Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La police parisienne et les Algériens (1944-1962)
Blanchard Emmanuel
NOUVEAU MONDE
29,75 €
Épuisé
EAN :9782847366273
Le "problème nord-africain": c'est ainsi que la police a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes. De 1925 à 1945, les Algériens ont été "suivis" par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les "indigènes" devenus "Français musulmans d'Algérie" sont désormais l'affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l'émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953, place de la Nation. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs: pénétrer les "milieux nord-africains" et ficher les Algériens. Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise: il faut désormais "éliminer les indésirables". Rafles, camps d'internement et retours forcés se multiplient. Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu'à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un "chèque en blanc" pour combattre le FLN. Les massacres d'octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par une étude historique rigoureuse fondée sur des archives et des témoignages inédits.
Le 6 rue Lecomte abrite, à partir de 1925, le Service des affaires indigènes nord-africaines. Rattaché à la préfecture de police, il est chargé de surveiller les travailleurs coloniaux qui ne sont ni pleinement français ni étrangers. Bientôt surnommé le "bureau arabe" , il accueille plus de 300 personnes par jour, essentiellement des Kabyles venus travailler à Paris. Le SAINA est un organe principalement répressif mais il traite néanmoins de nombreuses plaintes venues des deux bords de la Méditerranée. Ces requêtes donnent à comprendre la situation coloniale et l'expérience migratoire au quotidien : dettes de jeu, affaires familiales, demandes d'exonérations fiscales, dénonciation de faits de corruption, litiges fonciers, etc. Rédigées le plus souvent par des écrivains publics, elles sont la matière d'une micro-histoire intime et politique, qui relie la Kabylie et la métropole parisienne. Explorant les quinze cartons d'archives, sauvées in extremis des caves humides d'une école, Emmanuel Blanchard a mené l'enquête. Les lettres exhumées révèlent les stratégies d'adaptation à l'Etat colonial de colonisés qui, finalement, n'apparaissent jamais autant "ingouvernables" que lorsqu'ils demandent à faire valoir leurs droits, c'est-à-dire à être gouvernés comme des administrés, non à être commandés comme des sujets. Emmanuel Blanchard, historien et sociologue, est professeur des universités à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Il est également chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) et à l'Institut national d'études démographiques (INED). Il est notamment l'auteur d'une Histoire de l'immigration algérienne en France (La Découverte, 2018).
Résumé : Les relations entre la France et l'Algérie sont souvent considérées comme "passionnelles" en raison, notamment, du poids des années de guerre (1954-1962). Or ce sont cent trente ans de colonisation et près de deux siècles de migrations qui ont tissé de multiples liens : avec des départs de la France vers l'Algérie d'abord, avant que les traversées dans l'autre sens se multiplient à partir des années 1900. Aujourd'hui encore, les Algériens forment le principal groupe d'étrangers installé en France alors même que des générations de descendants d'immigrés ont acquis la nationalité française. Le droit de la nationalité, les politiques d'immigration, les imaginaires, mais aussi les sociabilités populaires ont largement été marqués par cette présence. La prise en compte d'une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d'expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu'elles ont engendrées. En laissant toute sa place à une histoire sociale ouverte à la diversité des pratiques (religieuses, culturelles, professionnelles...) et des trajectoires, l'auteur restitue la diversité d'une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique.
Cantat Bertrand ; Blanchard Dominique-Emmanuel ; Y
Sous la figure médiatique, emblématique, qui est là? Entre deux tournées, et au hasard du calendrier, Bertrand Cantat a rencontré Dominique-Emmanuel Blanchard et Jean Yssev, ensemble, et séparément. Aussi, les éclairages sont-ils différents, dans des tonalités diverses, selon les lieux de rencontre et les interlocuteurs. Ici: la politique, Jean-Marie Messier, l'Irak; là: Ferré, "être soi-même, qu'est-ce que c'est?", la liberté, la passion et l'amour, etc. Sont passés au crible les enjeux, les défis de ce groupe qui, depuis vingt ans s'est constitué une renommée mondiale sans avoir eu recours à la télévision et autres médias prescripteurs. Pourquoi ce choix? Est-il le même encore aujourd'hui? Comment parvient-on, d'un rock hard, somme toute assez sommaire, à L'Europe, ce morceau déstructuré, avec Brigitte Fontaine, qui dure 25 minutes et qui "n'est pas un exercice surréaliste sans conviction". Une fois de plus est évoquée la notion d'exigence pourquoi ne cède-t-on pas à la facilité quand tant d'autres y succombent? On parle de musique certes, mais aussi de poésie, de philosophie, où l'amitié, la fidélité sont au rendez-vous. Bertrand Cantat s'interroge, revient sur ses réponses, interroge les questions qui lui sont posées, et refuse parfois d'y répondre. Cette traversée des apparences se situe loin du questionnement journalistique traditionnel et permet d'approcher, au plus près possible, un homme qui cherche, avant tout, à se surprendre lui-même...
