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Motets
Blanchon Philippe
LA NERTHE LIB
40,00 €
Épuisé
EAN :9782916862941
Eric Garnier est né à Paris en 1960, c'est aussi à Paris qu'il conçut sa vie d'homme, professionnelle, intellectuelle et artistique. Mais c'est sur les bords de Loire, près de Loches, où se côtoient la transparence de la pierre de tuffeau et la luxuriance de la végétation fluviale - dont il avait une connaissance savante - qu'il passa sa jeunesse et qu'il puisa, sans nul doute, sa sensibilité créatrice. Ce double ancrage permet de comprendre l'unité de son oeuvre picturale et littéraire ; celle-ci est l'expression réfléchie et apaisée de sa vie et de la vie elle-même. L'exigence créatrice d'Eric Garnier est toute entière resserrée autour d'une intuition unique. Ainsi, si la rencontre avec le peintre Rogger Van Rogger et les oeuvres de Barnett Newmann et de Piet Mondrian furent déterminantes pour son destin de peintre, les lectures de Charles Darwin et de Stéphane Mallarmé fixèrent son travail dans son intuition originaire ; l'oeuvre d'art est belle dans la mesure où elle imite la vitalité de la nature se réinventant sans cesse, à travers la diversité infinie et contingente des formes. Aussi, son oeuvre picturale, résolument abstraite, exprime l'unité immanente de la nature accédant - au rythme de la couleur - à la conscience de soi. De même, c'est dans sa pratique quotidienne du dessin, qu'Eric Garnier a joui de la naissance des formes, saisissant ici la courbe d'un sein, là les ramifications hiératiques d'un pommier... Son roman Victor est construit comme un tableau ; les points de vue s'enchâssent les uns dans les autres, s'accordant dans une mise en abîme des voix narratives. La transparence de l'eau et du verre assure la perméabilité et la correspondance des différents plans. Alors, le réel n'apparaît plus qu'à la confluence d'un jeu de reflets, comme autant d'apparences miroitant sur les eaux. La vie, "toujours vieille et jeune", unifie le tout. Le roman Agnès est inachevé, il est proposé à la lecture à l'état d'ébauche, tel qu'il a été laissé par son auteur, quelques jours avant qu'il ne décède en 2017. Le centre de gravité d'Agnès est le même que celui de Victor, dont il propose un contrepoint. L'ensemble de l'oeuvre peut être perçu comme une méditation poétique sur le destin de l'écriture convoquée à signifier la distance manifeste au creuset même de la présence, distance redoublée par la mort, comme deux infinis.
Si je propose tout compte fait cette Trilogie, c'est pour la simple raison que mes poèmes ont quasiment tous été rendus publics, ainsi que des entretiens à leur sujet, et que ces poèmes dramatiques ont été écrits entre les poèmes brefs réunis dans Le reliquat de santé et les poèmes élégiaco-narratifs qui allaient, au fil des années, évoluer depuis La nuit jetée pour composer finalement les Motets avec leurs différentes modalités d'écriture. Des nombreuses pièces écrites alors, celles-ci furent les seules conservées... Ph. B.
Ces poèmes s'inscrivent dans un lieu et sont l'histoire : faits énoncés ou passés à travers les canailles de la fiction. Lieux et Histoire visités par des personnages, Martin et Sandra, qui s'y trouvent confrontés. Nous les suivons un jour et une nuit dans les deux parties de LA VILLE ET LE CERCLE. L'histoire de Martin se poursuit comme on retrouve une ville, Toulon. Les livres, de James Joyce, Martin Eden de Jack London, notamment traversent l'ensemble. Les citations (Cummings, Beckett), les allusions (G Oppen, Proust, Celan) dessinent autant de personnages, de faits, de fictions, de paysages, d'exils, de passages. Mise en miroir par la composition: ces deux parties sont construites en sections de 5, 2, 4, 6, 1, 6, 4, 2, 5 poèmes. La troisième partie NOVEMBRE EN PLACE est composée de poèmes de la main de Martin. Ils recouvrent une année. Leurs références y sont nombreuses, certaines récurrentes:, Joyce (Stephen et Bloom), J C Powys (mythologie personnelle et relations amoureuses), Maïakovski (qui en 1921 revoit l'homme qu'il fut en 1915), Khlebnikov, Musil. Poèmes méditatifs dans lesquels la littérature est au coeur, mais aussi les sciences et la théologie. Ici chaque citation est replacée pour le besoin de la pénétration du sujet, de la saison, du mois, d'un état. La vie de Martin est ainsi reprise à travers ses lectures, ses "études" et ses silences enfin. Après une journée et une nuit, c'est une année parcourue dans ce qui devient un retrait face à l'Histoire. Mais cette dernière se trouve, plus que jamais, centrale en ses derniers bouleversements et ses résonances persistantes. Symétrie encore: LA VILLE ET LE CERCLE et NOVEMBRE EN PLACE sont, chacun, composés de 70 poèmes. Obsession de la fondation après la construction. La lyrique après/avec l'épopée.
Rannou François ; Pound Ezra ; Lowry Malcolm ; Zuk
Sommaire de Babel 5 - André Chénier - D'AMERIQUES : Ezra Pound, Richard Sieburth, Matt Bialer, Alexander Dickow - Malcolm Lowry - BLACK BOHEMIA : Guillaume Saint-James, Langston Hugues - "DANS L'ATELIER EN FACE DE CE QUI ME CONSTITUE... " (1) : Hung Rannou - "CREATION D'UN INTERVALLE" : Philippe Blanchon - "DANS L'ATELIER EN FACE DE CE QUI ME CONSTITUE... " (2) : Hung Rannou - CAHIER DE CREATION : Catherine Smits, Damien Paisant, Jacques Sicard - LES SORTILEGES : Seylvie Plesnel - LA TRAVERSEE DES VOIX : POESIE SONORE ETC. : Eric Mangion, Patrizio Peterlini, Laure Gauthier, François Rannou - WHO'S AFRAID : Seylvie Plesnel - PAYSAGE, PEINTURE : DEUX MOTS INTRADUISIBLES ? : François-René de Chateaubriand, François Lallier - ORPHEE : Seylvie Plesnel - Denise Le Dantec
Ancienne, abondante, la correspondance entre les deux auteurs de ce livre porte sur beaucoup de sujets. Sur la littérature le plus souvent. Mais sur la politique aussi, ou, on le verra, plutôt que sur la politique, sur la révolution, la première étant d'un bout à l'autre mesurée par eux à l'aune de l'espérance et de l'attente de la seconde. Aussi bien, est-ce la partie que ceux-ci ont choisi d'isoler, prélever et reproduire ici, sans égard pour tout ce que chacune de leurs lettres pouvait contenir d'autre, recomposant quelque chose comme un échange, un dialogue, un entretien politique-révolutionnaire au long des années.
Écrit à diverses périodes et à plusieurs mains, Visages de l?avant-garde retrace l?histoire et les conceptions du mouvement lettriste de 1945 à 1953. Par ses conclusions, ce document émane de l?aile radicale du lettrisme ? Serge Berna, Jean-Louis Brau, Guy Debord et Gil J Wolman ? qui après sa rupture avec Isidore Isou en novembre 1952 s?est rassemblée en une Internationale lettriste (1952-1957). Première pièce versée aux Archives situationnistes en 1957, ce texte a le mérite de présenter le lettrisme vu et vécu en 1953 par sa fraction la plus déterminée à porter le trouble bien au-delà du domaine séparé de l?art. Cette nouvelle édition est augmentée de quelques documents et de diverses précisions que l?on trouvera dans les notes.