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Le reliquat de santé
Blanchon Philippe
LA NERTHE LIB
10,00 €
Épuisé
EAN :9782490774357
Les décors furent capitaux et peu nombreux. Le port, le sable, les villes traversées par un fleuve, les saisons. Détours par d'autres quais avant d'être rendu à la mer, inexorablement. Les décors furent peu nombreux, furent autant de capitales pour chacun des poèmes. Nous sommes innombrables, c'est pourquoi il y a multitude de poèmes. Chacun, légitimement, tentera d'être l'affirmation de cette multiplicité et la négation de ce qui voudra le réduire, le présenter faussement. Le poème devra pourtant faire disparaître son poète pour ne pas être un mensonge. C'est pourquoi ce qui voulait dominer ici ce sont les signatures et leur effacement. Chansons d'aubes. Roman. Chant. Récitatif. Il y eut retour à la mer comme il y eut le balancier d'une forme à une autres et le retour à la prosodie toujours. la volonté d'apercevoir et de rendre concrètes, par le poème, ces merveilles qui nous affirment et nous effacent. 1998-2004 (extrait de la préface) Edition de 2005
Si je propose tout compte fait cette Trilogie, c'est pour la simple raison que mes poèmes ont quasiment tous été rendus publics, ainsi que des entretiens à leur sujet, et que ces poèmes dramatiques ont été écrits entre les poèmes brefs réunis dans Le reliquat de santé et les poèmes élégiaco-narratifs qui allaient, au fil des années, évoluer depuis La nuit jetée pour composer finalement les Motets avec leurs différentes modalités d'écriture. Des nombreuses pièces écrites alors, celles-ci furent les seules conservées... Ph. B.
Fortune n'est pas un simple recueil de poèmes, mais plutôt une "suite" ou un ensemble de "variations" au même titre que les deux précédents ouvrages de l'auteur. Ici, une narration fragmentée reprend une traversée ferroviaire d'un personnage, Etienne, surnommé "Leblanc" , d'une côte à une autre, d'une mer à une autre. Ce qu'il perçoit ainsi que ce qu'il a laissé, ce qui le traverse dans les instants de torpeur ainsi que ce qu'il projette pour son arrivée influent musicalement sur la composition du livre aussi bien que sur ses rythmes. Par ailleurs, ce dernier opus prend ses distances avec les précédents qui s'inscrivaient tous dans la composition et le prolongement des Motets de l'auteur - ne serait-ce que par la récurrence des personnages. Un lien demeure toutefois avec son dernier, Variations de Jan, en ce que la Guerre de Troie en constitue l'arrière-plan lancinant. L'histoire fait retour sans cesse, percutant l'intime et provoquant les heurts métriques, ses syncopes, autant que l'allongement du vers parfois quand il s'agit de faire retour, ou tenter une synthèse de cette multiplicité d'approches. Les échos sont multiples : Conrad et Joyce, Maïakovski et Khlebnikov, Henry James et Homère. Mais surtout, les temps présents - avec leurs révoltes, leurs exils et leurs luttes - agitent un corps entre précipitation (panique) et méditation (pensée). Sans trame narrative, sans les sens sollicités sans cesse et sans l'invention en chemin, ce qui s'approche ici de l'élégie ne semblerait pouvoir trouver de voix chez cet auteur.
