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Ces villes-là. Actualité de Colette Pétonnet
Blanc-Chaléard Marie-Claude ; Parsapajouh Sepideh
PARIS OUEST
17,00 €
Épuisé
EAN :9782840162988
Comment l'anthropologie peut-elle faire bouger les choses ? L'oeuvre de Colette Pétonnet (1929-2012) est tout entière une réponse à cette question. L'enjeu de cet ouvrage est d'en rendre compte, en réinterrogeant la singularité de sa démarche et en donnant à voir son actualité dans la recherche contemporaine. Ancrée dans la tradition ethnologique française, mais élaborée sur le terrain alors atypique des banlieues françaises, son oeuvre fut en son temps pionnière et resta longtemps solitaire, même si elle fonda avec Jacques Gutwirth, le Laboratoire d'anthropologie urbaine du CNRS en 1983. Sans s'inscrire dans une perspective militante, ni même engagée, Colette Pétonnet, qui s'était intensément acclimatée à la réalité des villes marocaines, a proposé une autre vision de l'urbain et de l'humain, un décentrement du regard qui poursuivit sa révolution critique autour du monde, plaidant pour un déplacement efficace des conceptions et des sensibilités. Son approche est exemplaire d'une ethnologie du proche, faisant voir lucidement ce que la ville occulte, ignore ou préfère rejeter ; une anthropologie qui entend secouer et changer les perceptions. On peut en saisir l'héritage dans cet ouvrage, dont nombre de contributions témoignent de la façon dont, à son exemple, les chercheur. e. s, ont su s'approprier les leçons d'une vraie prise de risque, appliquée à des territoires proches ou lointains. En confrontant le contexte passé des premiers travaux sur l'habitat précaire et ces regards neufs sur la diversité de l'urbain dans le monde d'aujourd'hui, des spécialistes de différentes disciplines proposent un hommage inédit à l'oeuvre de Colette Pétonnet
Résumé : La résorption des bidonvilles est l'une des grandes questions sociales de la France des années 1960-1970. Question urbaine, à l'heure où se façonnent les banlieues modernes et où s'estompe la crise du logement. Question d'immigration aussi, les bidonvilles étant à 80 % peuplés par les travailleurs immigrés qu'attire la croissance des Trente Glorieuses. Les premiers viennent d'Algérie, et c'est dans l'urgence de la décolonisation qu'est lancé, par l'Etat, le premier plan de résorption et de relogement en 1959. D'autres suivent, longtemps impuissants à enrayer l'"épidémie", mais finissant par en venir à bout dans un climat de scandale national. Cette politique n'a jamais été étudiée. Du "temps de Nanterre", phase coloniale ciblant les bidonvilles algériens, au "temps de Champigny", où se croisent enjeux humanitaires et urbanistiques, ce livre propose de suivre le cas emblématique de la région parisienne, au fil de deux décennies de résistances et d'enlisement, mais aussi de colère et d'engagements. Le climat politisé d'après-Mai 68 impose finalement d'"en finir avec les bidonvilles", selon les termes du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas. Derrière le volontarisme de l'action publique dans le domaine de l'habitat insalubre et précaire et l'émergence d'un mouvement associatif en soutien aux immigrés, le principal enjeu demeure la place faite aux immigrés dans la société urbaine contemporaine. Cette histoire interroge le devenir des ségrégations et permet de comprendre comment les questions d'habitat et de logement, encore peu sensibles avant-guerre, sont devenues décisives dans l'émergence d'un nouveau "problème de l'immigration" au cours des années 1970.
Depuis le début de sa carrière, Pierre Milza est un passeur de frontières dans toutes les acceptions du mot, géographique et linguistique, académique et thématique. Il a ainsi construit une oeuvre historique originale, féconde, en perpétuelle évolution, dans des domaines aussi divers que l'histoire de l'Italie, l'histoire de l'immigration et des relations internationales, l'histoire politique et culturelle, en particulier celle des fascismes et des extrêmes droites. En tant qu'enseignant et auteur de manuels du secondaire et du supérieur, il a aussi marqué des générations de lycéens et d'étudiants, particulièrement à Sciences Po. En rassemblant des textes inédits, dont les auteur(e)s ont pour la plupart mené leur doctorat sous sa direction, ce volume se propose de donner un aperçu du rayonnement de Pierre Milza sur l'historiographie contemporaine et de rendre hommage au caractère foisonnant, inventif et multiforme de ses travaux.
Résumé : La genèse et l'évolution de trois parcs nationaux (les Cévennes en France, les montagnes du Semen en Ethiopie et Forillon au Canada) permettent à l'auteur, spécialiste de l'histoire environnementale, d'exposer les rapports entre changements sociaux et environnementaux, ainsi que les enjeux culturels, politiques et économiques que recouvre cette mise en parc de la nature.
Présentation de l'éditeur Empereur épris de philosophie et païen militant, Julien (331-363) est l'auteur d'une oeuvre abondante et variée, aussi passionnante que son existence romanesque. Il était tentant de suivre les traces de ses écrits (lettres, discours, lois, spéculations philosophiques ou théologiques, ouvrages polémiques, confidences autobiographiques) chez les lettrés de la fin de l'Antiquité. Qu'ils soient philosophes, historiens, rhéteurs, qu'ils soient païens ou chrétiens, ils furent nombreux à faire appel à des formules, des concepts et des textes de Julien. On croisera donc ici non seulement les grands écrivains de l'époque (Libanios, Ammien Marcellin, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome) mais aussi des auteurs moins connus (Saloustios, Sozomène, Philostorge, et bien d'autres). Tous ont fait preuve d'une remarquable inventivité littéraire, mêlant ironie, citations détournées, subtil double langage. C'est cette scène intellectuelle dominée par la dernière grande polémique entre christianisme et paganisme - un véritable "choc des cultures" - que reconstitue cette étude philologique qui apporte un éclairage nouveau sur l'histoire de l'Antiquité tardive.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Résumé : Longtemps relégué dans l'ombre, le rire est aujourd'hui à la mode. Mais on s'intéresse presque toujours au rire pour d'autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques, comme s'il fallait toujours s'excuser de rire et de faire rire. A rebours, L'Esthétique du rire veut s'en tenir au rire. D'abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu'il est loisible d'énumérer (l'ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s'il existe bien un art du rire, il n'est rien d'autre que l'art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible. Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Age, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire. Mais l'histoire ne doit pas faire oublier l'essentiel: la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l'homme: dans l'inconscient que refoule le moi sérieux; dans les mondes merveilleux de l'enfance; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l'homme. L'art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l'intimité humaine en bruyant feu d'artifice. Et ce sont les extases d'imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d'ordre esthétique.
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.