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Méditations & autres brièvetés. Suivi(es) de très près par Nous sommes notre propre imitation
Blanchet Marc
LETTRE VOLEE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782873172954
Soit : c'est un livre qui pense, avec les dites pensées numérotées un peu comme ces chambres d'hôtel derrière lesquelles le plaisir nous attend, à moins que la porte ne se referme sur une version de l'enfer. Ce présent texte pourrait bien sûr vous abreuver d'extraits, comme on cherche à convaincre par l'emploi de quelques sentences. Le quotidien vibre de toutes parts : avoir des certitudes a parfois ses avantages. Néanmoins, malgré la nature méditative de ces proses, confirmée par le titre, parlons de l'autre versant qui descend : la brièveté. En toute chose n'est-elle pas la vérité qui nous rassemble ? Ici, le fantasme vient rôder, la blessure ne se fait pas entendre, toute affirmation s'énonce difficilement parmi tant de hoquets. De quoi exactement s'agit-il ? pourrait-on dire, avant de laisser le livre prendre la parole. Ne répondons pas. Tout en ce lieu est devenu vivant à force de signes et de sens. Soyez juste les bienvenus parmi ces demeures souriantes et ces lieux d'écorchement. D'accord ? Si vous entendez une petite musique, vous pouvez retourner l'ouvrage. Il commence ainsi.
Résumé : Chacun s'exerce - pose ses pieds dans l'empreinte des morts. Un ?il embaumé : premier visage du livre. L'astre est toujours hors de portée. Semblable à l'ombre. Sa corolle d'anneaux défaite dans l'usure des choses. Une main. Elle invente le corps. Déchiffre une énigme Sur un nouveau visage. Couronne l'union vouée à disparaître. Chaque main s'exerce - retire du feu commun la matière des signes. Les lèvres s'en couvrent, murmurent une loi nouvelle. Le feu bâtit les choses - les disperse. Le temps accouche de la perte. Noces achevées dans la contemplation du sang. Greffée sur la langue du dernier vivant : une parole. Elle descend au fond du jour, Tombeau d'or clair. Pour seule énigme : un chemin d'orties.
Pour désigner les auteurs anciens, grecs et latins, qui le fascinent et qui, plus vivants que fantômes, se penchent sur son règne d'écriture, Pétrarque a une expression précise : les amis secrets. Il l'écrit en plusieurs textes comme la formule heureuse pour parler de ces morts éternels, qu'il espère rejoindre dans quelque paradis - ou champs-élysées. C'est là son souhait et sa prétention : il s'emploie presque désespérément à égaler leur force en faisant l'éloge de leurs vertus. C'est maintenant lui qui me guide pour nommer respectueusement, mais pas sans ironie ni recul, ces amis secrets - nombre d'entre eux étant encore vivants - qui ont façonné la présente main à écrire. Leur amitié est faite de rencontres que la matière du livre rend aussi impalpables que la science des sons ou la vision d'un tableau. Rencontres quotidiennes, sous une forme ou une autre, qui me font espérer avec la même prétention des hommes nouveaux, proches de ce que je tente intuitivement de devenir, traquant comme tout un chacun la lumière dans la pénombre.
Résumé : Hors songe refais surface - dressé en sang. Le poison fort des jambes porte la tête M'élève au jour comme d'autres en gloire. Pénétrée d'or la proie éc?ure l'?il. La bouche jetée en sel plaie neuve je décroche l'astre, fais parure du sexe. Beauté jurée en coin j'ose et me parfais. Descends l'escalier en ciel, vrille l'âme Crache la cible. Plante l'aigu A l'heure où l'innocence s'enfuit.
Au lecteur à se faire l'écrivain de sa vie au jour le jour en s'appropriant ce livre qui deviendra, suivant l'humeur du moment et de chacun, agenda ou source d'inspiration, carnet de notes ou de croquis, journal intime ou présent.
Cet essai interroge un aspect décisif de l'art des années 1960 et 1970, qui a acquis valeur de paradigme. De manière circonstanciée, Natacha Pugnet y analyse les visées et les incidences d'une désubjectivation paradoxale en ce qu'elle semble a priori contraire au processus créateur. Autant que les propos des artistes, leurs productions elles-mêmes témoignent pourtant de la recherche d'une impersonnalité stylistique ; elles procèdent d'un faire anonyme, marquent l'appropriation d'un déjà-là, se montrent indifférentes au chromatisme, multiplient les procédures répétitives, etc. Pour être souvent décriée, la thèse de la " mort de l'auteur " - que défendirent Barthes et Foucault - n'en montre pas moins un point de convergence essentiel avec la critique radicale, depuis l'intérieur, de toute position souveraine de l'artiste. Et si diverses pratiques actuelles héritent manifestement de cette attitude, c'est que l'effacement est désormais intériorisé. Il aura permis de repenser la figure de l'artiste, telle qu'elle se redessine à un moment charnière de l'histoire de l'art, entre la fin des avant-gardes et ce qu'on nomme la postmodernité.
L'interprétation à l'oeuvre Il y a des mots qui portent, et d'autres pas. C'est un fait clinique. Il n'est pas sûr cependant que les effets réels de la parole dans une psychanalyse dépendent du sens. A quelle réson faut-il alors recourir pour aborder le réel ?, se demande Jacques Lacan. L'appui que Francis Ponge prend sur la matérialité des mots dans son écriture poétique apporte quelque réponse. C'est particulièrement sensible dans ses écrits sur l'art. Ponge fait résonner dans la langue les natures mortes de Chardin, les hautes pâtes Fautrier, les collages de Braque, le trait de Giacometti et le nom de Picasso. La notion d'interprétation est au coeur du dispositif analytique, avant même que l'on sache qui interprète, voire même ce qui interprète. La prise en compte du réel dans l'expérience analytique impose une révision de cette notion. Faire résonner autre chose que le sens devient déterminant. Le corps-à-corps de Ponge avec les mots se présente à cet égard pour la psychanalyse comme une opportunité à saisir.