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Les villes : la fin de la violence ?
Body-Gendrot Sophie
SCIENCES PO
12,50 €
Épuisé
EAN :9782724608403
Faut-il se fier aux discours et aux données officielles annonçant une stabilisation, voire un recul de la délinquance ? La violence urbaine serait-elle un phénomène dépassé ? Que met-on derrière ces termes ? L'approche comparative de l'ouvrage tente de répondre à ces questions. Dans chacun des pays étudiés - France, Royaume-Uni, Etats-Unis -, l'enjeu sécuritaire révélé par la ville permet de cerner des macro-mutations de société. La mondialisation n'est toutefois pas la seule cause des bouleversements susceptibles d'induire des troubles urbains, et elle ne s'exprime pas sous les mêmes formes d'un pays à l'autre. L'analyse de cas concrets à laquelle se livre l'auteur éclaire les changements intervenus au cours des vingt dernières années dans les politiques de prévention et de sécurité urbaine. Elle suggère que la construction de réponses à " la ville dangereuse " vise à déplacer des demandes toujours plus fortes (et insaisissables) de certitude et de sécurité. Les attitudes envers l'innovation et le soutien apporté aux habitants dans la " co-production " de la sécurité font apparaître de fortes divergences dans les modes de gouvernance et éclairent le fonctionnement de la démocratie locale.
Le casse-tête des banlieues revient imperturbablement à chaque législature. Depuis les années 1970, les mêmes termes scandent les mêmes politiques : quartiers sensibles, zones de non-droit, ghettos, zones franches urbaines, ZEP, ZUS, rénovation urbaine, etc. Toutes ces désignations enferment les habitants invisibles dans des territoires trop visibles. La politique de la ville, pleine de bonnes intentions quel que soit le gouvernement, animée par des responsables convaincus, politiques, élus locaux, associations, chercheurs, a prouvé son inefficacité. Toutes les tentatives d'amélioration restent insuffisantes et artificielles, car elles ne touchent que l'extérieur, l'environnement matériel, et non l'intérieur, la population elle-même et ses motivations profondes. Les habitants des banlieues sont toujours confrontés aux mêmes problèmes, de l'échec scolaire au chômage, tous liés à la stigmatisation du lieu qui les paralyse. La seule solution : en sortir! Les auteurs interpellent élus, militants et citoyens pour rompre avec la logique prisonnière du territoire et inciter à la circulation. Pouvoir aller et venir, c'est aussi la mobilité sociale. . . Sophie Body-Gendrot est professeure et directrice du centre d'études urbaines à l'université Sorbonne-Paris-IV. Catherine Wihtol de Wenden est directrice de recherche au CNRS (Sciences Po). Elles sont toutes deux engagées dans le mouvement associatif.
Le monde ne sera plus jamais le même " : depuis le jour tragique du 11 septembre, le récit de la catastrophe s'apparente à un discours sur les origines. On s'attendait à ce que la société américaine fût profondément transformée : la colère, le patriotisme exacerbé y compris pour une intervention lointaine en Afghanistan, l'auto-censure de la presse, l'abdication par quatre Américains sur cinq de leurs libertés, New York profondément meurtrie, les débats incessants sur " le pourquoi nous haïssent-ils ? "... L'Amérique n'était plus la même. Et pourtant, si tout a changé, en apparence, le 11 septembre est un révélateur de tendances lourdes dans la société américaine. Les notions d'élection et de Manifeste Destinée, la tolérance implicite de la corruption économique, la méfiance envers l'État fédéral et les organisations internationales, le repli communautaire, l'auto-défense par les armes : les singularités américaines n'ont pas été ébranlées par le 11 septembre. Toutefois, malgré la désignation répétée d'ennemis combattants ou infiltrés et l'incitation gouvernementale à la délation, les citoyens, dans leur grande majorité, ne sont pas dupes de la manipulation des risques par leurs gouvernants. Quant aux réactions de New York, elles montrent les continuités et l'accélération de processus à l'?uvre. La reconstruction du Lower Manhattan, sur laquelle s'articule le livre illustre les luttes de pouvoir sous des apparences démocratiques au sein d'un mode de gouvernante pluraliste. Au cours de l'année écoulée, l'opportunisme politique a joué à plein et le 11 septembre a fourni un excellent prétexte aux multiples entrepreneurs publics et privés qui avancent leurs pions sur l'échiquier du pouvoir.
La police est-elle facteur de discrimination raciale ? Des témoignages de victimes recueillis sur le numéro vert du 114 laissent à penser que les principes citoyens et les traitements d'égalité pour tous sont de moins en moins respectés. Plus grave encore, les plaintes des victimes de ces discriminations n'ont quasiment jamais de suites judiciaires et disciplinaires. L'ethnicisation des relations sociales et des territoires, la criminalisation des jeunes assimilés à des voyous, auxquelles s'ajoute un racisme acquis sur le tas, expliquent en partie ce constat alarmant. Les conditions de travail difficiles des policiers, l'ambiguïté et le flou de leurs missions sont aussi en cause. Comment lutter contre ces attitudes discriminantes indignes de la République ? Alors que des pays étrangers tels que le Royaume-Uni et les États-Unis ont choisi de former et de sensibiliser les policiers à ce problème, la France préfère le taire. En formulant des propositions pour mettre fin à ce tabou, ce livre lance le débat : comment la police peut-elle mettre fin aux discriminations à l'égard des usagers ?
Explorer le crime organisé aux États-Unis des "années folles" aux années cinquante, c'est prendre le pouls d'une Amérique en proie à des mutations profondes qui affectent la nature sociale de la déviance. De nombreux facteurs contribuent à l'élucidation du rôle du crime sur la scène sociale américaine : les formes de la répression, la nature de l'ordre économique ainsi que la représentation idéologique du pays comme pilier de la libre-entreprise - qui creuse l'écart entre la réalité et ce que l'on a appelé le rêve américain. Parmi les acteurs de ce rêve se trouvent les gangsters à l'écran. Le film criminel, malgré l'énergie et l'enthousiasme "démocratiques" que projettent ses héros, se nourrit néanmoins du malaise urbain suscité par l'architecture vertigineuse des mégalopoles, la Prohibition et la grande Dépression.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Deux degrés, cela semble peu, mais c'est énorme. La température terrestre a déjà augmenté d'un degré depuis l'époque préindustrielle. Les émissions de carbone liées aux activités humaines en sont les premières responsables. Des bouleversements climatiques sont en cours et leurs impacts ne vont que s'aggraver. Il est presque sûr que nous ne tiendrons pas l'objectif, solennellement acté par les gouvernements du monde, de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. La raison de cette incapacité tient à la triple dépendance de nos sociétés (technique, économique, culturelle) aux énergies fossiles, qui en constituent un soubassement aussi diffus que puissant. La science nous annonce qu'à ce rythme le pire est à craindre. Mais cela n'induit pas une fuite individuelle. Nous devons, au contraire, faire face collectivement. Constatant l'impossibilité actuelle de changer radicalement nos modes de vie et d'organisation, ce livre nous engage néanmoins à suivre plusieurs voies réalistes d'adaptation et de réforme pour préparer un futur moins sombre.