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Le poème exercice spirituel
Bocholier Gérard
AD SOLEM
13,45 €
Épuisé
EAN :9791090819795
Après Psaumes du bel amour et Psaumes de l'espérance, Gérard Bocholier propose dans Le poème exercice spirituel une série de méditations sur l'écriture poétique. Le poème devient un exercice spirituel dans la mesure où le travail de la langue est aussi travail sur soi-même, dans le sens aussi où, plus ou moins confusément, le poète sait qu'il doit s'effacer devant quelque chose - ou quelqu'un - de plus grand et de plus fort que lui. "Qu'il soit croyant ou non, tout poète sent l'existence de la Présence, de ce qu'il hésite parfois à nommer quelqu'un et qui n'est autre que tout l'invisible qui le dépasse" . Ni pure transparence, ni expression détournée de soi, le poème découvre ce qui est déjà là, mais oublié. La poésie, "achèvement de la philosophie" comme le pense Heidegger - c'est-à-dire dévoilement de l'originaire ? Gérard Bocholier le dit à sa manière : "Tout est inscrit, déjà, au plus intime. Tout est donné. Une seule mission : restituer". Gérard Bocholier est le fondateur de la revue Arpa. Son dernier recueil, Psaumes de l'espérance (Ad Solem, 2012), préfacé par Philippe Jacottet, a été couronné par le prix de poésie François Coppée de l'Académie française.
Après deux recueils "psalmiques" (Psaumes du bel amour et Psaumes de l'espérance), Gérard Bocholier découvre dans Nuits cc qui constitue l'horizon poétique en même temps que spirituel de son écriture. Pourquoi "nuits" ? Parce que la vraie Présence se donne dans l'absence -dans une "nuit d'Emmaüs" -, dans le retrait qui appelle la parole et la laisse comme suspendue devant ce qui s'est évanoui à peine donné. A peine nommé. "Nuits", parce que c'est à travers l'interstice de nos blessures qu'entre le Consolateur. Promesse de toutes nos résurrections -"nuit de Saul". Là résonne toute parole vraie.
Résumé : "En lisant les Psaumes du bel amour, on perçoit comme le murmure des commencements. On est doucement pris, porté, guidé par une voix dont l'origine et la direction sont inassignables, et l'on songe aux paroles du Christ à Nicodème dans l'évangile de Jean : " Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va ". Le monde est là, mais comme traversé par un courant doux et discret qui nous entraîne vers le " jour au-delà ". Le courant secret qui irrigue ces vers nous porte plus loin que les mots. Il conduit le poète à s'effacer aux dernières pages, laisser monter la musique silencieuse des " vagues d'or du vent ", des " doigts du souffle " - le murmure de l'Esprit qui nous guide dans les ténèbres. On n'avait pas entendu d'accents aussi intimes dans le dialogue du poète avec son Dieu depuis les derniers recueils de Jean Grosjean" Jean-Pierre Lemaire
Il n'y a plus de mots, Le texte déplié, A même les ténèbres, Plus lisse à la portée, Des saisons en alerte, Dans l'infini du monde, Et pourtant si caché, Qu'il passe les trouées, Du songe aux mille étreintes.
Pour quetu m'ouvres ta porte Je cherchele mot de passe Celui quelisent les anges Sur lamargelle du ciel. Après Psaumes du bel amour et Psaumes de l'espérance, Psaumes de la foi vive vient conclure letriptyque poétique de Gérard Bocholier. Dire ce qui ne peut pas se voir encoremais qui se vit déjà. Les poèmes de ce nouveau recueil constituent comme unemargelle donnant sur l'infini. Ils ne décrivent pas : ils trans-crivent cemoment où les choses se rendent transparentes à la Présence qui les porte. Lafoi vive est une épuration : poétiquement, elle se traduit par unretournement de la parole, qui cherche moins à dire quelque chose sur ce quevise la foi que de se rendre à son tour transparent à Celui qui se donne commeen se retirant. Ne plusêtre que réponse A tesappels quand ma chambre Regardeses murs qui tombent Les mortssortir sous le ciel Ne plusêtre que retour A lamaison des offrandes Une notede lumière Dans tasymphonie de gloire Gérard Bocholier a enseignéla littérature française à Clermont-Ferrand et dirige la revue poétique Arpa.
