Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Maintenant, il faut des armes
Blanqui Auguste ; Le Nuz Dominique
FABRIQUE
22,40 €
Épuisé
EAN :9782913372610
Auguste Blanqui est le grand représentant du socialisme révolutionnaire au XIXe siècle en France, le lien entre la Révolution, celle de Babeuf et de Buonarroti, et la Commune de Paris, vécue dans sa cellule de Clairvaux. Depuis sa première blessure lors des émeutes de la rue Saint-Denis en 1827 jusqu'à sa libération en 1879 après la campagne menée par Victor Hugo et Georges Clemenceau, il a tout mené de front, fondé des sociétés secrètes, créé des journaux, monté des insurrections, instruit la jeunesse révolutionnaire parisienne. Et il a pourtant trouvé le temps d'écrire, en particulier pendant les longues années de prison la moitié de sa vie. On trouvera ici présentés des proclamations, des extraits de sa défense lors de ses procès, des articles, des lettres, des textes théoriques et polémiques, et deux classiques : Instructions pour une prise d'armes, et L'Eternité par les astres. " Le peuple est muet, il végète loin des hautes régions où se règlent ses destinées. Lorsque, par hasard, la tribune ou la presse laissent échapper quelques paroles de pitié sur sa misère, on se hâte de leur imposer silence au nom de la sûreté publique, qui défend de toucher à ces questions brûlantes, ou bien on crie à l'anarchie. Et puis, quand il s'est fait un grand silence, on dit : Voyez, la France est heureuse, elle est paisible, l'ordre règne ! "
Résumé : Au fond, elle est mélancolique cette éternité de l'homme par les astres et plus triste encore cette séquestration des mondes-frères par l'inexorable barrière de l'espace. Tant de populations identiques qui passent sans avoir soupçonné leur mutuelle existence ! Si, bien. On la découvre enfin au XIXe siècle. Mais qui voudra y croire ? Et puis, jusqu'ici, le passé pour nous représentait la barbarie, et l'avenir signifiait progrès, science, bonheur. Illusions ! Ce passé a vu sur tous nos globes-sosies les plus plus brillantes civilisations disparaître, sans laisser une trace, et elles disparaîtront encore sans en laisser davantage. L'avenir reverra sur des milliards de terres les ignorances, les sottises, les cruautés de nos vieux âges ! Auguste Blanqui.
Instructions pour une prise d'armes est le texte d'Auguste Blanqui le plus connu et aussi le plus provoquant. Il donne les règles pratiques en vue d'une résistance aux pouvoirs institués en milieu urbain afin de bloquer les décisions et de laisser au prolétariat le temps de s'organiser ; ce fut sans doute le texte le plus rêveur où l'Inflexible établissait les conditions utopiques d'existence : celle truffée d'espoir et celle de ne plus être le jouet du destin. L'Éternité par les astres, est une parabole utopique sur les certitudes et les vérités de celui pour qui l'Éternel Retour faisait partie de l'avènement de la révolution.
Communiste et révolutionnaire français (1805-1881) dont la devise était: "Le devoir d'un révolutionnaire, c'est la lutte toujours, la lutte quand même, la lutte jusqu'à extinction." Il fut fidèle à cette devise. Il fait le coup de feu en juillet 1830, encore en mai 1839, participe à la révolution de février 1848. Il peut entendre les fusillades des journées de juin enfermé dans la forteresse de Vincennes. Lors de la Commune il est en prison. Il passera d'ailleurs selon les calculs précis d'un biographe trente-trois ans, sept mois et seize jours en prison, sans compter la résidence forcée, la haute surveillance et l'exil. Il y gagnera le surnom de "L'enfermé". En 1868-69 il rédige ces Instructions pour une prise d'armes qui ne seront publiées pour la première fois qu'en 1930. Il s'agit d'un manuel de la barricade, d'un précis, un vademecum de l'insurrection. Les villes, et Paris en particulier, sont des champs de bataille. "Ce programme est purement militaire et laisse entièrement de côté la question politique et sociale..."
