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Toi et moi je t'accompagne. Entre Königsberg et Kaliningrad nous cherchons de l'ambre et des racines
Biro Adam ; Biro-Thierbach Karin
CHAMBRE ECHOS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782913904378
Le temps d un voyage, sur les traces d un passé balayé par l histoire, Adam Biro et sa femme Karin tiennent un journal à deux voix. Ils nous content une plongée dans l histoire de Königsberg devenue l enclave russe de Kaliningrad. Lui écrit en français, elle en allemand, sa langue maternelle, dont le texte est traduit. Les deux textes sont imprimés tête-bêche en un seul volume. Nous sommes au bord de la Gilge, de la Matrosovska. Un jardin devait dans le temps entourer l église. À présent, la mauvaise herbe recouvre tout. Un paysan russe se précipite et nous explique, menaçant (pourquoi?), qu il a tout nettoyé ici avec ses mains nues il nous les montre; on devine quelques noms allemands sur des tombes à moitié enfouies sous la terre et cachées par la ronce. Des dates sont lisibles, XIXe siècle. Que fais-je ici, dans ce cimetière, moi, Juif hongrois, minuscule survivant miraculé de la grande tuerie que les fils et petits-fils de ces luthériens allemands ont organisée? Dans ce cimetière où tout m est étranger et tout m est hostile? Est-ce vrai? Je suis le mari, l amant, l amoureux de cette Prussienne dont les ancêtres sont couchés ici. Et cela me suffit, parce que c est cela, l essentiel. (Extrait du texte d'Adam Biro) Tilsit / Sovietsk, 2005, archives de l ancien lycée allemand. Derrière la porte, des piles de livres, des albums remplis de lettres, d articles sur les jubilés, de rencontres entre anciens, de fêtes de classe, de photos des bacheliers de 1922-1924. Beaucoup de bibelots, d objets de la vie quotidienne, simples témoins muets. Je feuillette, le c ur serré, la liste des noms et l album des bacheliers des années 1922 à 1924. Dix à douze candidats, guère plus. Photos individuelles et photos de groupe, chacun portant la casquette typique du lycée, je les regarde une par une, lentement, mes yeux s attardent, mes doigts suivent, caressent les contours... (Mon père aussi, je m en souviens, portait cette casquette sur un cliché que nous avions à la maison, fixant l objectif, si sérieux, si fier aussi.) Mon père ne se trouve pas parmi les lauréats photographiés. Il manque. Il me manque. (Extrait du texte de Karin Biro-Thierbach)
Quand j'ai écrit ce livre, Ulysse, mon petit-fils à qui je m'adresse avait 2 ans. Aujourd'hui il en a 17. Si le monde a changé, le passé, celui de ma famille et celui de l'Europe Centrale, reste identique : douloureux, tragique. C'est ce passé-là que je voulais raconter dans ce livre, roman vrai oscillant entre dérision et émotion, désespoir optimiste et joie de vivre pleine de larmes, entre Est et Ouest, entre un monde disparu et un présent incertain. Mais Ulysse, et le lecteur, pourront deviner à travers les portraits des membres de ma famille qui ont vécu et souffert dans une Europe bouleversée puis détruite par deux guerres et écrasée par des dictatures, une enfance émerveillée? la mienne.
Résumé : Le peintre et homme d'affaires Andor Berki remémore dans ce recueil de nouvelles avec sa modestie proverbiale les célébrités qu'il a rencontrées et qui l'ont marqué, façonné : Rembrandt, Vermeer, Monet, Atatürk, Charlot, Doris Day, le Membre ou Dieu... Au passage, il raconte comment il a amassé son immense fortune et l'usage qu'il en a fait. Et la fin du volume reprend l'étude sémio-linguistique du début : comment se rendre à Tours, à Romorantin ou dans le Vercors en dépit de l'obstruction de l'invisible préposée numérique assise dans le répondeur de la SNCF qui ne comprend pas les r tels qu'on les roule en Hongrie.