De 1938 (quelques mois avant son départ en Inde) à 1957 (quelques jours avant sa mort), les lettres de l'Abbé Monchanin rassemblées ici et destinées à celles qu'il appelait ses "dirigées" , permettent de découvrir la personnalité et la spiritualité de celui que le Père de Lubac qualifiait de "prêtre génial" . Ce livre révèle les vies cachées de femmes venues d'horizons religieux et culturels divers. Missionnaires partant aux périphéries préfigurer la vocation de leurs peuples, ces femmes demeuraient au coeur de l'Eglise. "Le lien entre amis devrait être la conspiration des vocations" écrivait le P. Monchanin. Les vocations singulières de ses filles spirituelles étaient exactement les vocations chrétiennes de chacun de leur peuple - leur "lieu irremplaçable dans le Corps mystique" . Ainsi, la communion qui les unissait par delà les mers et que soutenaient les échanges épistoliers et la prière, préfigurait le Plérôme du Christ, signe lui-même de la circumincession du Père, du Fils et du Saint-Esprit, source et consommation de toute communion humaine et ecclésiale. A travers l'amitié, c'est d'une expérience de la vie trinitaire dont parlent toutes ces pages. Chacun se découvre un don fait à l'autre dans le mystère de l'Eglise et le mystère de la Trinité. De l'amitié à la Trinité : c'est ainsi écrit le P. Monchanin que "nous avons à vivre en circumincession avec tous nos frères. Et ce sera la gloire intarissable, lorsque nous sentirons que nous sommes tous intérieurs les uns aux autres" . L'abbé Jules Monchanin (1895-1957) a été prêtre (à Lyon) et ermite en Inde. C'est un acteur important d'un dialogue oecuménique et interreligieux fondé sur l'idée du "plérôme du Christ" . Ami très proche du P. Henri de Lubac, attentif à la culture - il fréquente notamment Picasso, Cocteau, Max Jacob à Paris -, c'est aussi un mystique, dont la pensée trinitaire s'accompagne d'intuitions fulgurantes dont on commence à mesurer aujourd'hui la richesse.
La manière dont on conçoit l'éducation varie du tout au tout selon que l'on défend la possibilité de l'erreur et de la vérité du jugement moral, et l'universalité de la raison pratique - ce que C. S. Lewis désigne par le terme de voie, ou "Tao", dans ce livre de 1943. Pour ceux qui sont à l'intérieur de la voie, l'éducation consiste à favoriser la naissance de ces réactions au monde qui sont justes en elles-mêmes, indépendamment du fait qu'on les éprouve ou non - ces réactions dont la possibilité définit l'humanité même. Ceux qui sont étrangers au Tao doivent par contre, s'ils sont logiques, regarder tous les sentiments comme également irrationnels, comme des sortes de buées qui nous cachent la réalité. Ce n'est pas que ce soient des hommes mauvais : ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils sont entrés dans le vide. Quant à ceux qu'ils dominent, ils ne sont pas forcément malheureux ; ce ne sont pas des hommes non plus : ce sont des produits fabriqués. La victoire finale de l'homme ce n'est pas un affranchissement de I'"ordre naturel" ; c'est au contraire un retour à la nature, mais qui s'affranchit de toute médiation culturelle. Aujourd'hui, cette libération s'appelle "écologisme" et "transhumanisme n. Ce sont les autres noms de l'abolition de l'homme.
Il n'y a que deux êtres absolus dont l'existence s'atteste et s'éclaire mutuellement : moi-même et mon Créateur" affirme Newman dans l'Apologia pro vita sua. Comment partager cette adhésion vitale non à une doctrine mais à celui dont l'existence lui est "plus certaine que celle d'avoir des mains et des pieds" ? Quel argument avancer en faveur de son existence ? La réponse qu'apporte Newman, c'est sa propre vie - l'histoire d'une existence s'abandonnant sans réserve à Dieu qui ne cesse de se donner à l'homme. Une histoire dont le secret repose sur la conviction que l'assentiment de foi repose sur l'amour - "nous croyons parce que nous aimons" - et qui se propose comme une invite à tenter, à notre tour, l'aventure de la foi. Sans la charité, il n'y aurait pas de quête de l'intelligence de la foi. Ni de fidélité à la promesse dont témoigne une vie ajustée à temps et à contretemps à l'engagement baptismal. C'est cela l'argument de la sainteté de Newman. Grégory Solari est chargé d'enseignement et éditeur. Il a soutenu une thèse de doctorat en philosophie sur Newman (Le Cogito newmanien. Essai sur la Preuve du théisme de John Henry Newman).
Gravir avec lenteur, là où disparaissent les chemins, les sentiers, là où rien n'altère la noble attente de la roche, la trahison des graviers, les cris du glacier, "L'homme passe l'homme" écrit Pascal. Encore faut-il pouvoir entendre résonner en soi le bruit de la source - la parole de l'origine - qui nous appelle à nous dépasser. L'échelle invisible désigne moins un passage qu'un espace dans lequel la Parole peut s'entendre : dans les mots du poète "qui aspire au ciel". Cette aspiration est universelle, mais c'est dans la solitude d'un chemin toujours particulier - celui de sa propre existence - qu'elle acquiert une valeur exemplaire. L'échelle est invisible. C'est la grâce de la parole du poète que de la faire apparaître dans la confidence d'une expérience dans laquelle nous pouvons puiser la force de notre propre ascension. et confier à la cascade que crache la glace, mourant dans un lac, oublié de la vallée, quelques secrets, quelques blessures, quelques prières ; la plénitude d'être là, si seul, ivre de toi.