Rares sont les chefs de guerre qui ont suscité autant de ferveur et de haine, recueilli autant d'honneurs et provoqué autant de controverses que le général George Patton. Chef de la légendaire Troisième Armée, Patton est souvent décrit comme un leader tyrannique et mégalomaniaque, flirtant parfois avec la folie. Les archives et notes personnelles du général permettent d'en brosser un portrait bien plus nuancé. Elles éclairent d'abord la période la moins connue de la vie de Patton - son enfance, son séjour à West Point, la traque de Pancho Villa et les batailles de 1917 dans la Somme et en Champagne. Puis, on entre de plain-pied dans les opérations de la Seconde Guerre mondiale : la Tunisie, la Sicile, la France et l'Allemagne. Ses notes, lettres et journaux intimes permettent de suivre ses pensées et impressions jour après jour, ses "coups de gueule" autant que son génie tactique. Ces documents nous donnent accès à un être bien plus complexe qu'on l'imagine, tourmenté par le doute, exalté par la guerre et toujours volontaire pour aller au combat.
Dans son ouvrage paru en France en 1931 et jamais réédité, Sternbeck fait revivre le temps des pirates et des flibustiers du XVIe siècle. Depuis la découverte de l'Eldorado des Amériques jusqu'à l'expédition des Indes orientales en passant par la chasse à l'or dans le Pacifique, il retrace les épopées des figures majeures de la piraterie. Ce sont les voix des capitaines Kidd, Hawkins ou Morgan (le "roi des boucaniers"), comme de l'impitoyable Blackbeard, que l'on entend ici. Sur l'île du Diable ou de la Tortue, à bord du Pelican ou du Golden Hind, les espoirs, les peurs et les combats ne sont pas sans liens avec les intérêts des couronnes européennes. Sous la plume alerte et amusée de Sternbeck, les récits de ces navigateurs extraordinaires forment une histoire de la flibusterie, devenue source d'inspiration pour de nombreux auteurs.
Connaissez-vous Hypathia, mathématicienne et philosophe du IVe siècle ? Nicole Lepaute et Hélène Metzger, dont les travaux ont révolutionné le monde de la science ? Avez-vous entendu parler de Victoria Woodhull qui osa se présenter aux élections présidentielles américaines, alors que les femmes n'avaient pas le droit de vote ? Elles sont Grecques, Italiennes, Françaises, Anglaises, Américaines ou Allemandes et ont toutes en commun une volonté et une détermination étonnantes. Leurs vies sont surprenantes. Voici le parcours de 18 femmes d'exception, de l'Antiquité à nos jours. Ces portraits plus exceptionnels les unes que les autres montrent qu'être femme dans une société souvent misogyne nécessite courage, détermination et volonté pour choisir son mode de vie... ou simplement le droit d'exister.
Il fallait sans doute le recul des ans, et celui de l'observateur étranger, fin connaisseur de la France, pour obtenir tant d'informations inédites et produire une biographie de François Mitterrand qui fasse à ce point référence. Correspondant de la BBC à Paris pendant les années Mitterrand, Philip Short brosse le portait d'un homme aux talents et défauts exceptionnels, un esthète machiavélien qui pendant ses deux mandats a conduit la France dans la modernité. Homme de contradictions, il fut à la fois leader d'un mouvement de résistance et décoré par Vichy ; jeune parlementaire conservateur, il devint le leader incontesté de la Gauche unie. Imposant les communistes au gouvernement, il fut le fossoyeur du PCF. Féroce opposant à De Gaulle et à la constitution de la Ve République, il sut à merveille user du système institutionnel et s'inscrire dans une forme d'héritage gaullien? Tout cela en arrivant à gérer une vie privée extraordinairement compliquée. Biographe réputé, toujours à bonne distance de son sujet, Philip Short apporte de nombreux détails inédits sur sa gestion des " deux familles ", ses maîtresses, son rapport ambigu à l'argent et aux amis riches. Grâce aux archives américaines et britanniques, il dévoile également de nombreux épisodes jusqu'ici inédits de ses relations avec Reagan, Thatcher, Kohl, Gorbatchev? Cette biographie menée d'une plume alerte a été saluée par la presse anglo-saxonne et s'impose déjà comme une référence.