Suffit-il de manger des têtes de poisson pour devenir intelligent? Comment faire fortune quand on est idiot? Dieu est-il mauvais physionomiste? Peut-on donner sa fille à marier à quelqu'un qui n'a pas de montre? Deux Juifs voyagent dans un train... Beaucoup de vieilles histoires juives d'Europe de l'Est commencent ainsi. Si chacune est singulière, toutes ont pourtant des points communs: celui de refléter une époque révolue dans laquelle tout le monde peut se reconnaître, encore et toujours, et celui de mettre l'homme à nu face à ses défauts, à ses vices, à ses qualités, à son destin... à sa condition de mortel. Deux Juifs voyagent dans un train... Voilà bien une situation banale qu'on évoquait autrefois sur le mode mineur... jusqu'à ce que la Seconde Guerre mondiale établisse un rapport sinistre entre "train" et "juif". Nouvelles aux chutes hilarantes et détonantes, Deux Juifs voyagent dans un train mêle habilement le grotesque et la légèreté au désespoir et à la moquerie féroce, tout en se frottant non seulement aux grandes questions du judaïsme, mais aussi à celles de l'humanité. Jubilatoire.
Nantes, la ville, sa forme ou le sentiment qu'elle en donne... Une citadine familière des lieux nous incite à glisser notre main sur ce tuffeau des murs, " Une tendresse nous vient pour cette pierre de fleuve dont est bâtie la ville ", à capter dans Les Anneaux de Buren sa matière fluide, vents et remous de marée. Au fil de sa rêverie, la passante dérive, de " la Fabrique des sourds où l'on martelait les tôles de la dure nécessité " aux vestiges du passé négrier ou à la beauté du pont Eric Tabarly, " superbement libre comme la mer ". Dans ce décor vibrant de présences, instants de ville, impressions d'hier et d'aujourd'hui se mêlent. Un poème de Cocteau, un tableau du port par William Turner, un air de musicien des rues, une gravure de Rodolphe Bresdin, un air de Bashung dans une friche industrielle. Point n'est besoin d'être nantais pour entrer dans ce rêve d'une ville.
Deux enfants, deux "petites" peu pressées de grandir, saisies sur quelques saisons de sursis, "à l'abri des fracas du monde". On avance dans le récit comme dans un tableau de Chardin ou de Sisley : tout à la fois conte d'enfance composé par touches successives impressionnistes et journal d'adulte penché sur des scènes encore imprégnées de secret et dont les résonances évoquent Delvaux. Entrent en scène le jardin, la maison et ses dépendances, l'intendant et la grand-mère, les petites filles, le chien, les mères. Une évocation intemporelle de charmes mystérieux, un regard d'enfant implacable. "Les petites se perdaient parfois entre les choses qui font du bien et celles qui font du mal. De temps en temps elles se persiflaient des insultes au visage, l'oeil luisant. Elles se frappaient sur le bout des doigts pour se souvenir qu'elles étaient réveillées, dans le monde silencieux des verrières aux nervures de cuivre, dans la cabane sous le platane, dans la maison derrière le portail vert."
Le joueur est une joueuse, une petite fille rêveuse qui grandit dans les faubourgs de petites villes du Nord, où le retour de l'école le soir par des rues mal éclairées est un trajet périlleux. A travers les peurs et les jeux, et la marque indélébile d'un quotidien aride intensément évoqués, la simplicité des faits devient une épopée du bonheur familial.
Consignant ses observations sur une vingtaine d'années entre les deux guerres, l'auteur empli d'attention et de bienveillance cultive ses ruches avec amour, tant pour le miel qu'elles lui donnent que pour la connaissance du sujet qu'il en rapporte, et le plaisir de nous le faire partager. Une bonne dose anthropomorphisme fait du récit un délicieux mélange de sagesse paysanne et d'observation érudite.