'"Outrecuidance des théoriciens qui traitent du haut en bas les révolutionnaires, sous prétexte qu'ils ne possèdent pas une formule de reconstruction pour remplacer ce qui tombe. Pourquoi les révolutionnaires n'adopteraient-ils pas une formule, tout aussi bien que ces organiciens si superbes ? Ils n'ont qu'à choisir entre les panacées qu'on leur offre, entre les édifices élevés par tant d'architectes. Seraient-ils donc ignorants, au point de ne pas connaître les palais imaginés par tous ces amateurs de bâtisse ? C'est en vérité ce que semblent croire les fondateurs de mondes nouveaux. Dès que vous n'adoptez pas une école, c'est que toutes vous sont étrangères. Votre ignorance seule peut vous retenir indifférent entre tant de prisons-modèles où les poursuivants organiques prétendent claquemurer l'avenir. Fouriérisme, Saint-Simonisme, communisme, positivisme, c'est à qui s'est empressé d'édifier de bagnes tout neufs, où l'humanité jouira du bonheur de la chaîne perfectionnée. Tous vous demandent une formule, une administration, un système, une réglementation, les anarchistes, les anti-gouvernementaux, aussi bien que le reste. Les uns réclament un ordre nouveau centraliste, les autres le veulent décentraliser, mais tous s'accordent à réclamer la réglementation. Singulière monomanie ! Les révolutionnaires n'ont point prétention de construire de toutes pièces un monde neuf d'après leurs seules lumières. Ils voient fort bien par où pèche l'ordre ancien. Ils ont instruit le procès du coupable qui barre la route à l'humanité. Ils l'ont jugé, condamné, ils l'exécutent. Au premier banc des accusés s'étale le christianisme, ou plutôt le monothéisme. C'est l'empoisonneur par excellence, l'ingrédient mortifère qu'il faut expulser du corps social. Dit et vu, sentence sans appel. Le théisme sous ses trois formes, judaïsme, christianisme, islamisme, doit être mis à néant. Là est la boussole, le point fixe du compas. Vient ensuite le capital, question infiniment plus complexe et plus difficile. En principe, d'après les lois de la morale, c'est aussi une question jugée. En pratique, c'est un abîme inconnu, où l'on ne peut marcher que la sonde à la main. Est-il possible de bâtir d'ores et déjà un édifice d'où le capital soit proscrit ? Avons-nous le plan, les matériaux, tous les éléments de cette maison précieuse ? Les sectaires disent oui, les révolutionnaires disent non, et il n'y a de vrais socialistes que les révolutionnaires, car ils sauvegardent bien mieux l'avenir qui appartient au socialisme. Dans cette voie, ils se rapprochent des économistes qui demandent au gouvernement le simple maintien de l'ordre, rien de plus, nulle intervention constituante. Seulement, les économistes invoquent cette action gouvernementale en faveur de l'organisme existant, et les socialistes l'invoquent contre, parce que l'organisme actuel est reconnu mauvais, qu'il est condamné par la justice, par le sentiment, par toutes les protestations de la conscience humaine". ''
« Qu est-ce donc qu un démocrate, je vous prie? C est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc. » Cette question, ce jugement sans appel d Auguste Blanqui datent d un siècle et demi nais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d y participer n ont sur le sujet qu un seul point commun: ils et elles rejettent l idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot « démocratie », il n est pas à abandonner à l ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.