Eric Garnier est né à Paris en 1960, c'est aussi à Paris qu'il conçut sa vie d'homme, professionnelle, intellectuelle et artistique. Mais c'est sur les bords de Loire, près de Loches, où se côtoient la transparence de la pierre de tuffeau et la luxuriance de la végétation fluviale - dont il avait une connaissance savante - qu'il passa sa jeunesse et qu'il puisa, sans nul doute, sa sensibilité créatrice. Ce double ancrage permet de comprendre l'unité de son oeuvre picturale et littéraire ; celle-ci est l'expression réfléchie et apaisée de sa vie et de la vie elle-même. L'exigence créatrice d'Eric Garnier est toute entière resserrée autour d'une intuition unique. Ainsi, si la rencontre avec le peintre Rogger Van Rogger et les oeuvres de Barnett Newmann et de Piet Mondrian furent déterminantes pour son destin de peintre, les lectures de Charles Darwin et de Stéphane Mallarmé fixèrent son travail dans son intuition originaire ; l'oeuvre d'art est belle dans la mesure où elle imite la vitalité de la nature se réinventant sans cesse, à travers la diversité infinie et contingente des formes. Aussi, son oeuvre picturale, résolument abstraite, exprime l'unité immanente de la nature accédant - au rythme de la couleur - à la conscience de soi. De même, c'est dans sa pratique quotidienne du dessin, qu'Eric Garnier a joui de la naissance des formes, saisissant ici la courbe d'un sein, là les ramifications hiératiques d'un pommier... Son roman Victor est construit comme un tableau ; les points de vue s'enchâssent les uns dans les autres, s'accordant dans une mise en abîme des voix narratives. La transparence de l'eau et du verre assure la perméabilité et la correspondance des différents plans. Alors, le réel n'apparaît plus qu'à la confluence d'un jeu de reflets, comme autant d'apparences miroitant sur les eaux. La vie, "toujours vieille et jeune", unifie le tout. Le roman Agnès est inachevé, il est proposé à la lecture à l'état d'ébauche, tel qu'il a été laissé par son auteur, quelques jours avant qu'il ne décède en 2017. Le centre de gravité d'Agnès est le même que celui de Victor, dont il propose un contrepoint. L'ensemble de l'oeuvre peut être perçu comme une méditation poétique sur le destin de l'écriture convoquée à signifier la distance manifeste au creuset même de la présence, distance redoublée par la mort, comme deux infinis.
Écrit à diverses périodes et à plusieurs mains, Visages de l?avant-garde retrace l?histoire et les conceptions du mouvement lettriste de 1945 à 1953. Par ses conclusions, ce document émane de l?aile radicale du lettrisme ? Serge Berna, Jean-Louis Brau, Guy Debord et Gil J Wolman ? qui après sa rupture avec Isidore Isou en novembre 1952 s?est rassemblée en une Internationale lettriste (1952-1957). Première pièce versée aux Archives situationnistes en 1957, ce texte a le mérite de présenter le lettrisme vu et vécu en 1953 par sa fraction la plus déterminée à porter le trouble bien au-delà du domaine séparé de l?art. Cette nouvelle édition est augmentée de quelques documents et de diverses précisions que l?on trouvera dans les notes.
Alberto Savinio et Giorgio de Chirico sont nés en Grèce et ils s'identifièrent aux Dioscures Castor et Pollux. Ils seront profondément marqués par la disparition de leur soeur Adélaïde, à l'âge de cinq ans, et par celle de leur père. La statue de Praxitèle représentant Hermès-Mercure leur apparût comme un spectre. De Chirico représentera son frère (et donc lui-même) en Hamlet, celui qui a vu le fantôme de son père. "L'apparition de Mercure est liée inéluctablement à la mort du père". Mercure devient pour eux "l'éveilleur" révélé à son humanité par l'amour et un potentiel martyr : art et artiste confondus. Il est le "médiateur des rêves et initiateur de l'invisible". Savinio écrira un scénario, jamais réalisé, La vie de Mercure. L'oeuvre des deux frères se fera à l'ombre et à la lumière de ce "médiateur", entre la vie et la mort, entre l'éros et la psyché.
Trois auteurs, Alain Jugnon, Jacques Sicard et Philippe Blanchon se livrent à des échanges de textes partant du cinéma. La littérature, la politique, la peintre aussi parcourent ces fragments de proses, de journaux, de lettres, de traductions. Ils se prolongent entre eux, se répondent s'autorisant toutes les formes et toutes les digressions.