Une mécanique est en train de se mettre en place. Une mécanique dont la conséquence première est sans doute d'anéantir l'individu, son vécu, son passé, lorsqu'il ne cadre pas avec le récit des plus aisés d'entre nous. Ces êtres, qui, poussés par l'urgence vitale, se retrouvent à arpenter la longue route, semée de haines et de peurs, qui mène de l'Afrique à l'Europe, questionnent ce qui fonde notre humanité : une fragilité de la relation, qui n'est contrebalancée que par la nécessité et l'urgence de négocier une geste de vie. Ces gens - et le terme [ici] n'est pas neutre - s'agitent, sans l'avoir choisi, dans une tragédie d'errances multiples, où tendre la main à l'autre se résume au contrôle de nos faits et gestes, à des existences niées, à une disparition programmée du paysage. Une disparition de certains groupes, démunis, fracassés, défaits. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, que l'on nomme avec un langage à géométrie variable - migrants, réfugiés, étrangers - ont ce visage que beaucoup ne veulent plus voir. Ils ont un destin sur lequel parier devient difficile. Une histoire que nos visions tronquées réduisent à rien. Le début des récits à venir se fonde pourtant sur la réinvention possible d'un Etre-ensemble, qui ne soit pas que l'expression d'une frange de population, portée par sa seule survie.
De nos jours, la censure n'a plus le visage officiel des systèmes autoritaires connus par le passé. L'autocensure a pris une telle place dans les imaginaires qu'il n'est plus nécessaire de recourir à la violence directe d'un temps révolu. Des dynamiques orchestrées sous le manteau sont sans cesse en marche. Le non-dit ou le principe de l'évitement suffisent à noyer les questions qui fâchent, au point que les créateurs, les artistes, les chercheurs en sciences humaines, épousent d'eux-mêmes les contours d'une pensée consensuelle. Un numéro qui soulève bien des questions.
Résumé : La revue A l'intersection du journalisme et de l'éducation populaire, la revue semestrielle Contre-Jour s'ancre sur les territoires le temps d'un atelier ou d'une résidence pour faire dialoguer petites et grandes histoires. Elle fait avec, ensemble et dehors. Elle poétise le regard, déplace les points de vue, explore les angles morts. Parce que dans la bataille des représentations, les images et les mots sont de précieux outils pour inverser le rapport de force. Dossier Ecoute les murs tomber Ecoute les murs tomber se veut un avis de tempête, une incantation, un grain de sable dans les rouages de la machine à diviser. Quatre mots pour s'interroger sur la ségrégation spatiale et le chacun. e chez soi, vendus chaque jour davantage comme le meilleur remède au malaise social. Ces divisions présentent de multiples visages. Dans ce dossier, elles empruntent la silhouette d'un mur érigé par des voisins et voisines vigilantes à Marseille, la couleur vert-de-gris de la Manche à Calais, où le bruit des bottes continue de se heurter à la perméabilité des vagues, ou encore le goût métallique de barreaux élimés par le temps carcéral aux fenêtres des prisons d'île-de-France et de Navarre. Les témoignages, photos, dessins qui se croisent au fil de ce dossier sont pour la plupart issus de deux résidences de création menées par la Friche à Marseille et à Calais.
A l'intersection du journalisme et de l'éducation populaire, la revue semestrielle Contre-Jour s'ancre sur les territoires le temps d'un atelier ou d'une résidence pour faire dialoguer petites et grandes histoires. Elle fait avec, ensemble et dehors. Elle poétise le regard, déplace les points de vue, explore les angles morts. S'intéresser à ce qui fait famille aujourd'hui, c'est se poser la question de ce qui nous lie, de la manière dont s'agencent ensemble les cellules qui constituent le corps social. Espace symbolique sous haute tension, outil de reproduction sociale, espace de subversion : comment pousser les murs pour faire de la place à de nouvelles configurations familiales ? Dans ce deuxième numéro, Contre-Jour explore la manière dont nos logements conditionnent nos manières de vivre ou non sous le même toit, mais aussi ce qui se transmet et se partage par-delà l'exil, les secrets, les errances, les urgences ou les liens du sang.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.