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TRANSFORMATIONS. Passage de l'apprentissage à la croissance
Bion W-R
PUF
16,23 €
Épuisé
EAN :9782130369837
Transformations (1965) poursuit et conclut l'exploration théorique entreprise dans Aux sources de l'expérience (1962) et Eléments de la psychanalyse (1963). Ce dernier volet d'une trilogie consacrée aux destins de la pensée reprend la problématique qui sous-tendait les deux livres précédents, en l'étendant à l'analyse proprement dire. Quelles sont les conditions et les modalités d'une croissance psychique, non seulement dans " l'appareil de pensée ", mais dans le cadre même de la cure analytique ? Telle est la question à laquelle tente de répondre cet ouvrage. A une théorie de la pensée succède ici une théorie de l'observation et de la pratique psychanalytiques, dans la mesure où le cadre analytique délimite un espace de transformations analogue à l'espace psychique. Bion entend donc examiner les principaux processus qui se déroulent dans la situation analytique, à commencer par l'interprétation et le transfert, mais il leur oppose d'autres transformations, comme l'acting out ou l'hallucination, qui n'empruntent pas le circuit long des processus de pensée et de langage. Qu'en est-il enfin d'une transformation du sujet qui, par-delà la simple acquisition ou réappropriation d'une connaissance de soi, engagerait une véritable évolution de la personnalité ? C'est par cette interrogation que Bion, dans les derniers chapitres, semble vouloir suspendre son projet de formalisation de la pensée, en revendiquant pour finir une position d'ignorance et d'intuition face à l'infinité inconnaissable de la réalité psychique (ce qu'il n'hésite pas à nommer la " déité " de l'analysant). Transformations marque ainsi la fin d'un cycle. Une autre voie, plus esthétique et religieuse, commence à se dessiner, qui sera appelée à prendre le pas sur les modèles scientifiques empruntés aux mathématiques et à la géométrie.
Réflexion faite réunit un ensemble de textes, écrits entre 1950 et 1962, qui précèdent et préparent l'extraordinaire travail de pensée auquel Bion se livrera, en l'espace de quelques années, dans Aux sources de l'expérience (1962), Éléments de la psychanalyse (1963) et Transformations (1965). C'est après coup, au terme de ce parcours théorique, que Bion fait paraître en 1967 un recueil de ses premiers articles, sous le titre de « pensées secondes »: réflexion faite, il revient aux sources de sa pensée, regroupe les travaux nés de son expérience clinique avec des patients schizophrènes et les fait suivre d'un commentaire destiné à souligner les transformations survenues dans sa conception de l'analyse. Voici donc rassemblées les premières pensées d'un psychanalyste qui, à la suite de Melanie Klein, entreprend d'explorer le champ de la psychose à la lumière des processus du clivage et de l'identification projective. En s'appuyant sur ces mécanismes schizoïdes, Bion est amené à comprendre la psychose comme le résultat d'une véritable « catastrophe primitive »: une explosion de la personnalité dont les « particules », projetées au-dehors, donnent naissance aux « objets bizarres » qui environnent le patient. Son apport le plus original, cependant, est de montrer que ces processus de fragmentation et d'expulsion ne portent pas seulement sur les objets internes contenus dans un espace psychique déjà constitué, mais sur le propre appareil de perception et de pensée du sujet, dans sa fonction originaire de liaison à la réalité externe et interne. Ce sont les « attaques contre la liaison » observées dans la situation analytique qui détermineront Bion à développer une théorie de l'activité de pensée dont il fera l'axe majeur de son élaboration future.
En tant que psychanalyste, je suis frappé par le fait que le traitement psychanalytique de l'individu et l'analyse du groupe telle qu'elle est décrite dans les pages qui suivent s'attaquent à des aspects différents du même phénomène. La combinaison des deux méthodes fournit au praticien quelque chose comme les rudiments d'une vision binoculaire. Les observations peuvent être divisées en deux catégories dont l'affinité est mise en évidence par des phénomènes qui, considérés par la première méthode, sont centrés sur la situation oedipienne en rapport avec le groupe de couplage, et par la seconde, apparaissent centrés sur l'image du sphinx, symbole des problèmes de la connaissance et de la méthode scientifique. W.R. BION
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein