Les passeurs de révolte dont il est question dans ce livre sont les étudiants et intellectuels étrangers et postcoloniaux en France dans les années 1968. Ces étudiants et intellectuels constituent des voix singulières et déploient des discours et des répertoires d'action qui leur sont propres dans les contestations des années 1968. Certes, leur grammaire protestataire peut se fondre dans celle de l'ensemble des révoltés (tractage, affichage, pétitions, manifestations, occupations de locaux, etc.) mais certaines revendications leur sont spécifiques. C'est le cas des discours profitant de la tribune offerte par les mobilisations pour informer, alerter et mobiliser autour des luttes sociales et politiques des pays dont ces étudiants sont originaires (Maroc, Tunisie, Argentine, etc.). C'est aussi le cas des discours revendiquant un statut égal à celui des étudiants nationaux, que l'on retrouve au coeur des demandes de la Tricontinentale. Ce livre s'inscrit dans une historiographie des années 1968, profondément renouvelée depuis une dizaine d'années à l'aune de la question globale. L'histoire des mobilisations sociales et politiques des années 1968 invite en effet désormais à interroger concrètement "les lieux et les moments de "passage", les "passeurs" et bien sûr "ce qui passe", textes idées, modèles, répertoires d'action" (Boris Gobille). C'est de cela qu'il est question ici : du rôle et de la place des étudiants et intellectuels étrangers dans les processus d'internationalisation des révoltes. Avec le soutien de l'ANR GlobalYouth, ANR-17-CE28-0005-01, de l'Institutd'histoire moderne et contemporaine et de l'Ecole normale supérieure
Résumé : Progressisme social et progressisme technique vont-ils de pair ? Quels sont les rapports entre technique et politique ? Comment de nouveaux outils s'insèrent-ils dans la panoplie militante? Comment les militants inventent-ils de nouveaux usages d'outils existants ? L'outil peut-il devenir l'objet même de la pratique militante ? Après la radio et la télévision, Internet n'est-il pas aujourd'hui l'outil par excellence de production de la rupture et d'invention d'un nouveau langage ? Telles sont quelques unes des questions posées par cet ouvrage. A travers l'analyse des pratiques militantes de mouvements sociaux ou de réseaux militants, d'associations et partis, il s'agit de mieux comprendre la dialectique à l'oeuvre entre innovation technique et formes de l'engagement, entre appropriation des technologies et modalités de l'action collective, des radios de lutte à Internet. Les analyses ici proposées s'intéressent à l'adoption, à l'adaptation - voir au détournement - par le monde militant, de dispositifs techniques variés : radio, télévision, ordinateur, minitel, internet, mailing-lists.
Ce livre propose une analyse comparative de trois révoltes post-coloniales, intervenues peu après des indépendances négociées, sur le terrain de l’ancien Empire français d’Afrique : la révolution des «Trois glorieuses» au Congo Brazzaville en août 1963, celle de Mai 1972 à Madagascar, et de Mai 68 au Sénégal. Les deux premières ont provoqué la chute des pouvoirs en place – celui de l’Abbé Youlou et celui du Président Tsiranana -, et consacré l’avènement de régimes radicalement différents. Le Mai dakarois, par contre, bien qu’il ait eu des effets en profondeur sur la vie politique sénégalaise, n’entraîne pas la chute du Président Senghor, dont le pouvoir vacille mais qui tient bon. Ce livre apporte une contribution tant à l’histoire des révoltes et révolutions, à celle des années «68» - L’Afrique aussi a eu ses «68» -, qu’à celle d’un continent africain qu’une historiographie pas si ancienne a eu tendance à considérer comme un continent à part, un monde immobile et peu susceptible de modernité. L’Afrique est dans le monde et participe, par de multiples réseaux et connexions, à la globalisation, non comme le continent passif et soumis à toutes les influences mais comme un continent dont les résistances, les luttes et les combats produisent notre avenir, un continent dont les mobilités font aussi la richesse.
« Le métissage n?est pas simplement un état, mais une valeur, une capacité qu?il nous faut cultiver en nous. Il est l?autre nom du décentrement, qui nous enseigne, et là réside son pouvoir, que nous sommes beaucoup de choses à la fois, et entièrement chacune de ces choses-là. Il est essentiel de s?approprier ce devoir être métis en un temps comme le nôtre. »Souleymane Bachir Diagne est philosophe, professeur à l?université Columbia de New York.4e de couverture : « Le métissage n?est pas simplement un état, mais une valeur, une capacité qu?il nous faut cultiver en nous. Il est l?autre nom du décentrement, qui nous enseigne, et là réside son pouvoir, que nous sommes beaucoup de choses à la fois, et entièrement chacune de ces choses-là. Il est essentiel de s?approprier ce devoir être métis en un temps comme le nôtre. »Souleymane Bachir Diagne est philosophe, professeur à l?université Columbia de New York.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.