Le Code civil, le Conseil d'Etat, la Légion d'Honneur, les préfets, les lycées... ces institutions familières ont en commun d'avoir été créées, refondées ou redéfinies sous le Consulat, le régime qui est issu du coup d'Etat de Bonaparte (1799) et auquel succède l'Empire (1804). Alors que le pouvoir législatif était le coeur de la Révolution française, il est laminé en 1799 et remplacé par un pouvoir exécutif omnipotent, concentré dans les mains d'un homme qui en fait sa chose. La centralisation administrative, telle que nous nous la représentons aujourd'hui, prend sa source dans la dictature de Bonaparte . Elle rompt avec la logique "décentralisatrice" mise en oeuvre depuis 1789 et renforcée par le Gouvernement révolutionnaire en l'an II. Aussi, ce que l'on nomme abusivement "le centralisme jacobin" devrait être désigné comme le "centralisme bonapartiste" . Le processus de centralisation s'accompagne d'une confiscation de la démocratie. Les décisions prises sont hors du contrôle du peuple, alors qu'il est prétendu souverain. L'administration se substitue alors à la politique, le fonctionnaire remplace l'élu et le citoyen est réduit au statut d'administré. Les experts choisis par Bonaparte sont les seuls habilités à définir l'intérêt général et les politiques censées l'incarner. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disparaît et la référence à la république, de plus en plus formelle, n'a pour seule fonction que de légitimer le régime. L'ordre social repose sur le propriétaire qui a le "droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue" , le patron dominant ses ouvriers, le mari sa femme et le père ses enfants. La dictature de Bonaparte entend "dépolitiser" la nation et s'appuie sur la surveillance policière et la mise en place d'un régime où la liberté de la presse n'est plus qu'un mot. Le Concordat avec le Pape "recléricalise" la France et fait des prêtres les auxiliaires du pouvoir. Le culte du Chef de l'Etat et les valeurs militaires de l'ordre, de l'obéissance et de l'honneur sont érigés en culture politique dominante. A l'extérieur, le Consulat de Bonaparte est marqué par la construction d'une hégémonie autoritaire sur les peuples "libérés" par les armées françaises (Hollande, Suisse, Italie du Nord, Allemagne rhénane) et par une réaction coloniale sanglante en Guadeloupe et à Saint-Domingue, accompagnée du rétablissement de l'esclavage en 1802. Aujourd'hui, la société propriétaire et les stigmates "bonapartistes" de la Constitution de la Ve République - la monarchie républicaine, la "verticalité du pouvoir" , le législatif marginalisé - suscitent la critique et interrogent la nature de notre "démocratie" et ses dysfonctionnements.
Platon, Aristote, l'invention de la démocratie : c'est une tout autre image de la Grèce que montre ce livre, celle d'un pays sacrifié et humilié - comme il l'est aujourd'hui. On y verra comment la Résistance grecque, l'une des plus actives et efficaces de l'Europe occupée par les nazis, fut mise au pas et massacrée par les collaborateurs et les Anglais en 1944 : il fallait ramener le roi sur le trône, rétablir l'ordre social d'avant-guerre, éviter que la véritable démocratie de la Résistance ne s'impose à la Libération. On y découvrira une image peu flatteuse de Churchill, capable de tout et même de nuire à l'effort de guerre pour maintenir la Grèce dans l'orbe britannique. On assistera au flottement fatal de la direction du Parti communiste, lâché par l'URSS et acculé aux compromis. On verra, en 1945, la terreur, lancée par le gouvernement et les bandes armées d'anciens collaborateurs, qui s'abat sur les résistants désarmés, les syndicalistes, les démocrates. Les lignes de front sont tracées et la Grèce s'apprête à vivre trois années de guerre civile qui laisseront le pays exsangue. Trois années pendant lesquelles ce sont les Américains, dans le contexte de guerre froide, qui prennent la relève des Anglais dans la répression du mouvement populaire. Tout ce qui va advenir par la suite, de la dictature des colonels à la mise à mort actuelle du pays, sommé de payer "sa dette", est en germe dans cette histoire tragique de la Résistance grecque.
