrations toutes aussi impressionnantes que celles contenues dans Malaises. Il livre ici un chef-d'oeuvre, grandiose et implacable qui, près de 100 ans plus tard, n'a rien perdu de sa puissance. Au terme de cette symphonie, aucune consolation n'est offerte au lecteur, qui ne peut s'empêcher d'y projeter ses propres inquiétudes.
Les nouvelles réunies dans ce volume ont toutes été publiées dans la légendaire revue Garo. Cette publication d'avant-garde, sur les traces du gek'iga, le mouvement fondé en 1957 par Voshihiro Tatsumi pour rompre avec la tradition enfantine du manga, ouvrait le genre à l'âge adulte. Fondée en 1964, elle accompagna tout au long des années 60 et 70 la jeunesse protestataire qui voyait en elle une forme de contestation de l'establishment. Kusunofei avait une vingtaine d'années quand il publia ces histoires, dans un lapon qui se remettait à peine de sa défaite et des conséquences de la seconde guerre mondiale. Ses nouvelles parviennent à créer un lien entre le lapon traditionnel et la société d'après-guerre marquée par la censure, le culte du travail, l'érosion des traditions et un anti-américanisme virulent. Comme Susumu Katsumata (Neige Rouge, Cornélius), il s'attache à décrire la vie quotidienne du peuple, tout en y insufflant une dimension plus épique. A travers des genres aussi variés que le conte japonais traditionnel, la chronique urbaine ou le récit de samouraï il décortique l'ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s'attirent et les malentendus qui les séparent, Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l'est pas... Un auteur immense qu'il est urgent de redécouvrir et de célébrer.