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Thomas Münzer, théologien de la révolution
Bloch Ernst ; Gandillac Maurice de ; Labica Thierr
AMSTERDAM
20,00 €
Épuisé
EAN :9782354802516
En 1525, le prédicateur Thomas Münzer prend la tête d'un soulèvement armé regroupant des ouvriers des mines, des paysans, des hommes du commun, qui traverse l'Allemagne des rives du lac de Constance jusqu'à la Thuringe et la Franconie, en passant par le Tyrol, la Forêt-Noire et l'Alsace. Ses cibles, ce sont les seigneurs féodaux et le clergé, diabolique ramassis d' "anguilles" et de "serpents" . Cet épisode passera à la postérité sous le nom de "guerre des paysans" . L'insurrection est écrasée en mai 1525 lors de la bataille de Bad Frankenhausen, et Thomas Münzer arrêté, torturé et décapité. Par la suite, entre occultations, oublis et résurgences, Münzer deviendra l'un des noms à travers lesquels se déploient les aspirations, les craintes et les affrontements internes à la politique moderne. Pour la pensée libérale du xxe siècle, par exemple, c'est un vulgaire terroriste, un fanatique, précurseur du totalitarisme. Ernst Bloch prend toute cette tradition à contre-pied : en prônant avec intransigeance une lecture littérale de la Bible, Münzer revendiquait l'égalité concrète de tous avec tous. C'est une figure éternelle de l'utopie, une allégorie de l'émancipation populaire, dont ce maître ouvrage expose avec brio les enseignements toujours actuels.
Ce livre est un cri de guerre contre toutes les formes contemporaines d'oppression. Dans le sillage des Lumières, Bloch écrit un « traité de droit » d'une espèce particulière. Le destinataire? Ni les juristes qui travaillent au service des puissants, ni ceux qui utilisent le droit comme un gagne-pain, mais les humiliés et les offensés. À l'heure où s'effectue un retour du droit voisin de l'idéologie, Droit naturel et dignité humaine jette un pont entre les utopies sociales, projet de bonheur, et le droit naturel, projet de dignité. Vers l'émancipation intégrale.
Résumé : A l'inverse de la lecture althussérienne, la lecture blochienne de Hegel souligne la continuité entre un idéalisme toujours ancré dans le "réel" et le véritable matérialisme historique tel que l'entendaient Engels et Marx, héritier à la fois de la ferveur utopiste et de la dialectique hégélienne. Introduction très détaillée à l'oeuvre entière de Hegel, riches de citations et de confrontations, Sujet-Objet est en même temps une méditation personnelle, centrée sur le dépassement de l'antithèse entre l'intérieur et l'extérieur. Chez l'auteur de la Phénoménologie, Bloch distingue ce qui relève du "goût des antiques" et ce qui met en lumière la valeur créatrice du travail humain, sans lequel le "devoir-être" resterait un vain désir ; au-delà des schémas artificiels il discerne en maints endroits cet effort de "percée" qui donne sens aux "utopies concrètes" et justifie le "principe espérance".D'Aristote à Marx et à Lénine, mais sans exclure Proclus, Maître Eckhart, Nicolas de Cues, Leibniz, Kant, voire Schelling et Kierkegaard, loin de toute tentation éclectique, toute la pensée humaine reprend ici sa vie profonde. Dans cette perspective, le "besoin" et l'"inquiétude" sont les vrais moteurs de l'histoire ; et le plus grand mérite de Hegel est d'être resté fidèle, même au temps de son loyalisme prussien, à l'appel de la Révolution française, d'avoir ainsi reconnu comme pensée directrice de sa dialectique "le progrès dans la conscience de la liberté".
Le Principe Espérance est l'?uvre majeure du philosophe allemand Ernst Bloch, récemment disparu à Tübingen où il s'était retiré. Dans cet ouvrage monumental, Ernst Bloch s'applique à recenser ce qui, sous la forme de rêves diffus, d'utopies fragiles, sous la forme même de contes d'enfants, se trouve porteur des espérances de l'humanité. Il insiste sur la catégorie du possible dont il montre comment elle tend à se réaliser dans ce qui n'en livre encore que des traces. Il dresse un tableau du destin humain dont sa pensée visionnaire discerne les contours futurs à travers ce que révèlent le passé et le présent. Dans ce tome II, consacré aux "Epures d'un monde meilleur", l'auteur passe en revue - les utopies médicales et tout ce que l'homme a imaginé pour faire échec au vieillissement ou même pour abolir la mort; - les utopies techniques, depuis le grand eeuvre des alchimistes jusqu'aux ambitions modernes de maîtrise de la nature; - les utopies architecturales, où l'auteur oppose notamment la conception de l'espace des Egyptiens et celle du monde gothique; - les utopies géographiques, des îles Fortunées, de l'Eldorado, de Thulé, parmi d'autres; - et bien entendu les utopies sociales auxquelles Ernst Bloch consacre le plus long chapitre du livre et dont il dresse un magnifique panorama, de Platon jusqu'à la société socialiste telle que Marx l'a conçue. Cette somme, qui repose sur un savoir impressionnant, fournira même au sceptique d'innombrables sujets de réflexion. Elle retrace en quelque sorte l'histoire du désir humain à la recherche de sa réalisation, la trajectoire de son mouvement vers un but final de l'humanité
Résumé : L'écriture expressionniste d'Héritage de ce temps, composé sous forme de tableaux, de petites vignettes ne faisant jamais totalité mais qui se contentent de nous livrer des détails significatifs, "des prodiges de petits détails", le rend impossible à résumer. Il comporte une introduction, "La poussière", et trois parties : "Employés et distraction", "Non contemporanéité et environnement", "Grands bourgeois, objectivité et montage". Retenons par conséquent deux idées essentielles : Ernst Bloch propose dans cet ouvrage une thèse tout à fait nouvelle sur la pluralité des temps sociaux. Se tournant successivement vers différents groupes, il montre que certains d'entre eux, par exemple les paysans, vivent dans un décalage temporel par rapport au temps présent, ce qu'il appelle une "non-contemporanéité". Il apparaît alors que la société est composée d'une pluralité de temps en lutte pour constituer une temporalité dominante. "Tous ne sont pas présents dans le même temps présent". Il discerne également, derrière la raison instrumentale en rapport avec la technique moderne et qui triompherait avec le nazisme, une irrationalité, véritable tohu-bohu idéologique, nourri d'occultisme et d'archaïsme. Ces thèses sont à comparer avec celles du sociologue G Gurvicht sur la pluralité des temps sociaux, et avec celles de Neumann sur l'irrationalité nazie : ce dernier se refuse à parler à son sujet d'un Etat totalitaire dans la mesure où l'Etat reste une figure de la raison. Il préfère donc définir le nazisme comme un non-Etat.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".