Pourquoi le terme "fe ? ministe" est-il librement approprie ? a` la fois par l'extre^me droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, ou` les notions de fe ? minisme et d'e ? ga- lite ? sont vide ? es de leur sens hier radical, que peut signi- fier e^tre fe ? ministe aujourd'hui ? Quels sont les combats a` mener ? Comment mettre au coeur des luttes des femmes l'antiracisme, l'anticapitalisme et l'anti-impe ? rialisme ? Franc ? oise Verge`s s'attache d'abord a` interroger les deux re ? cits me ? diatiques qui dominent l'histoire du mouvement des femmes des anne ? es 1970 en France, l'un qui parle d'un mouvement qui aurait mene ? a` une reconnaissance de la place des femmes franc ? aises dans la re ? publique avec ses valeurs de lai ? cite ? et d'e ? galite ? , l'autre qui de ? nonce un mouvement qui aurait e ? te ? exclusivement "blanc" et essen- tiellement inte ? resse ? par la liberte ? sexuelle. Reconnaissant une profonde asyme ? trie entre ces deux re ? cits, Franc ? oise Verge`s questionne cependant les causes de l'effacement de fe ? minismes radicaux et anticoloniaux, antiracistes et anti-impe ? rialistes des anne ? es 1970. Il faut en effet analy- ser comment le fe ? minisme e ? tatique contribua a` la pacifica- tion du mouvement radical en faisant des discriminations et de la loi l'objectif des luttes ; comment il transforma le contro^le des naissances dans le Sud global ou aupre`s des femmes pauvres et immigre ? es et l'inte ? gration des femmes racise ? es dans le monde du travail globalise ? en politiques de la sororite ? . Il a su faire de l'inte ? gration des femmes dans le monde du travail et dans celui de l'e ? ducation la mesure du progre`s des gouvernements et des institutions internatio- nales. Le fe ? minisme carce ? ro-punitif a pris peu a` peu une place majeure, donnant au tribunal et a` la police le ro^le de prote ? ger les femmes des discriminations et des abus, ignorant l'analyse sociale et politique. Violences domes- tiques et sexuelles sont devenus le fait d'individus isole ? s, Franc ? oise verge`s Leur fe ? minisme et le no^tre 208 pages 11 x 16, 8 cm 12 euros 9782358721745 enferme ? s dans une pathologie de masculinite ? s arrie ? re ? es et n'ont plus e ? te ? analyse ? es comme faits sociaux. En faisant disparai^tre le radicalisme des mouvements de femmes des anne ? es 1970 qui furent porte ? s par l'e ? nergie des grandes luttes anti-impe ? rialistes et antiracistes pour passer a` un fe ? minisme de la pacification, c'est le de ? sir de faire e ? clater les structures qui est efface ? . Dans un deuxie`me temps, a` travers une lecture critique de la me ? taphore de "vagues" , l'auteure propose une temporalite ? et une spatialite ? des luttes des femmes pour la justice et la liberte ? , contre le racisme et pour l'e ? ga- lite ? qui exce`de celles du cadre national. En partant des luttes des femmes esclavagise ? es et colonise ? es, puis des luttes des femmes des socie ? te ? s postcoloniales franc ? aises, elle montre l'internationalisme des luttes. Puis, partant des gre`ves de ces dernie`res anne ? es de femmes ouvrie`res racise ? es qui font le me ? nage dans les ho^tels ou nettoient les gares, Franc ? oise Verge`s revient sur les analyses fe ? ministes autour de la question du travail dit "fe ? minin" - le travail de soin et de nettoyage. Elle propose de mettre au coeur d'un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire ce travail dans ses dimensions de classe et de race. Enfin, Franc ? oise Verge`s fait une analyse critique des politiques gouvernementales actuelles - la parite ? et l'ine ? galite ? - et, s'appuyant sur les nombreux exemples d'offensive fe ? ministe a` travers le monde, elle sugge`re des pistes d'action et des axes de recherche pour renforcer un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire.